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Une nouvelle chaire de recherche sur le cannabis thérapeutique à Moncton

Pipette avec de l'huile de cannabidiol et flacon.

De l'huile de cannabidiol (archives)

Photo : Getty Images / Moussa81

Radio-Canada

L’Université de Moncton accueillera bientôt la Chaire de recherche en santé sur le cannabis thérapeutique. L’initiative sera dotée d’un financement de départ d’un million de dollars.

Ces fonds proviennent de deux sources.

La Fondation de la recherche en santé du Nouveau-Brunswick va faire une contribution monétaire de 500 000 $. La Clinique la croix verte va donner 500 000 $ en argent, en produits et en temps.

Cette clinique de cannabis médical a ouvert ses portes en 2014 à Montréal. Elle accueille des patients atteints de divers problèmes de santé et qui détiennent une ordonnance leur permettant de se procurer du cannabis à des fins thérapeutiques.

Elle les aide entre autres à trouver le dosage, le type de cannabis et les formes les plus efficaces afin de gérer leurs symptômes et de réduire les effets secondaires de leurs médicaments.

La devanture de la Clinique la croix verte.

La Clinique la croix verte, à Montréal (archives)

Photo : Radio-Canada

Les chercheurs scientifiques qui collaboreront avec la nouvelle chaire auront accès à des données sur l'expérience vécue par plus de 6000 patients de la Clinique la croix verte.

La directrice et co-fondatrice de la clinique, Shantal Arroyo, explique que la banque contient entre autres des données sur les interactions du cannabis sur plus de 250 pathologies différentes et plus de 750 médicaments.

Il s’agit donc d’une véritable mine d’informations dans laquelle pourront puiser les chercheurs associés à la chaire.

Ça prend un chercheur qui va être capable de voir le grand tableau, dit-elle.

Le recteur de l’Université de Moncton, le Dr Denis Prud’homme, explique que ces données seront très utiles aux scientifiques.

Elles vont surtout servir de projet pilote pour tenter d’identifier les pistes les plus probantes, les plus intéressantes qui méritent de l’analyse et de l’investigation supplémentaires, dit-il.

Des projets de recherche plus poussés pourront ensuite être réalisés afin de distinguer l’effet placebo de l’effet thérapeutique.

On vient de loin

Shantal Arroyo près d'un présentoir dans la Clinique la croix verte.

Shantal Arroyo, directrice et co-fondatrice de la Clinique la croix verte (archives)

Photo : Radio-Canada

La Chaire de recherche en santé sur le cannabis thérapeutique a été créée à l’initiative de l’Université de Moncton. C’est cette institution qui a approché la Clinique la croix verte.

Des dizaines de personnes du monde de la recherche et des affaires ont assisté à l’annonce, lundi avant-midi sur la plateforme Zoom.

La naissance de ce projet est signe des temps qui changent, selon Shantal Arroyo.

Elle milite depuis des décennies pour faire reconnaître le potentiel thérapeutique du cannabis. Comme cette plante a longtemps été stigmatisée et illégale, son militantisme lui a souvent causé des ennuis.

Si vous googlez mon nom, je me suis fait arrêter plus d'une fois, parce qu’on y croyait vraiment et on trouvait que c’était important que les gens y aient accès, raconte-t-elle.

La Clinique la croix verte a été ouverte à Montréal en 2014. La police de la métropole ne lui a pas causé d’ennuis. Ça s’est gâté que Shantal Arroyo a ouvert une succursale à Québec en 2016.

Au cours des mois suivants, la police a fait des descentes dans les locaux et saisi des produits parce que l’établissement n’avait pas les permis nécessaires de Santé Canada pour distribuer du cannabis à des fins médicales.

Fermeture de la Clinique la croix verte sur la rue Saint-Vallier Ouest.

Fermeture de la Clinique la croix verte sur la rue Saint-Vallier Ouest de Québec, en janvier 2017 (archives)

Photo : Radio-Canada / Marie Maude Pontbriand

C’est sûr que quand on regarde ce qui est arrivé à Québec et qu’on regarde aujourd’hui en 2021 qu’on est avec l’Université (de Moncton), c’est avec une énorme fierté qu’on le fait, parce qu’on vient de loin, explique Shantal Arroyo, la voix empreinte d’émotion.

Elle a une pensée pour les patients qui ont été accusés de possession de substances illégales parce qu’ils tentaient d’améliorer leur qualité de vie à l’aide du cannabis.

Il faut comprendre qu’on a toujours travaillé avec eux, c’est avec eux qu’on a appris le plus. Et c’est eux aussi qui ont payé cher ce prix-là.

Shantal Arroyo ajoute qu’elle est particulièrement émue de voir des institutions et les scientifiques s’intéresser à cette plante diabolisée pendant des décennies.

On ne vient pas de la découvrir, elle ne vient pas de mars, ça fait des milliers d’années qu’elle pousse sur notre terre. C’est important qu’on l’incorpore dans notre pharmacopée.

Une citation de :Shantal Arroyo, directrice et co-fondatrice de la Clinique la croix verte
Denis Prud’homme assit devant des documents.

Denis Prud’homme, recteur et vice-chancelier de l'Université de Moncton, le 26 septembre 2020.

Photo : Radio-Canada

Le recteur de l’Université de Moncton, le Dr Denis Prud’homme, renchérit là-dessus.

II y a de plus en plus de données probantes et de données scientifiques que les sous-produits du cannabis peuvent avoir des effets positifs en soi ou combinés à certaines médications pour traiter certains problèmes, que ce soit l’anxiété ou les douleurs chroniques, dit-il.

Le recteur – un médecin qui a entre autres fait de la recherche médicale pendant sa carrière – note tout de même l’on a besoin davantage de données pour être en mesure d’utiliser de manière sécuritaire et pour avoir un impact significatif.

Selon lui, la nouvelle chaire de recherche va aider à combler ce besoin.

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