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Geneviève Guilbault pilotera un comité visant à enrayer les crimes contre les femmes

Sept femmes ont été tuées dans un contexte de violence conjugale depuis le début de l'année 2021 au Québec, signe d'une hausse marquée des féminicides.

Geneviève Guilbault regarde fixement devant elle lors d'une conférence de presse.

La vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique du Québec, Geneviève Guilbault.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Anaïs Brasier

La ministre de la Sécurité publique du Québec, Geneviève Guilbault, a annoncé qu'elle chapeautera un comité visant à combattre les crimes contre les femmes et les féminicides.

Geneviève Guilbault et sa collègue Isabelle Charest, ministre responsable de la Condition féminine, étaient invitées à l'émission Tout le monde en parle, dimanche, pour discuter de la hausse inquiétante des féminicides au Québec.

La vice-première ministre, Geneviève Guilbault, a participé à la discussion par vidéo, car elle s'est placée en isolement préventif après qu'un membre de son entourage est entré en contact avec une personne déclarée positive à la COVID-19.

Sept femmes ont été tuées dans un contexte de violence conjugale depuis le début de l'année 2021 au Québec, signe d'une hausse marquée des féminicides. Depuis plusieurs semaines, différents intervenants ont exprimé leurs inquiétudes, notamment dans un contexte de pandémie, où certaines femmes sont plus isolées que jamais avec un conjoint violent.

Isabelle Charest est assise dans le studio et Geneviève Guilbault  apparaît sur un écran suspendu derrière elle.

Geneviève Guilbault et sa collègue Isabelle Charest, ministre de la Condition féminine, étaient invitées à l'émission Tout le monde en parle, dimanche soir.

Photo : Karine Dufour / Tout le monde en parle

Québec solidaire a présenté plus tôt cette semaine une motion réclamant la création d'un secrétariat voué exclusivement à coordonner toute l'action gouvernementale en matière de lutte contre les violences sexuelles et conjugales.

Geneviève Guilbault a confirmé à Tout le monde en parle que la CAQ ne créera pas un tel secrétariat, mais plutôt un comité visant à coordonner une série d'actions pour enrayer les violences contre les femmes, dont la violence conjugale, les agressions sexuelles et les féminicides.

Besoin d'aide?

Contactez SOS violence conjugale au 1 800 363-9010 ou au sosviolenceconjugale.ca (Nouvelle fenêtre).

C'est la vice-première ministre qui chapeautera ce comité, en collaboration avec plusieurs collègues, dont Isabelle Charest, ministre déléguée à l’Éducation et ministre responsable de la Condition féminine, Simon Jolin-Barrette, ministre de la Justice, Ian Lafrenière, ministre responsable des Affaires autochtones et Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux.

Ensemble, on va s’assurer que toutes les actions qui sont déjà en cours vont aller le plus vite possible.

Une citation de :Geneviève Guilbault, vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique

Durant l'entrevue de Geneviève Guilbault et d'Isabelle Charest à Tout le monde en parle, le premier ministre François Legault a publié un message sur son compte Facebook expliquant créer ce comité parce qu'il est temps d’aller au-delà des émotions et des paroles.

La semaine dernière, le gouvernement caquiste a toutefois été critiqué lors du dépôt de son budget. Celui-ci prévoit 22,5 millions de dollars en cinq ans pour financer les maisons d'hébergement des victimes de violence conjugale, une aide jugée insuffisante par plusieurs organismes.

Dimanche soir, Geneviève Guilbault a répondu à ces critique en affirmant : « l’argent qui est nécessaire, on va le donner, c’est pas un problème, c’est pas une question d’argent, s’il faut donner plus d’argent, ce ne sera pas un problème ».

Mais, on pourrait mettre cinq milliards demain matin, ça ne ferait pas disparaître cette violence-là.

Une citation de :Geneviève Guilbault

Elle a, du même coup, promis une série d'actions qui seront annoncées à court terme pour lutter contre la violence à l'égard des femmes.

Des recommandations en branle

En décembre dernier, la ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, avait présenté un plan d'action annonçant 14 nouvelles mesures pour lutter contre la violence conjugale, dont la possibilité d'un bracelet électronique pour surveiller les ex-conjoints violents et les tenir loin de leur victime.

Près de quatre mois plus tard, la ministre assure que « toutes les recommandations sont en cours, sont en travail, pour le bracelet entre autres ». Elle assure qu'un premier rapport sur l'étude de faisabilité de cette mesure sera présenté en avril, puis un second en décembre.

Toutes les actions sont en branle. On ne voit pas les résultats concrètement maintenant, mais elles sont en branle.

Une citation de :Isabelle Charest, ministre responsable de la Condition féminine

Quant aux 190 recommandations du Comité d'experts sur l’accompagnement des victimes d’agressions sexuelles et de violence conjugale, aussi présentées en décembre, Isabelle Charest assure que « beaucoup de mesures sont en place », même si aucun montant n'a été annoncé la semaine dernière dans le budget pour leur mise en œuvre.

Il y a eu un 50 millions qui accompagne le comité d’expert qui est prévu et est encore à dépenser[...], un 180 millions a été annoncé en décembre pour contrer la violence conjugale [...], un autre 50 millions a été placé pour contrer les agressions sexuelles, précise-t-elle.

Une campagne sur les réseaux sociaux

L’organisme SOS violence conjugale a d’ailleurs lancé une campagne médiatique dimanche soir afin d’encourager une mobilisation générale pour endiguer sans délai cette vague et pour exprimer le soutien des Québécoises et des Québécois à toutes les victimes de violence conjugale.

L'objectif est notamment de lancer un cri du cœur pour que la population se mobilise en faveur des victimes de violence conjugale.

La campagne se fait essentiellement sur les réseaux sociaux et l’organisme offre, sur son site Internet, une boîte à outils numériques afin de permettre aux citoyennes et aux citoyens de manifester leur solidarité sur les réseaux sociaux.

La violence conjugale est une problématique sociale, un problème qui nous appartient collectivement et qu’on doit régler ensemble, peut-on lire dans un communiqué. On fait toutes et tous partie de la solution.

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