•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

COVID-19 : l'enquête publique sur les décès en CHSLD s'ouvre à Joliette

La façade du CHSLD.

L'enquête portera sur des dizaines de décès survenus dans sept établissements pour aînés du Québec, dont le CHSLD des Moulins, à Terrebonne.

Photo : Radio-Canada / Marie-Michèle Lauzon

Après un faux départ il y a un mois, c'est lundi matin que s'ouvre à Joliette l'enquête publique du coroner sur les décès survenus dans les centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), les résidences privées pour aînés (RPA) et les autres milieux de vie pour aînés durant la première vague de la pandémie, au printemps dernier.

Initialement, les audiences devaient débuter le 15 février et porter d'abord sur 47 décès survenus au CHSLD Herron, à Dorval, avant de s'étendre à des décès recensés dans d'autres centres d'hébergement.

Elles ont toutefois dû être reportées puisqu'une enquête est toujours en cours sur le CHSLD Herron et que des accusations criminelles pourraient être déposées.

Portrait de Lucille Gauthier dans sa jeunesse.

Lucille Gauthier est morte le 12 avril 2020, à 87 ans.

Photo : Centre funéraire régional Joliette

Les audiences qui s'ouvrent ce matin porteront donc d'abord sur d'autres décès que ceux recensés au CHSLD Herron, dont celui de Lucille Gauthier, morte à 87 ans au CHSLD privé des Moulins, à Terrebonne.

Ses filles et leur avocat croient qu'elle est morte de soif et de faim, faute de soins. Une fin évitable, selon eux, si Québec n'avait pas complètement interdit l'accès des résidences aux proches aidants pendant la première vague de la pandémie.

C'était prévisible qu'on se retrouverait dans une situation où il y aurait des gens qui mourraient de faim et de soif. On le savait, a soutenu Me Patrick Martin-Ménard, qui représente Diane et France Brissette, les filles de Mme Gauthier, mais aussi quatre familles qui avaient un proche au CHSLD Herron et une autre qui en avait un au CHSLD Sainte-Dorothée.

Le gouvernement a maintenu cette décision [d'interdire l'accès aux proches aidants] et a persisté dans ce choix pendant des mois. Ça, selon moi, c'est tout à fait impardonnable.

Une citation de :Me Patrick Martin-Ménard

Une quinzaine de personnes, dont des membres du personnel soignant, témoigneront au cours de ce premier volet de l'enquête, qui devrait s'étendre jusqu'au 1er avril.

Maltraitance systémique dénoncée

La notion d'imputabilité est au centre de cette affaire, selon Stéphane Lacroix, directeur des communications du syndicat Teamsters.

Il y a une maltraitance systémique, un système qui a été mis en place par le gouvernement actuel, par les gouvernements passés, qui contraint les travailleurs et les travailleuses à fonctionner d'une certaine manière, à tourner les coins ronds, a-t-il dénoncé en entrevue.

Ce ne sont pas les travailleuses et les travailleurs qui en sont responsables, ce sont les gens qui ont pris ces décisions, estime M. Lacroix.

Cette enquête publique se déroule à la demande de la coroner en chef du Québec, Me Pascale Descary, et se penchera sur les décès survenus dans sept CHSLD ou résidences privées pour aînés lors de la première vague de COVID-19.

La coroner Me Géhane Kamel, qui préside l'enquête, devra établir les causes et les circonstances de plusieurs dizaines de décès qui ont eu lieu entre le 12 mars et le 1er mai 2020 et qui ont fait l'objet d'un avis du coroner en raison de leur caractère violent, obscur ou parce qu'ils sont possiblement liés à de la négligence.

Ses recommandations visant à prévenir tout autre décès en de telles circonstances sont attendues en novembre.

Avec les informations de Valérie-Micaela Bain

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !