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Meurtre de Jaël Cantin : « Je vais la faire souffrir », aurait dit son conjoint

« Je vais la tuer. Je vais la faire souffrir, elle m’a tellement fait souffrir. » C’est ce que Benoit Cardinal aurait confié à une adolescente en évoquant ses plans pour tuer Jaël Cantin, la mère de ses six enfants, en janvier 2020 à Mascouche. La jeune femme a entamé son témoignage lundi au procès pour meurtre prémédité de l’homme de 34 ans au palais de justice de Joliette.

L’adolescente avait 16 ans lorsqu’elle a commencé à développer de quoi pour son éducateur de centre jeunesse, Benoit Cardinal.

Il était là pour moi. Au début, c’était correct, c’était comme un père pour moi, a-t-elle raconté aux enquêteurs de la police de Laval, en février 2020. Sa déclaration a été présentée au jury du procès, lundi. La jeune femme, à présent âgée de 18 ans, a pleuré abondamment pendant le visionnement de l’interrogatoire.

Benoit Cardinal lui aurait confié vouloir tuer sa femme.

Il disait tout le temps qu’il n’était pas bien avec sa femme, a-t-elle déclaré aux policiers. Il disait : "Je suis vraiment tannée d’elle, elle ne fait rien dans la maison".

Début janvier 2020, l’adolescente a fugué du centre jeunesse. Benoit Cardinal l’aurait invitée chez lui, fait dormir dans son véhicule, et lui aurait payé un motel pendant trois ou quatre jours.

Le 15 janvier, Benoit Cardinal lui aurait confié avoir trois plans pour tuer Jaël Cantin.

Le premier scénario était de maquiller le meurtre en suicide. Le second, de pousser sa conjointe dans les escaliers. Le troisième était de faire croire qu’il y a eu une invasion de domicile.

Ils ne me pogneront pas, aurait-il dit.

Le lendemain, le corps sans vie de Jaël Cantin a été retrouvé dans une mare de sang, dans sa chambre à coucher. Benoit Cardinal a affirmé qu’ils avaient été attaqués par un intrus.

Le meurtre, à travers les yeux d’une enfant

Plus tôt, une enfant a raconté avoir vu Jaël Cantin se faire massacrer la nuit du meurtre.

Au secours, à l’aide! criait la femme de 33 ans durant la nuit du 16 janvier 2020, selon la jeune fille appelée à la barre des témoins.

Le drame s’est joué dans un immeuble multifonction qui abritait deux résidences et un commerce. L’enfant a entendu plein de gros boums qui ressemblaient à des gros pas d’éléphant.

Dans sa déclaration aux policiers l’an dernier, elle a raconté avoir vu dans l’obscurité un monsieur dans la trentaine, aux longs cheveux attachés, l’air très méchant.

Il massacrait Jaël, a dit l’enfant. Elle était en petit bonhomme et se faisait massacrer. [...] Je l’ai vue se faire étrangler, il la torturait.

Seuls l’accusé et la victime sur les lieux, dit l’enfant

La vidéo de son interrogatoire a été présentée au jury, lundi matin. À l’époque, l’enfant avait déclaré avoir vu trois personnes, soit Benoit Cardinal, Jaël Cantin et le meurtrier.

Lundi matin, questionnée par le ministère public, l’enfant a affirmé avoir été victime d’hallucinations et a déclaré qu’il n’y avait pas de troisième personne. Seuls l’accusé et la victime étaient sur les lieux, a-t-elle rectifié.

Benoit Cardinal, 34 ans, ses longs cheveux retenus en queue de cheval, a écouté attentivement le récit de la jeune fille, qui succède aux témoignages de deux autres enfants ayant aussi affirmé avoir entendu des bruits de coups et Jaël Cantin crier à l’aide.

Des problèmes financiers

Benoit Cardinal est accusé d’avoir prémédité le meurtre de sa conjointe et mère de ses six enfants. Le couple avait des problèmes financiers et de plus en plus de conflits, selon la poursuite.

Six jours avant le meurtre, Benoit Cardinal a démissionné de son emploi d’éducateur en centre jeunesse.

Lors de leur intervention à la résidence familiale, les policiers croyaient d’abord qu’il s’agissait d’une introduction par effraction. Toutefois, selon la poursuite, des indices auraient rapidement pointé en direction de Benoit Cardinal comme étant l’auteur du meurtre. Le sang sur ses vêtements démontrerait qu’il était à proximité quand la victime a été frappée. Les blessures sur ses mains et de l’ADN militeraient également en faveur de sa culpabilité.

L’accusé est représenté par Louis-Alexandre Martin et Ghassan Toubal. Caroline Buist, Valérie Michaud et Geneviève Aumont mènent le dossier pour le ministère public.

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