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La suspension d’AstraZeneca pour les moins de 55 ans suscite des questions

Une seringue et un flacon du vaccin AstraZeneca contre la COVID-19.

Les pharmacies et les cabinets médicaux du Manitoba ont commencé à recevoir des doses d'AstraZeneca-Oxford il y a moins de trois semaines pour les administrer aux patients.

Photo : Getty Images / MARCO BERTORELLO

Radio-Canada

La chef du groupe de travail du Manitoba sur la campagne de vaccination contre la COVID-19, Joss Reimer, a annoncé lundi la suspension des injections d’AstraZeneca-Oxford pour les personnes de moins de 55 ans. Une décision qui laisse certains Manitobains perplexes.

Joss Reimer fait suite à la recommandation du Comité consultatif national de l'immunisation du Canada après que de récents rapports en provenance d'Europe ont révélé que des patients on eu des caillots sanguins après avoir reçu une dose de ce vaccin contre la COVID-19.

J’espère que cette pause enverra un message de confiance aux Manitobains. Les vaccins sont surveillés de très près et même un problème rare découvert dans un autre pays déclenche des précautions au Canada pour assurer notre sécurité, a déclaré le président de Doctors Manitoba, qui représente plus de 3000 médecins de la province, Cory Baillie.

Il existe peu de données sur le phénomène, mais les chiffres récents provenant de l'étranger suggèrent que le risque de caillots sanguins est d'environ 1 sur 100 000, et touche surtout les femmes de moins de 55 ans, 4 à 20 jours après l’injection.

Au Manitoba, le vaccin AstraZeneca-Oxford a commencé à être administré dans les pharmacies et les cabinets médicaux il y a moins de trois semaines. Il est réservé aux personnes appartenant à des tranches d'âge spécifiques et présentant des problèmes de santé sous-jacents.

L’incompréhension et la méfiance

Après l'annonce de lundi, Kathy Kwasnik, 44 ans, résidente du Manitoba, ne sait plus quoi penser.

Est-ce que c'est sûr ou non? Cela me laisse perplexe, dit Mme Kwasnik.

Lauralee McDougall, 51 ans, a reçu sa première dose du vaccin AstraZeneca-Oxford le 18 mars. Elle est provaccins et suit généralement les conseils des professionnels de la santé, mais sa confiance dans la vaccination est maintenant ébranlée.

Si l'on en sait si peu sur ce vaccin, pourquoi l'a-t-on choisi pour les personnes qui présentent déjà un risque aussi élevé d'effets graves de la COVID-19, dit Mme McDougall, qui se demande s'il n'aurait pas fallu attendre plus de temps avant de commencer à le déployer.

Lauralee McDougall s’interroge maintenant sur les répercussions de l'annonce de lundi sur sa deuxième dose et aimerait savoir si elle pourra recevoir une dose d'un autre vaccin à la place.

Elle fait désormais partie des nombreuses personnes au Manitoba qui demeurent dans l'incertitude.

Des ébauches de réponses

L’experte en traitement des maladies infectieuses Ekaterina Dadachova conseille de ne pas mélanger les vaccins, car ils n'ont pas été conçus pour cela. Les personnes qui ont des questions ou des inquiétudes devraient plutôt consulter leur médecin.

Mme Dadachova recommande également aux personnes qui présentent un risque accru de contracter la COVID-19 de recevoir le vaccin AstraZeneca-Oxford si elles doivent attendre plus longtemps pour en recevoir un autre.

En ce qui concerne le risque de caillots sanguins, l'experte explique que le risque est plus élevé avec d’autres produits plus courants, comme la pilule contraceptive.

Il n'est pas rare que ce genre de choses se produise avec tous les vaccins, dit pour sa part le professeur de médecine et de microbiologie à l'Université du Manitoba Anand Kumar.

La question est de savoir si ces choses se produisent de manière disproportionnée par rapport à ce que l'on verrait dans une population qui n'aurait pas été vaccinée, ajoute-t-il.

Le Dr Anand Kumar pose pour la caméra au milieu d'équipement médical.

Pour avoir une idée réelle du risque, les chercheurs devraient étudier différents groupes de personnes avec des caractéristiques communes qui ont chacune reçu un vaccin différent, afin de voir les effets secondaires potentiels, selon le Dr Kumar (archives).

Photo : La Presse canadienne / John Woods

Le Dr Kumar estime également que la pause dans l’administration de l’AstraZeneca-Oxford ne devrait être en vigueur que si elle ne ralentit pas la vaccination. Statistiquement, il y a un plus grand risque pour les Manitobains de mourir de la COVID-19 que de voir des caillots sanguins se former après avoir reçu une dose du vaccin.

Le microbiologiste médical de l’hôpital Saint-Boniface Philippe Lagacé-Wiens a rappelé l’importance de se faire vacciner dans l’émission Le 6 à 9, car il pense que le taux de mortalité d’une troisième vague sera plus élevé en raison des variants.

Avec les informations de Nicholas Frew et l’émission Le 6 à 9

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