•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Québec met au pas les agences de placement en santé

Elles sont accusées d'avoir favorisé la propagation du virus et l'exode du personnel du secteur public.

Une affiche où c'est écrit zone chaude, collée à une porte.

Les déplacements d'employés d'agence ont été un des moteurs de la propagation du virus lors de la première vague.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le gouvernement du Québec serre la vis aux agences de placement de personnel dans les secteurs de la santé et des services sociaux. Leur pratique sera mieux encadrée afin de prévenir la propagation du coronavirus et la concurrence du secteur privé envers le public.

Le nouvel arrêté ministériel (Nouvelle fenêtre) oblige les agences à affecter un travailleur à un seul endroit pour une durée minimale de 14 jours. De plus, la main-d'oeuvre indépendante ne pourra pas cumuler des affectations à temps partiel dans différents établissements.

Les services de location de personnel ont été montrés du doigt pour leur contribution à la propagation du virus, notamment dans des CHSLD, par les déplacements de travailleurs d'un établissement à l'autre pour combler des quarts de travail.

Par ces mesures, nous souhaitons assurer une meilleure stabilité du personnel au sein du réseau.

Une citation de :Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec

Dès la première vague de la pandémie, l'activité des agences a explosé pour combler les trous béants dans les effectifs du réseau de la santé, au fur et à mesure que les employés habituels s’absentaient.

Éviter l'exode du personnel

Le nouvel arrêté prévoit des taux horaires maximaux pour différents regroupements de titres d'emploi afin de limiter la concurrence avec les conditions de travail du secteur public.

Par ailleurs, l'arrêté ministériel interdit de privilégier les travailleurs des agences de placement au détriment des salariés du réseau pour le choix des horaires de travail.

Enfin, une agence ne pourra pas recruter un travailleur d'un organisme public de la santé et des services sociaux s'il y a été employé dans les 90 jours précédents.

Les mêmes règles s'appliquent aux employeurs privés et aux pharmacies communautaires effectuant de la vaccination.

Les agences qui ne respecteraient pas les nouvelles règles s'exposent à des amendes de 1000 $ à 6000 $ par jour et par prestataire de services.

L'objectif de cet arrêté est de rétablir une équité pour nos travailleurs des établissements publics et privés. De telles mesures s'imposent, dans le contexte actuel, pour limiter l'exode du personnel.

Une citation de :Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec

Le ministre évoque aussi la nécessité de favoriser la sécurité et le mieux-être des usagers, et notamment du côté des personnes les plus vulnérables et dans les milieux de vie.

Le resserrement des règles a été salué par Québec solidaire qui le demandait depuis plusieurs mois. « C'est dommage que ça ait pris autant de temps, mais c'est tout de même une bonne nouvelle », a déclaré le porte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois.

Pour freiner l'hémorragie de personnel en santé, prochaine étape: l'abolition définitive des agences privées.

Une citation de :Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de Québec solidaire

L'an dernier, une enquête de Radio-Canada montrait que des travailleurs précaires, souvent migrants, d'agences pas toujours en règle ont été envoyés en zone rouge (à forte présence de cas de COVID-19) sans formation adéquate, parfois sans équipement suffisant, et qu'ils ont contribué, malgré eux, à propager le virus d'un établissement à l'autre.

L'enquête rapportait aussi que des travailleurs d'agence avaient caché leurs symptômes par crainte de perdre leur revenu, n'ayant pas droit à une assurance collective.

La main-d’œuvre indépendante est majoritairement composée d’immigrants récents (45 %) et de minorités visibles (55 %) et elle comprend de nombreux demandeurs d'asile, selon une étude de la santé publique.

Le secteur agroalimentaire n'est pas concerné

Le décret ne concerne que les agences de placement œuvrant dans les domaines de la santé et des services sociaux. Le resserrement des règles ne concerne donc pas les agences dans des secteurs comme l'agroalimentaire, où de nombreuses éclosions se sont également déclarées.

Dans les abattoirs, victimes de plusieurs éclosions de COVID-19, les travailleurs d'agence sont souvent transportés en autobus de Montréal vers des sites en région. Ces voyages, parfois longs, créent une promiscuité propice à la transmission du coronavirus.

Pas moins de 71 % des agences de placement au Québec sont concentrées dans le Grand Montréal, dont 42 % sur l'île de Montréal.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !