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Sarahmée : après La fin des faibles, bientôt un 3e album

La chanteuse sur le plateau.

Selon Sarahmée, le rap est en pleine effervescence et se porte très bien au Québec.

Photo : Pamplemousse média

Radio-Canada

Après avoir passé les derniers mois sur les ondes de Télé-Québec comme juge de la compétition de rap La fin des faibles, Sarahmée s’apprête à lever le voile sur son troisième album, un opus marqué par la deuxième vague de dénonciations d’inconduites sexuelles et le mouvement Black Lives Matter (La vie des Noirs compte).

Mercredi dernier se tenait la finale de La fin des faibles, qui a couronné le jeune rappeur J.A.M., 22 ans, grand gagnant de la compétition, après une première saison convaincante menée par l'animateur Pierre-Yves Lord et les trois juges de l’émission, Souldia, Koriass et Sarahmée.

Cette dernière était de passage au micro de René Homier-Roy pour parler de son expérience télévisuelle, de la montée en puissance du rap au Québec ainsi que des hauts et des bas de sa carrière de rappeuse.

Après la surprise de voir son nom associé à l’adaptation télévisuelle québécoise de l'émission End of the Weak, Sarahmée a dû composer avec la tâche délicate de porter un jugement public sur des gens qu’elle connaissait déjà dans la vie pour les avoir croisés dans le milieu du rap.

C’est pas évident. Je me suis retrouvée dans le siège de juge et je ne savais pas à quoi m’attendre. J’ai trouvé la tâche plus difficile qu’elle en a l’air. Il faut être attentif à tout ce qui se passe et je ne peux pas juger le passé de l’artiste; je dois juger ce que j’ai sous les yeux, pas ses antécédents comme rappeur ou rappeuse, décrit-elle.

Mais ça s’est bien passé. C’est des gens pour qui j’ai beaucoup de respect, et je pense que c’est réciproque, donc ça n’a pas été trop gênant pour moi de dire ce que j’en ai pensé.

Le Québec aime de plus en plus son rap

Sarahmée se réjouit par ailleurs de la montée en popularité du rap au Québec, comme en témoigne l’intérêt de la population pour des émissions grand public comme La fin des faibles.

Je dirais que [le rap] est de plus en plus structuré, qu’il est en pleine effervescence et qu’il se porte très bien, avance-t-elle. On a beaucoup de retard par rapport aux États-Unis et à la France, mais on rattrape ce retard-là.

Observer son frère Karim Ouellet

Sarahmée l’avoue d’emblée : elle n’a pas affiché sa fibre musicale aussi hâtivement que son grand frère, le chanteur Karim Ouellet. Pour ma part, ce n’était pas parti pour ça. Moi, j’étais une sportive à l’époque, quand j’étais plus jeune. J’étais une grande fan de musique, j’en écoutais beaucoup, mais je n’en jouais pas comme Karim, qui a commencé très tôt la guitare, à l’âge de 9 ans, explique-t-elle.

Mais, élevée dans une famille d’artistes – sa mère est également musicienne –, la musique a fini par s’imposer dans sa vie, de façon un peu inconsciente : Sans le savoir, je pense que j’ai absorbé beaucoup de choses. Et j’ai toujours senti que j’avais des choses à dire, ou du moins que je devais dire certaines choses. Je pense que je coche plusieurs cases de par ma vie et mon vécu.

Encaisser les refus et prendre du recul

Bien qu’elle mène maintenant une carrière enviable, la rappeuse affirme que le chemin n’a pas été de tout repos pour elle, surtout à l’époque où elle était appelée à se produire en France et en Afrique.

À cette époque-là, j’avais des gérants à Paris, où j'allais souvent pour faire de la promotion, tourner des clips et rencontrer d’autres artistes, se rappelle-t-elle.

En commençant à faire un album, je me suis retrouvée à me faire dire quoi faire, mais dans le mauvais sens du terme. Artistiquement, ça devenait très intrusif; c’était au détail près. Et je disais : "je suis une artiste montréalaise, vous êtes venus me chercher, et là, il faut que je ressemble aux artistes français."

« Ma carrière, qui a commencé il y a une dizaine d’années, a été [marquée] par beaucoup de refus. Ça a été très dur. [...] Mais, au final, toutes ces années ont été tellement formatrices pour moi, parce que quand mon succès est arrivé, j’étais prête. »

— Une citation de  Sarahmée

Cette période trouble a démotivé Sarahmée et détruit sa confiance en elle, au point où elle a cessé de faire de la musique pendant un an.

Prendre une pause, ça m’a permis de prendre du recul, de m’arrêter et de me demander quel genre de musique j’avais envie de faire, et qui j’avais envie d’être artistiquement, affirme-t-elle.

Et c’est là que les rythmes afros sont plus entrés en ligne de compte. Je voulais que les gens dansent et qu’ils écoutent ce que j’avais à dire. Avec Tom et Diego, mes collaborateurs en musique, on a réussi à trouver cette musique hybride entre l’afro, le rap et la musique latine.

Maintenant bien installée au Québec, Sarahmée poursuit sa lancée, avec toute la joie de vivre contagieuse qui l’anime. Si elle reste plutôt vague au sujet de son prochain album, dont le premier simple Le cœur a ses raisons est sorti l’automne dernier, elle affirme qu'il paraîtra très bientôt.

Avec les informations de René Homier-Roy, animateur de Culture club

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