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L’Alberta dévoile une nouvelle ébauche de son programme scolaire

Une salle de classe vide.

Dans le cadre de ce programme, l'histoire des colonies noires et les contributions des premiers pionniers noirs seront introduites en 4e année.

Photo : Getty Images/iStock/DONGSEON KIM

Radio-Canada

Le gouvernement de l'Alberta a rendu publique une version préliminaire de son nouveau programme scolaire pour les élèves de la maternelle à la 6e année.

Les francophones et les autochtones retrouvent un peu plus de place dans le programme contrairement à une précédente version rendue publique par Radio-Canada et CBC en octobre dernier.

Le nouveau programme fera état des premiers francophones à s'établir dans la province ainsi que de la place des communautés francophones dans l'Alberta d'aujourd'hui.

Avec une importante portion accordée à la mémorisation, l'accent demeure cependant sur l'acquisition de connaissances plutôt que sur celle des compétences.

Les élèves de cinq et six ans devront notamment se familiariser avec la migration et l'établissement des civilisations anciennes.

Dès la 2e année, les élèves se pencheront, entre autres, sur les origines de la démocratie, la Route de la soie et l’influence de l'islam, du judaïsme et du christianisme dans le monde. Ils apprendront encore l’histoire de la conquête normande de l'Angleterre, de l'empire mongol et l'impact de la peste.

Ceux de 3e année, généralement âgés de sept à huit ans, devront, pour leur part, se familiariser avec l'histoire et la gouvernance de la Nouvelle-France et l'arrivée des explorateurs européens en Amérique du Nord.

L'étude des traités numérotés avec les autochtones commencera en 4e année et celles des conséquences des pensionnats autochtones à partir de la 5e année.

La ministre de l'Éducation n'a pas voulu préciser pourquoi l'histoire et les conséquences des pensionnats autochtones ne seront pas enseignées à tous les niveaux, comme l'a recommandé la Commission de vérité et réconciliation du Canada.

Socle commun de connaissances

Contrairement au programme proposé précédemment, qui était conçu pour enseigner les concepts aux élèves, le gouvernement mise sur une philosophie selon laquelle il existe un socle commun de connaissances que chaque enfant devrait connaître et qui devrait être enseigné dans un ordre chronologique.

On leur apprendra comment notre histoire, en tant que lieu de liberté et de refuge pour des millions de personnes dans le monde, a conduit le Canada à devenir l'un des pays les plus diversifiés et pacifiquement pluralistes au monde, a déclaré la ministre provinciale de l'Éducation, Adriana LaGrange, lors d'une conférence de presse lundi.

Les élèves développeront non seulement un profond sentiment de gratitude envers les générations passées et une fierté de qui nous sommes aujourd'hui.

Une citation de :Adriana Lagrange, ministre de l’Éducation de l’Alberta

Cette approche a cependant été plusieurs fois dénoncée par des enseignants et des chercheurs en éducation qui la qualifie de dépassée et de sans fondement dans la recherche moderne.

Des réactions mitigées

Carla Peck, professeure d'éducation à l'Université de l'Alberta, croit que le grand volume de connaissances à mémoriser mettra beaucoup de pression sur les enseignants.

Au niveau élémentaire, nous avons seulement trente minutes par jour pour enseigner les sciences humaines. Et le contenu que nous avons aujourd'hui va très rapidement dépasser [ce temps].

Une citation de :Carla Peck, professeure d'éducation, Université de l'Alberta

L'Association des enseignants de l'Alberta (ATA), pour sa part, dit vouloir lancer sa propre évaluation indépendante afin d'obtenir des retours sur le nouveau programme scolaire.

Son président Jason Schilling croit que l'association et ses membres sont les mieux placés pour donner des conseils sur la meilleure méthode à suivre pour mettre en place un tel programme.

L'organisme dit notamment vouloir mettre en place un questionnaire en ligne et organiser des tables rondes, avant de rendre un rapport final au gouvernement.

Le nouveau programme sera mis à l'essai sur une base volontaire à partir de la prochaine rentrée scolaire. Il sera mis en application dans toutes les classes, dès septembre 2022.

Les Albertains sont invités à donner leur opinion sur le nouveau programme scolaire au cours des prochains mois.

Avec les informations de François Joly et de Janet French

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