•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le retour des élèves du secondaire à temps plein inquiète parents et experts

Une boîte de masques en avant-plan et une classe d'élèves portant un masque en arrière-plan.

Au Québec, tous les élèves des écoles secondaires reprennent les cours en présentiel à temps plein.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Tous les élèves du secondaire reprennent les cours en présentiel à temps plein en zone rouge ce matin, malgré le nombre de nouveaux cas quotidiens de COVID-19 qui semble vouloir repartir à la hausse en raison des variants plus contagieux qui circulent... notamment dans les écoles.

Depuis plusieurs jours, des médecins et experts en santé publique préviennent les Québécois qu’une troisième vague de COVID-19 est bel et bien amorcée dans la province.

Dimanche, la santé publique a annoncé un nombre de nouveaux cas quotidiens dépassant la barre des 900 pour une quatrième journée consécutive.

Dans ce contexte, plusieurs appels au renforcement des mesures sanitaires se sont fait entendre, notamment en ce qui concerne le retour des élèves sur les bancs d’école.

Le gouvernement a pour l’instant opposé une fin de non-recevoir à cette demande : On ne change pas les mesures qui ont été annoncées, a déclaré François Legault vendredi.

Selon lui, la décision a été prise dans un souci d’équilibre, à la fois pour favoriser la réussite scolaire et limiter les effets négatifs de l’isolement chez les jeunes. Jusqu'à maintenant, les élèves de 3e, 4e et 5e secondaire en zone rouge assistaient à leurs cours en personne une journée sur deux seulement.

Or, cette décision suscite des réactions partagées. Dans un sens, je suis content et, d'un autre côté, je suis inquiet, a ainsi fait savoir dimanche Michel Levert, président du comité de parents du Centre de services de la Seigneurie-des-Mille-Îles, sur la Rive-Nord.

Je sais que les élèves ont besoin quand même d'être à l'école pour la réussite scolaire bien entendu, mais avec les variants, j'aurais attendu encore.

Une citation de :Michel Levert, président du comité de parents du Centre de services de la Seigneurie-des-Mille-Îles

J'ai fait des petits sondages à gauche et à droite et 80 % des parents sont en désaccord avec la décision du gouvernement, a-t-il ajouté.

COVID-19                     : ce qu'il faut savoir

Il n'y avait pas d’urgence

Les inquiétudes de Michel Levert trouvent écho auprès de plusieurs experts, dont CécileTremblay, microbiologiste et infectiologue au CHUM.

Pour elle, il n’y avait pas d’urgence à ramener les ados en présentiel à temps plein, surtout qu’ils vivaient relativement bien dans le modèle hybride.

Il y a une inquiétude à avoir, pas pour la santé individuelle d’un jeune, mais pour la propagation massive de ces variants et de l’épidémie si on augmente les lieux où l’on peut se rassembler, a-t-elle dit en entrevue à RDI dimanche.

Elle se réfère aux modélisations présentées par Santé Canada et par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) la semaine dernière pour rappeler leurs mises en garde : les restrictions actuelles risquent d’être insuffisantes pour endiguer la troisième vague.

Le message qu'on devrait envoyer, ce n'est pas qu'on déconfine tranquillement, a-t-elle soutenu.

On doit toujours baser nos décisions sur des données probantes. Là, les données probantes nous indiquent qu'on entre dans une troisième vague. Alors, il faut être conséquent avec ce qu’on observe. […] À un moment donné, il faut écouter la science.

Une citation de :Cécile Tremblay, microbiologiste et infectiologue au CHUM

Le retour en classe suscite des inquiétudes au Québec

Des mesures yoyo encore plus nuisibles?

Roxane Borgès Da Silva, professeure à École de santé publique de l'Université de Montréal, est du même avis.

En rouvrant les écoles secondaires […] on va à l'inverse de la minimisation des contacts, a-t-elle affirmé, précisant que le modèle de transmission actuel du virus montre qu’il se propage d’abord dans les écoles, puis dans les domiciles, pour se rendre enfin dans les milieux de travail.

Dans ce contexte, les écoles sont un [problème], a-t-elle soutenu. C’est le seul milieu dans lequel on ne peut pas respecter les gestes barrières à la lettre, parce qu'on ne peut pas placer les bureaux à deux mètres des uns des autres dans les salles de classe, elles sont trop petites.

En ce moment, la santé publique demande aux directions d’écoles de confiner une classe entière dès qu’un cas de COVID-19 est dépisté. Les familles des élèves concernés doivent également se mettre en isolement.

Mme Borgès Da Silva craint les conséquences de ces mesures yoyo, qui vont possiblement plus nuire à la réussite scolaire et à la santé mentale des jeunes que les mesures de mitigation qu'on avait jusqu'à présent avec l'alternance.

Elle dit également s’inquiéter encore plus pour les familles défavorisées, pour qui s’isoler, et donc s’absenter du travail, pourrait mener à des pertes importantes de revenus.

La microbiologiste et infectiologue Caroline Quach estime pour sa part que le fait de ramener les élèves à temps plein ne devrait pas augmenter massivement les risques d’infection. Je ne vois pas de grande différence de risque parce que le risque était là aux deux jours déjà, a-t-elle soutenu, rappelant que les mêmes élèves se fréquenteront, mais seulement plus souvent.

Quand il va y avoir des cas, par contre, il va y avoir plus de monde probablement à retirer, a-t-elle également indiqué.

Ce type de confinement à plus grande échelle touchera également le personnel enseignant, au sein duquel on déplore déjà une pénurie. Nicolas Prévost, président de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement, estime toutefois qu’il s’agit d’un risque calculé.

On juge – et la santé publique a jugé aussi – qu’il y avait plus d'avantages au retour de nos élèves.

Avec les informations de Maryanne Dupuis et de Marie-Josée Paquette-Comeau

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !