•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La vague de féminicides touche aussi la Gaspésie

une personne porte une pancarte où il est écrit « une femme va être tuée dans 48 heures »

Un féminicide est commis tous les 2 jours et demi au Canada.

Photo : Reuters / Regis Duvignau

Radio-Canada

La vague de féminicides au Québec en témoigne : les besoins sont criants pour contrecarrer la violence conjugale, du côté des victimes comme du côté des auteurs. En Gaspésie, deux organismes qui leur viennent en aide critiquent un manque de financement qui ferait toute la différence, surtout en pleine crise sanitaire.

14 féminicides ont été commis au Québec depuis le début de la pandémie de COVID-19. La moitié de ceux-ci sont survenus au cours des sept dernières semaines.

La pandémie de COVID-19 tend à accentuer la détresse sociale et l’isolement. Par ricochet, les demandes exprimées chez les femmes qui vivent dans un contexte de violence conjugale explosent.

D’ailleurs, la violence conjugale n’épargne pas les Gaspésiennes : les demandes d’aides se font plus nombreuses et les situations, plus critiques. C'est ce qu'affirme Nancy Gough, directrice de la Maison d’aide et d’hébergement l’Émergence à Maria.

Une femme porte le masque et écrit sur son ordinateur portable.

Nancy Gough est directrice de la Maison d'aide et d'hébergement L'Émergence de Maria.

Photo : Radio-Canada / Claude Côté

Les situations que l’on accueille en hébergement, par exemple, sont des situations, majoritairement, à haut risque d’homicides. Les femmes qui fuient les foyers toxiques, en ce moment, sont davantage des femmes dont la sécurité est compromise, explique Mme Gough.

L’Émergence de Maria offre des services d’urgence en hébergement aux femmes et aux enfants, et des services d’aide post-séparation aux femmes violentées dans un contexte conjugal.

La directrice de la maison d'aide réitère que la pandémie exacerbe les violences conjugales et que les facteurs de risques sont aggravés.

Selon elle, le contexte prédispose les victimes à subir davantage de violence conjugale en raison de la perte du filet de sécurité et de la perte du réseau social. En télétravail, les femmes peuvent également devenir plus isolées.

Davantage d’auteurs de violence conjugale traités en justice

Le nombre de dossiers d'hommes gaspésiens, référés par le système de justice, est aussi à la hausse depuis quelques mois chez l’organisme Convergence. On y voit les effets de la crise sanitaire à retardement. L’intervenant psychosocial Hugues Bujold n’en est pas surpris.

Ça fait partie du cheminement de la demande d’aide des hommes. On va étirer l’élastique jusqu’à ce qu’on n’en puisse plus. Ça prend un peu plus de temps chez les hommes pour qu’on puisse voir les impacts de la pandémie, mais là, on les voit, on les sent, affirme M. Bujold.

Un homme discute avec une journaliste.

Hugues Bujold est intervenant psychosocial.

Photo : Radio-Canada / Claude Côté

Enveloppe budgétaire insuffisante

Le récent budget 2021-2022 du ministre provincial des Finances, Éric Girard, dévoilé jeudi, n’a toutefois pas répondu aux attentes des deux organismes. Elles condamnent le financement insuffisant.

Seulement 3,8 % de l’enveloppe budgétaire reliée à la violence conjugale dans le cadre du dernier budget est dédiée aux organismes qui viennent en aide aux auteurs de violence conjugale en travaillant sur la prévention, selon Hugues Bujold.

Cette part est jugée largement insuffisante, par l’intervenant psychosocial. Il rappelle qu'il y a un manque de prévention dans la société québécoise. Ça fait 10 ans qu’on essaie de créer des partenariats avec d’autres ressources en Gaspésie, mais on n'est pas capable d’avoir ces partenariats parce qu’on manque de financement. On visait un continuum de service qui réussirait à rejoindre davantage les hommes avec un comportement violent pour mieux prévenir, mentionne M. Bujold, acerbe.

On est là, les deux bras dans les airs, à hurler et à crier haut et fort qu’on a des solutions. Malheureusement, on nous voit, mais on ne nous donne pas les moyens pour aller exploiter cette expertise-là.

Une citation de :Hugues Bujold, intervenant psychosocial à Convergence

Qui plus est, dans le cadre du budget provincial, les refuges pour femmes ont obtenu 4,5 millions de dollars, soit seulement 10 % des besoins exprimés, selon Nancy Gough, directrice de la Maison d’aide et d’hébergement L’Émergence. Elle qualifie ce montant de décevant en plus d’engendrer de nombreuses inquiétudes.

On a des besoins financiers pour assurer une continuité de services en violence conjugale, ce qui veut dire un meilleur financement des maisons de première et de deuxième étape, qu'on évalue à plus de 45 millions de dollars.

Une citation de :Nancy Gough, directrice de la Maison d’aide et d’hébergement L’Émergence

Malgré la précarité financière des organismes leur venant en aide, les femmes qui craignent pour leur sécurité et celles de leurs enfants ne doivent surtout pas hésiter à faire appel aux services d’aide, disponibles 24 h sur 24 h, sept jours sur sept.

D’après un reportage de Roxanne Langlois

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !