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Cri du cœur d’une maman dont le poupon a attrapé la COVID-19

Un bébé dans son lit d'hôpital.

Le petit Louis, trois mois, a dû être soigné à l'hôpital pour traiter ses symptômes de la COVID-19.

Photo :  courtoisie

Radio-Canada

Alors que la COVID-19 se propage à vitesse grand V ces derniers jours avec l’arrivée des variants, une mère d’Ottawa a décidé de lancer un cri du cœur pour rappeler que personne n’est à l’abri du virus et qu’il est important de continuer à demeurer vigilant.

Pour Alexandra Bernier, maman d’un petit Louis âgé de trois mois, ces huit derniers jours se sont apparentés à un véritable cauchemar.

Alors que la mère est restée pratiquement cloisonnée à la maison pendant toute sa grossesse et depuis l’arrivée de son fils pour éviter de contracter la maladie, le virus de la COVID-19 est malgré tout arrivé à s'infiltrer dans sa maisonnée.

Après que son conjoint eut ressenti de légers symptômes, la petite famille a décidé d’aller se faire tester par précaution, tout en se disant que le risque était faible que ce soit la COVID-19.

Il y a une semaine, mon conjoint a ressenti des symptômes tout bêtes que je remettais en question : "Ben non, ça s'peut pas, on n’a pas été en contact avec personne", avoue la maman incrédule. Finalement, il a été testé positif.

Quelques jours plus tard, c’est Alexandra qui a commencé à ressentir des symptômes. Pour tenter de ne pas infecter leur poupon en attendant son résultat de test, le couple a décidé de porter le masque à la maison et de limiter les contacts avec le petit Louis, ce qui n’a pas été chose facile.

C’était une période très difficile, car on ne voulait pas le contaminer. On ne savait pas encore qu'il avait la COVID, on portait un masque, on essayait de pas trop le prendre dans nos bras, explique la mère. Moi, je l’allaite, donc je tirais mon lait pour ne pas être en contact direct avec lui. C'était extrêmement difficile et frustrant pour lui, car on le voyait qu’il était très angoissé de nous voir avec le masque.

Quelques jours plus tard, le poupon a lui aussi été déclaré positif, toutefois ses symptômes restaient légers.

Départ à l’hôpital

C’est dans la nuit de vendredi à samedi que tout s'est compliqué pour le petit Louis, qui n’arrivait plus à respirer.

Je le sentais obstrué et pas capable de bien reprendre son air, indique la maman du poupon, qui a dû se résigner à aller au CHEO à contrecœur, car son conjoint et elle étaient encore atteints de la COVID-19.

Une femme avec un masque porte son bébé dans les bras, contre son épaule.

Alexandra Bernier et son fils, Louis

Photo :  courtoisie

L’enfant a rapidement été pris en charge par l'équipe médicale qui a infiltré des tubes nasaux pour sortir les sécrétions de l'enfant.

Finalement, le petit Louis a pu retrouver sa respiration et la petite famille est retournée à la maison non sans avoir craint le pire.

Quand je suis arrivée là-bas, c'était un cauchemar, je pleurais tellement, confie la mère émue aux larmes.

On se sent tellement impuissant, car ce n'est clairement pas lui qui a attrapé le virus. C'est nous qui lui avons transmis, donc ça fait encore plus mal.

Une citation de :Alexandra Bernier, maman de Louis

Pas encore totalement remis de la maladie, la famille continue de surveiller les symptômes de Louis, le poupon n'étant pas encore tout à fait capable de bien respirer.

C’est difficile, car il a des sécrétions et il faut l'hydrater le plus possible, raconte la maman. Il fait dodo dans mes bras, ça l’aide à mieux respirer.

Appel à la vigilance

Pour Alexandra Bernier, cette mésaventure doit servir d’exemple, car personne n’est à l’abri de la COVID-19 et la maladie peut être destructive même pour les plus jeunes.

En vrai, je n’y croyais pas parce que la santé publique, tout le monde, répétait que les enfants sont moins portés à attraper le virus et à développer des symptômes. Eh bien non, ils peuvent attraper le virus et développer des symptômes, dit la mère, qui indique que son enfant était un bébé en très bonne santé.

Il y a eu des cas de COVID-19 chez les plus petits avec des complications, donc même s’ils tombent moins souvent malades, ils ne sont pas épargnés à 100 %, explique le virologue et chercheur à l'Hôpital Montfort, Dr Hugues Loemba.

Le Dr Hugues Loemba dans son bureau.

Le virologue Hugues Loemba de l'Hôpital Montfort, à Ottawa

Photo : Photo fournie par le Dr Hugues Loemba

Le Dr Loemba rappelle aussi que l’arrivée des variants rend la maladie plus infectieuse et tend à atteindre les personnes plus jeunes.

Avec les variants, on voit qu’il y a un shift démographique sur les tendances d'âges qui sont touchées et les personnes qui se retrouvent à l'hôpital, dit-il. Donc, il faut faire attention, on n’est pas encore sorti du bois.

Alexandra Bernier abonde dans le même sens et souhaite appeler tout le monde à la vigilance.

C'est le cri du cœur d'une maman qui trouve que c'est beaucoup trop tôt pour le moment de parler de retirer les restrictions sanitaires.

Une citation de :Alexandra Bernier, maman de Louis

La raison pourquoi je vous parle aujourd’hui, c’est pour ces gens-là, ces gens qui n’y croient pas encore ou qui voient arriver le printemps et veulent aller dans les terrasses, les restaurants, les parcs et se réunir. C'est trop tôt, c’est vraiment trop tôt, réitère la maman, qui espère que son message arrivera aux oreilles des plus récalcitrants.

Avec les informations de Christian Milette

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