•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Contamination au mercure : Grassy Narrows se mobilise sur les réseaux sociaux

Un poisson mort flottant à la surface d'une eau stagnante.

Depuis quatre décennie, les membres de la Première Nation de Grassy Narrows dans le nord-ouest de l'Ontario sont confrontés à un grave problème de contamination au mercure.

Photo : iStock / Drbouz

Radio-Canada

La communauté de Grassy Narrows, dans le nord-ouest de l'Ontario, poursuit son long combat en misant sur la viralité des réseaux sociaux pour exiger l’indemnisation de tous ses membres à la suite d’une contamination au mercure dont elle a été victime.

Son objectif? Faire pression auprès des pouvoirs publics afin que ses revendications aboutissent en ralliant les internautes à la cause qu’elle défend depuis plusieurs années déjà, avec un résultat en-deçà de ses attentes.

Samedi après-midi, les membres ojibwés de la Première Nation ont donc organisé un événement virtuel en conviant notamment l’auteure et journaliste Tanya Talaga à s'exprimer aux côtés du chef Randy Fobister, porte-parole du mouvement.

Ouverte à tous, la conférence a expliqué les raisons de leur mobilisation pour exiger l’indemnisation complète des membres de la communauté et compenser ainsi les coûts humains et culturels permanents de l'empoisonnement au mercure. Les quelques décisions prises jusque-là ne suffisent pas, continuent-ils de déplorer.

Deux jeunes Ojibwées marchent dans la boue sur les berges de la rivière English, dans la réserve de Grassy Narrows

Deux jeunes Ojibwées s’amusent sur les berges de la rivière English, dans la réserve de Grassy Narrows

Photo : Radio-Canada / Marc Godbout

Une juste compensation pour tous ses habitants doit aussi bien contribuer au rétablissement de leur santé qu’à celui de leur mode de vie, tout en permettant de protéger leur terre et leur eau de l'exploitation forestière et minière industrielle, selon la description de la réunion.

Bataille au long cours

La raison de tout cela, c’est de passer à la phase suivante de l'injustice dont est victime Grassy Narrows, a précisé Judy Da Silva, responsable des questions environnementales dans cette réserve située en aval d'une usine de pâtes et papier qui a déversé, au cours des années 1960, plusieurs tonnes de mercure dans le bassin hydrographique de la région.

Les poissons de la rivière English-Wabigoon, alimentation de base de la communauté, étaient empoisonnés au mercure et ont contaminé les habitants de Grassy Narrows qui s’en nourrissaient.

Lorsqu'une catastrophe environnementale touche une communauté non autochtone, le gouvernement réagit généralement rapidement pour indemniser les gens, fait remarquer Judy Da Silva.

C'est ce que nous cherchons, une compensation pour les personnes qui souffrent d'empoisonnement au mercure. À Grassy, nous n'avons jamais eu cela.

Une citation de :Judy Da Silva, responsable des questions environnementales à Grassy Narrows

Une fois ingéré, le mercure ne disparaît jamais, il est bioaccumulable, c'est-à-dire qu'il passe d'une génération à l'autre, de la mère à l'enfant, en se transmettant par le placenta.

Une reconnaissance insuffisante

L'empoisonnement au mercure présente toute une série de répercussions sur la santé physique et mentale : tremblements, maux de tête, effets neuromusculaires, pertes de mémoire, entre autres.

Un rapport de 2018 de l'experte en santé environnementale Donna Mergler a révélé que les résidents de Grassy Narrows diagnostiqués avec un empoisonnement au mercure étaient jusqu'à six fois plus susceptibles de souffrir d'un large éventail de problèmes de santé, et près de six fois plus susceptibles d'être affectés par une maladie neuropsychologique.

Les gouvernements provincial et fédéral ont pris quelques engagements récents pour faire face à l'empoisonnement au mercure.

En 2017, l'Ontario a annoncé jusqu'à 85 millions de dollars pour dépolluer la contamination au mercure. En avril 2020, Grassy Narrows et le gouvernement fédéral ont conclu une entente de 19,5 millions de dollars pour la construction d'une maison de soins spécialisée afin de permettre l'accès à des services de santé adaptés aux effets du mercure.

Judy Da Silva dit que la plupart de cet argent sert à fournir les produits de première nécessité et ne compense pas les résidents de Grassy Narrows pour l'empoisonnement ou les impacts continus.

D'après les informations de Jody Porter, Tashauna Reid et Alice Hopton, CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !