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Des provinces suspendent l'emploi du vaccin d'AstraZeneca pour les moins de 55 ans

Les autorités de santé publique prennent cette mesure préventive le temps d'obtenir plus d'information sur les risques liés à ce vaccin.

Une fiole contenant le vaccin d'AstraZeneca.

Le reportage de Laurence Martin

Photo : Associated Press / Christophe Ena

Radio-Canada

Le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) recommande d'arrêter d'inoculer le vaccin d'AstraZeneca aux personnes de moins de 55 ans, pour des raisons de sécurité.

À la suite de la publication de cet avis du CCNI dimanche soir, le gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard a été le premier à réagir lundi matin en annonçant la suspension de l'administration du vaccin aux plus jeunes. Se sont ajoutées au fil de la journée toutes les autres provinces, à l'exception de la Nouvelle-Écosse, qui n'a encore rien annoncé en ce sens.

La mise en garde des autorités sanitaires canadiennes quant à la sécurité de ce vaccin survient alors que de nombreux pays, principalement en Europe, ont suspendu – puis réinstauré pour la plupart – son utilisation en raison d’effets secondaires indésirables possibles, dont la formation de caillots sanguins associés à une diminution des plaquettes sanguines.

Dans un communiqué publié lundi, Santé Canada explique que bien qu'aucun cas d'effets secondaires graves n'ait été déclaré au Canada à la suite de l'administration de ce vaccin, le fait que de nouveaux cas aient récemment été détectés en Europe incite à la prudence.

L'agence fédérale compte donc revoir l'évaluation complète des risques et des bénéfices du vaccin à la lumière des données scientifiques les plus récentes le concernant, venant d'études internationales, mais également du fabricant.

À la lumière de ces renseignements qui évoluent, Santé Canada soumettra à d'autres conditions les homologations des vaccins d'AstraZeneca et de Verity Pharmaceuticals-Serum Institute of India, écrit l'agence fédérale. Il faudra entre autres que les fabricants effectuent une évaluation approfondie des avantages et des risques du vaccin selon l'âge et le sexe dans le contexte canadien.

Selon les autorités sanitaires fédérales, qui citent l'institut médical allemand Paul-Ehrlich, on estime pour le moment que 1 personne vaccinée sur 100 000 a subi les effets secondaires du vaccin. Ce chiffre était auparavant estimé à 1 personne sur 1 million.

Les autorités fédérales indiquent par ailleurs que ce sont surtout des femmes de moins de 55 ans qui ont été victimes du « syndrome », quatre à 16 jours après avoir reçu une injection.

Qu’en est-il des personnes âgées?

Pour le moment, les données colligées n’ont pas démontré que les personnes de plus de 55 ans étaient touchées par les effets secondaires du vaccin.

C’est ce qu’a d’ailleurs mentionné en entrevue le directeur national de santé publique du Québec, le Dr Horacio Arruda, qui souligne que les conséquences de la COVID-19 sont beaucoup plus importantes chez les aînés que les dangers de caillots, et donc qu'ils devraient prioriser la vaccination, quel que soit le vaccin.

Le Dr Arruda a précisé qu’il restait peu de doses d’AstraZeneca dans la province, soit « à peine 1000 », mais que « des nouveaux stocks devraient rentrer au courant de la semaine prochaine ».

Ce vaccin sera donc offert à la clientèle plus âgée, mais elle pourra le refuser, quoique sous réserve de se faire vacciner plus tard.

On ne va pas obliger les gens à avoir de l’AstraZeneca si jamais ils ne veulent pas. [...] Mais probablement qu'ils vont devoir reprendre un rendez-vous.

Une citation de :Le directeur national de santé publique du Québec, le Dr Horacio Arruda

Le Dr Nicholas Brousseau, du Comité sur l’immunisation du Québec, pense lui aussi que le vaccin devrait normalement être donné sans problème aux aînés. Il n’y a pas de signal de caillots chez les plus âgés. Je leur recommande fortement de répondre à l’appel, a-t-il lancé au micro de l'émission Le 15-18.

Au Québec, les personnes âgées de plus de 80 ans et celles vivant dans des milieux à haut risque comme les CHSLD n’ont pas été vaccinées avec des doses d’AstraZeneca, puisque son efficacité semble moindre que celle des autres vaccins homologués par Santé Canada.

En fait, plus de 110 000 doses du vaccin d'AstraZeneca ont été administrées au Québec pour le moment, dont 6000 à des personnes de moins de 55 ans.

Dans l'ensemble du Canada, ce sont 300 000 doses de la version Covishield du vaccin d’AstraZeneca qui avaient été inoculées en date du 25 mars.

La vaccination pourrait-elle se prolonger?

Le Dr Brousseau pense que la suspension de l'inoculation du vaccin d'AstraZeneca aura peu d’impact au Québec, mais le Dr Arruda ne semble pas du même avis.

Si on nous enlève 300 000 doses, c’est 300 000 personnes de moins qu’on peut vacciner avec ce vaccin-là. Ça retarde un peu certaines clientèles qu’on voulait vacciner. C’est une autre tuile dans le programme, a-t-il dit.

Nicholas Brousseau fait cependant remarquer que ce sont essentiellement des vaccins produits par Pfizer-BioNTech et Moderna qui étaient attendus dans les prochains mois dans la province.

Un vaccin qui ne fait pas consensus

Le CCNI avait d'abord recommandé cet hiver de limiter l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca aux personnes de moins de 65 ans. Le 16 mars, elle a finalement autorisé son emploi auprès des personnes de 65 ans et plus.

L’agence fédérale a cependant modifié mercredi dernier ses directives destinées aux professionnels de la santé qui administrent le vaccin, et les exhorte à présent à informer les personnes qui le reçoivent de surveiller certains symptômes, dont des signes d'essoufflement, de la douleur à la poitrine ou des maux de tête graves.

Au moins 500 000 doses du vaccin Covishield d'AstraZeneca produites par le Serum Institute of India ont été livrées au Canada depuis le début de l'année.

Un million et demi de doses supplémentaires produites aux États-Unis sont également attendues au pays cette semaine. L'utilisation du produit n'a pas encore été approuvée sur le marché américain.

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