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Le transport, un moyen de rassembler les Montréalais, selon Denis Coderre

Denis Coderre marche dehors.

« La confiance se mérite. Je peux avoir fait des erreurs, mais j'ai cette capacité de me relever, cette résilience », dit Denis Coderre, quatre ans après avoir été défait par Valérie Plante.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Au lendemain de l'annonce de sa candidature à la mairie de Montréal, Denis Coderre a fait la tournée des médias et égrené des idées de sa plateforme politique, lundi. Et il est clair que la question des transports « qui a été trop politisée », selon lui, sera un élément central de sa campagne.

Entrevue après entrevue, Denis Coderre a insisté sur le fait qu’il veut réunifier Montréal qui, dit-il, est présentement trop divisée sur la question du transport. Je n’ai jamais vu autant de dogmes. C’est toujours un contre l’autre. On fait des oppositions par rapport aux moyens de transport et je vois de moins en moins le vivre-ensemble. On n’a plus de place pour la nuance, a-t-il dit à l'émission Tout un matin (Nouvelle fenêtre).

Il affirme qu’il ne sera pas un candidat seulement pour les automobilistes ou pour les cyclistes. J’ai l'impression qu’on n’a pas un Montréal pour tous les Montréalais, j’ai l’impression qu’on se braque avec les moyens de transport, que c’est tout ou rien.

Je n’ai pas à choisir si je suis un cycliste, un automobiliste ou si je prends le transport en commun. Je fais les trois. [...] il faut arrêter de mettre les modes de transport en opposition.

Une citation de :Denis Coderre, candidat à la mairie de Montréal
Denis Coderre traverse une rue.

S’il est élu, il promet de ramener plus de fluidité et de cohabitation dans les transports. Les projets structurants comme le Réseau express métropolitain (REM) et la ligne bleue du métro, ainsi que la densification de la ville, aideront à atteindre cet objectif.

Les projets de piétonnisation et de pistes cyclables sont possibles, mais Denis Coderre ne veut pas qu’ils nuisent à la fluidité des déplacements. Les quartiers ne peuvent pas être des vases clos, dit-il, en ajoutant qu'il analyserait les données de fréquentation du REV (Réseau express vélo) avant d'y apporter des modifications.

Selon M. Coderre, l’est de Montréal a des besoins criants en transport. Il croit que le REM assurerait la pérennité de ce secteur de la ville. Il admet que le projet comme il est présenté a peut-être un certain problème d’esthétisme, mais qu’il ne faut pas le rejeter du revers de la main sans débat ni consultation.

Le REM va créer encore plus de richesse pour la population de l’est de Montréal, a-t-il dit sur les ondes de Midi info.

Par ailleurs, il soutient qu’il faut absolument achever la ligne bleue, malgré les difficultés entourant les expropriations et l'augmentation des coûts. Ça fait 40 ans qu’on attend la fin de la ligne bleue. Il faut aller jusqu’au bout. On a toujours de beaux projets, mais on n’est pas capable de les compléter.

Et le baseball?

Denis Coderre, un fervent amateur de baseball, rêve depuis longtemps d’attirer une équipe des ligues majeures. Il admet que le public n’est pas favorable à l’idée d’utiliser des fonds publics pour construire un nouveau stade, surtout en temps de pandémie. Je pense qu’il faut regarder les faits. On va l’analyser, voir s’il y a des retombées. On prendra une décision éclairée, dit-il.

Il estime néanmoins qu’il est possible de trouver l’argent nécessaire pour ce projet sans dépenser de fonds publics.

Redonner à Montréal son statut de métropole

Denis Coderre estime que lors de son mandat, son équipe et lui ont contribué à la renaissance et au rayonnement de Montréal. Il affirme que l'administration de Valérie Plante n’utilise pas à fond le statut de métropole de Montréal pour imposer son autonomie.

C’est notamment pourquoi il souhaite redevenir maire, pour s’assurer que Montréal assume totalement son rôle comme vecteur de développement économique et social au Québec.

On manque une occasion de jouer pleinement notre rôle. On peut avoir des quartiers vibrants, mais pas en isolation. [...] On peut jouer un rôle autant aux niveaux local, régional, national qu’international.

Ce n’est pas les régions contre Montréal. C'est Montréal qui travaille de pair avec les régions.

Une citation de :Denis Coderre, candidat à la mairie de Montréal

Un nouveau Coderre, vraiment?

Denis Coderre parle devant une caméra de télévision.

Denis Coderre a fait une série d'entrevues après avoir annoncé sa candidature à la mairie de Montréal à l'émission « Tout le monde en parle ».

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

S’il a à maintes reprises affirmé qu’il avait changé depuis les dernières élections, il n’a pas voulu élaborer sur d'éventuelles modifications apportées à son style de gestion, qui a été vivement critiqué dans le passé.

On peut faire des erreurs dans la vie. Je dois gagner la confiance des gens, a-t-il affirmé à l'émission En direct avec Patrice Roy, tout en ajoutant qu’on grandit de nos échecs. Depuis, il dit s’être actualisé.

Après avoir écorché plusieurs personnes au cours de sa longue carrière en politique, pourra-t-il rassembler les membres de son ancienne formation Ensemble Montréal? Réussira-t-il à centrer la campagne sur les enjeux, plutôt que son image?

Certains disaient que j’étais un one man show, que j’étais arrogant. [...] Ce n’est pas mon parti, c’est le parti du groupe, dit-il, en reconnaissant qu'il a un travail à faire pour regagner la confiance des Montréalais.

Quatre ans après avoir été battu par Valérie Plante, qu’a-t-il à offrir aux Montréalais? Il affirme que sa longue expérience en politique mais aussi celle des quatre dernières années – pendant lesquelles il a fait une introspection et une prise en main personnelle – font de lui une bonne option pour les Montréalais.

Selon Danielle Pilette, spécialiste en gestion municipale à l’UQAM, M. Coderre est un homme orgueilleux, mais il semble peut-être avoir compris qu’il devait ajuster ses façons de faire afin de reprendre le pouvoir de la métropole. Il voulait avoir de bonnes chances de gagner. Il ne voulait pas y aller pour perdre. C’est à cet égard qu’il a pris son temps. Il dit avoir fait ses devoirs, a-t-elle analysé en entrevue à l'émission Le 15-18.

Mme Pilette ajoute qu’il sera intéressant de voir qui formera l’équipe terrain de Denis Coderre lors de cette campagne électorale. Elle rappelle qu’au cours de son mandat, M. Coderre était plutôt autoritaire et ne faisait pas une grande place à l’équipe. On peut penser que M. Coderre a évolué à un certain point et tient compte des critiques qui se sont manifestées lors de son premier mandat. Si M. Coderre nous arrive avec une équipe très forte et soudée, on pourra dire qu'il fait maintenant confiance à une équipe, et ça, c'est une nouveauté, juge-t-elle.

Enfin, Denis Coderre note au passage qu’il se désole de voir que plusieurs élus ont décidé de ne pas se représenter aux prochaines élections municipales, en raison du climat toxique qui règne sur les réseaux sociaux. Il faut protéger l'institution. La politique, c’est notre façon d’assurer notre qualité de vie, dit-il.

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