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La comète 2I/Borisov, la plus « pure » à visiter notre voisinage

L’objet céleste vagabond est le deuxième et le plus récent visiteur interstellaire dans notre système après l’astéroïde Oumuamua.

Représentation artistique de la comète 2I/Borisov.

La comète 2I/Borisov ressemble à une roche poreuse.

Photo : ESO/M. Kormesser

Radio-Canada

La comète interstellaire 2I/Borisov est la plus « pure » à nous visiter à ce jour, affirment l’astronome Stefano Bagnulo, de l'observatoire Armagh en Irlande du Nord, et ses collègues européens dans deux études publiées dans la revue Nature Communications (en anglais).

2I/Borisov a été découverte par l'astronome amateur Gennady Borisov en août 2019. Il a été confirmé quelques semaines plus tard qu'elle venait d'au-delà du système solaire.

Dans une première étude (Nouvelle fenêtre), des astronomes estiment que Borisov ne s’est jamais approchée d’une étoile, ce qui en fait un vestige intact du nuage de gaz et de poussière dont elle est issue.

Représentation artistique de la surface de la comète interstellaire 2I/Borisov dont l'apparence ressemble à une roche poreuse.

Représentation artistique de la surface de la comète interstellaire 2I/Borisov (gros plan)

Photo : ESO/M. Kormesser

En s'approchant du Soleil, c'était la première fois de sa vie qu'elle subissait un dégazage – comme si elle perdait sa virginité, explique l'astronome français de l'Observatoire de la Côte d'Azur.

Une seule comète, native du système solaire elle, lui ressemble : Hale-Bopp, aperçue par les Terriens en 1995. On pense en effet que cet astre ne s'est approché qu'une seule fois du Soleil et n'a donc été que peu altéré par les radiations et les vents solaires, expliquent les chercheurs dans un communiqué publié dans par l’Observatoire européen austral (ESO).

Repères

  • Les comètes sont composées d'un noyau de glace, de matériaux organiques et de roches;
  • Elles s'évaporent en gaz en s'approchant de la chaleur du Soleil, créant derrière elles une longue traîne de poussière;
  • Elles proviennent habituellement de réservoirs de petits corps célestes situés aux confins du système solaire, là où il fait le plus froid : la ceinture de Kuiper, ou plus loin le nuage d'Oort;
  • 2IBorisov est unique puisqu’elle vient d'un autre système stellaire que le nôtre.

Une comète pas comme les autres

Grâce au Très Grand Télescope de l'ESO installé dans le désert d'Atacama, dans le nord du Chili, les scientifiques ont utilisé une technique appelée polarimétrie pour observer la comète.

Un point lumineux sur un fond noir montre la comète interstellaire 2I/Borisov.

Image de la comète interstellaire 2I/Borisov capturée avec le Très Grand Télescope de l'ESO.

Photo : Observatoire Européen Austral

Comme cette technique est régulièrement utilisée pour étudier les comètes et d'autres petits corps de notre système solaire, l'équipe a pu comparer le visiteur interstellaire avec nos comètes locales, explique l’ESO.

Les chercheurs ont ainsi découvert que 2I/Borisov possède des propriétés polarimétriques distinctes de celles des comètes du système solaire, à l'exception de Hale-Bopp.

La comète Hale-Bopp a suscité l'intérêt du public à la fin des années 1990 parce qu'elle était l'une des comètes les plus intactes que les astronomes aient jamais observées.

En analysant la polarisation et la couleur de 2I/Borisov pour recueillir des indices sur sa composition, l'équipe a conclu qu’elle est encore plus pure que Hale-Bopp. Cela signifie qu'elle porte les signatures intactes du nuage de gaz et de poussière à partir duquel elle s'est formée.

Le fait que les deux comètes soient remarquablement similaires laisse supposer que l'environnement dans lequel 2I/Borisov a vu le jour n'est pas si différent, en termes de composition, de l'environnement des débuts du système solaire, explique l’Italien Alberto Cellino, de l'Observatoire d'astrophysique de Turin.

Sa coma sous la loupe

Dans une deuxième recherche (Nouvelle fenêtre), les scientifiques ont étudié les grains de poussière de 2I/Borisov afin de recueillir des indices sur la naissance de la comète et les caractéristiques de son système d'origine.

L’astronome Bin Yang et ses collègues de l’ESO ont découvert que la coma de 2I/Borisov, l’enveloppe de poussière entourant le corps principal de la comète, contient des granules compacts, des grains d'environ un millimètre ou plus. Ils ont également constaté que les quantités relatives de monoxyde de carbone et d'eau dans la comète ont changé radicalement à mesure qu'elle se rapprochait du Soleil. L'équipe affirme que cela indique que la comète est composée de matériaux qui se sont formés à différents endroits de son système planétaire.

Ces informations laissent à penser que la matière du foyer planétaire de 2I/Borisov s'est mélangée depuis la proximité de son étoile jusqu'à une zone plus lointaine, peut-être en raison de l'existence de planètes géantes, dont la forte gravité remue la matière dans le système. Les astronomes pensent qu'un processus similaire s'est produit au début de la vie de notre système solaire.

D’où vient cette comète? La question restera sans doute sans doute sans réponse. On ne le saura sans doute jamais, car on ne peut plus l'observer, regrette l’astronome français Philippe Bendjoya, de l’Observatoire de la Côte d’Azur. La comète se trouve actuellement près de Saturne, et file en dehors de notre système solaire. Et elle ne reviendra pas.

Le premier objet interstellaire à avoir été observé passant près de notre système solaire est Oumuamua. Classé à l'origine comme une comète, Oumuamua a ensuite été reclassé comme un astéroïde, parce qu'il n'avait pas de coma.

L'objet interstellaire Oumuamua

Illustration artistique de l'objet interstellaire Oumuamua.

Photo : ESO/M. Kornmesser

Avec les informations de Agence France-Presse

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