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Les descendants des membres du seul bataillon noir auront des excuses d'Ottawa

Des soldats au garde-à-vous, en uniforme, mais sans arme.

Des membres du 2e bataillon de construction à Truro, en Nouvelle-Écosse, avant leur départ vers l'Angleterre et la France.

Photo : Gracieuseté/George Borden

Radio-Canada

Le gouvernement fédéral présentera des excuses pour la ségrégation des membres du 2e bataillon de construction, a annoncé dimanche le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan.

Des centaines d'hommes noirs au Canada se sont vu refuser l'occasion de se joindre à l'armée canadienne lorsqu'ils se sont portés volontaires pour combattre à l'étranger en 1914.

Le 2e bataillon de construction, aussi appelé Bataillon noir, a été formé en 1916 pour permettre aux personnes noires – à qui on ne faisait pas confiance avec des armes – de servir en effectuant des travaux routiers, ferroviaires et forestiers. Près de la moitié de ses membres provenaient de la Nouvelle-Écosse.

Lors d'une cérémonie virtuelle, dimanche, le ministre Harjit Sajjan a déclaré que des excuses sont importantes pour permettre aux Canadiens de reconnaître les erreurs du passé. Il a ajouté qu’après plus de 100 ans, le Canada souffre encore des effets insidieux du racisme.

C'était un moment très émouvant pour Sylvia Parris Delmore. Elle s’est dite très heureuse de savoir que les injustices que son père a vécues lorsqu'il s'est enrôlé vont être enfin reconnues.

Le ministre Harjit Sajjan espère aussi que les communautés noires donneront des suggestions au gouvernement quant à la manière dont les excuses doivent être présentées.

À ce sujet, Sylvia Parris Delmore aimerait que le gouvernement fédéral fasse ses devoirs pour que les suggestions viennent du pays qui a commis la ségrégation plutôt que des descendants des victimes.

Les autorités fédérales n’ont pas précisé quand et où les excuses seront présentées.

Pour ne pas oublier les erreurs du passé

Durant la cérémonie virtuelle, le ministre Sajjan a rendu hommage au capitaine George Borden, qui a passé des années à faire connaître l’histoire des Noirs dans les Forces armées canadiennes et qui est mort l’an dernier. Son legs, a expliqué le ministre, sera maintenu pour que cette histoire ne soit pas oubliée.

George Borden a aussi écrit au sujet de l’histoire particulière du 2e bataillon de construction. Son poème intitulé The Black Soldier's Lament est souvent lu à l’occasion des cérémonies du jour du Souvenir à Preston, en Nouvelle-Écosse.

M. Borden a réclamé des excuses pour la ségrégation des membres de ce bataillon pendant des années. Il a notamment publié une lettre ouverte à ce sujet en 2018.

Douglas Ruck.

Douglas Ruck a rendu hommage à son père, le sénateur Calvin Ruck, auteur d'un ouvrage sur l'histoire du 2e bataillon de construction.

Photo : CBC/Vernon Ramesar

Douglas Ruck, coprésident de la société historique du bataillon noir, a dit qu’il était à la fois heureux et triste de participer à la cérémonie virtuelle. Il était triste parce que les membres du bataillon ne pouvaient être présents, ni le capitaine Borden ni son propre père, le sénateur Calvin Ruck, qui sont tous décédés. M. Ruck a expliqué qu’il faut être fier de ce qu’ils ont accompli et perpétuer leur mémoire.

Calvin Ruck est reconnu comme ayant donné de l’importance à l’histoire du 2e bataillon de construction grâce à son livre intitulé The Black Battalion 1916-1920: Canada's Best Kept Military Secret.

Le titre de cet ouvrage publié en 1987 met l’accent sur le fait que l’histoire du bataillon est méconnue. Ce titre est malheureusement toujours pertinent aujourd’hui, a indiqué Douglas Ruck. Mais il a ajouté avec fierté que sans ce livre, l’histoire du bataillon aurait été oubliée.

C'est aux descendants des membres du bataillon de reprendre le flambeau et de le porter avec fierté, a expliqué un sergent de la GRC, Craig Smith, qui est le neveu de George Borden et le descendant d’un membre du bataillon, George Whalen.

Craig Smith.

Craig Smith, sergent dans la GRC et descendant d’un membre du 2e bataillon de construction, estime qu’il est très important de perpétuer l’histoire du bataillon.

Photo : CBC/Robert Guertin

Quant aux excuses à venir, Craig Smith a exprimé deux souhaits : il faut faire en sorte que la ségrégation ne se reproduise jamais et que l’histoire du bataillon soit mieux connue, a-t-il expliqué.

Le premier ministre Iain Rankin, qui a aussi pris la parole durant la cérémonie, a dit que des excuses sont souhaitables depuis très longtemps.

Avec les renseignements de Brooklyn Currie, de CBC, et de Rebecca Martel, de Radio-Canada

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