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La 3e vague s'amorce et menace les plus jeunes au Québec, préviennent des médecins

Les 40-60 ans sont particulièrement à risque face à cette nouvelle vague de COVID-19.

Des gens marchent dans la rue au soleil.

Samedi, l'INSPQ rapporte 745 cas confirmés de variants dans la province, dont la majorité se trouvent à Montréal.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

La question n'est plus de savoir s'il y aura une troisième vague de COVID-19 au Québec, mais plutôt d'en connaître l'ampleur.

Je crois que la troisième vague va avoir lieu. C’est son ampleur qui est à déterminer, a fait savoir la directrice de santé publique de la région de Montréal, Mylène Drouin, dans une entrevue enregistrée plus tôt cette semaine pour l'émission Les faits d'abord.

Samedi, la santé publique du Québec a annoncé avoir recensé 1009 nouveaux cas de COVID-19 dans les dernières 24 heures. La province n'avait pas franchi la barre des 1000 cas depuis plus d'un mois.

Manifestement, on est dans la remontée à laquelle on s’attendait, qui est beaucoup liée à la présence des variants, a indiqué le Dr Gaston De Serres, médecin-épidémiologiste à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

L'INSPQ a d'ailleurs publié une nouvelle modélisation vendredi indiquant que plus de la moitié des cas de COVID-19 enregistrés dans la province seront liés à un variant d'ici début avril.

Samedi, l'INSPQ rapporte 745 cas confirmés de variants dans la province (contre 704 la veille) et 5565 cas suspects en criblage (contre 5157 la veille).

Même son de cloche du côté du Dr Abdo Shabah, porte-parole de l’Association médicale canadienne. Ça débute, […] on a des préoccupations par rapport à cette montée qui va toucher une autre tranche d’âge, qui va toucher des populations un peu plus jeunes.

Non seulement les trois médecins s'entendent pour dire que la remontée des nouveaux cas quotidiens de COVID-19 indique bel et bien le début de cette troisième vague, mais le portrait de celle-ci sera complètement différent. Ce n’est pas du tout le portrait de la première vague, selon le Dr Shabah, qui est également urgentologue à l'Hôpital Jean-Talon, à Montréal.

COVID-19                     : ce qu'il faut savoir

Les 40-60 ans à risque

Les trois médecins brossent un portrait similaire de la situation qui attend le Québec : un grand nombre de nouveaux cas quotidiens – on peut aller jusqu'à 10 000 cas par jour selon les modélisations de l'INSPQ, a évoqué la Dre Drouin –, mais, on l'espère, moins de personnes hospitalisées et de morts.

Comme la campagne de vaccination va bon train chez les populations plus âgées, on s'attend à ce qu'elles soient largement protégées. Selon la Dre Drouin, à Montréal, plus de 75 % des 70 ans et plus ont reçu leur première dose de vaccin, et cette cible devrait être atteinte chez les 60 ans et plus d'ici environ deux semaines.

« Avec une maladie plus transmissible et aussi plus pathogène, donc qui crée plus de formes graves, il est par contre possible qu'on ait une hausse des hospitalisations chez la population adulte de 40 à 60 ans qui ne sera pas encore vaccinée. »

— Une citation de  La Dre Mylène Drouin, directrice de santé publique pour la région de Montréal

Le Dr Gaston De Serres met aussi la population en garde : Même les plus jeunes vont parfois aboutir à l’hôpital, et ces jeunes-là ont besoin de soins intensifs qui sont parfois d’une durée prolongée.

Il ne faut pas penser que, parce que les personnes de 70 ans et plus ont été vaccinées, une vague qui serait très, très forte n’aurait pas d’impact sur les soins hospitaliers et les soins intensifs, a-t-il ajouté.

Or, un sondage récemment mené par l'INSPQ montre que l'adhésion aux mesures sanitaires diminue dans la population, selon le Dr De Serres.

Une information qui inquiète le Dr Abdo Shabah. Il faut se préoccuper des assouplissements et de la baisse d’adhésion au niveau de la population. La marge est mince et il est très important, plus que jamais, d’être vigilant par rapport aux consignes de la santé publique. Ce sont des éléments qui nous ont aidés à traverser les première et deuxième vagues, et ça va nous aider pour cette vague-ci.

Inquiétudes autour de la troisième vague au Québec

Les variants du SRAS-CoV-2 accroissent le risque d'hospitalisation et de décès de 60 % chez les personnes infectées, selon un rapport préparé pour le gouvernement ontarien par les experts du Groupe pour le consensus en matière de modélisation et de conseils scientifiques. Cette étude doit être dévoilée la semaine prochaine.

Des assouplissements prématurés?

Le Collège des médecins du Québec a sonné l'alarme samedi, réclamant un durcissement des mesures au gouvernement Legault. Ce dernier a notamment annoncé cette semaine le retour à temps plein des élèves de 3e, 4e et 5e secondaire à l'école, une mesure qui ne fait pas l'unanimité étant donné que les variants circulent tout particulièrement dans les écoles à l'heure actuelle.

Compte [tenu] de l’évolution récente de la pandémie, le Collège des médecins du Québec demande au gouvernement de reconsidérer l’allègement des mesures sanitaires pour tenir compte des signaux d’alarme et de l’avis de nombreux experts, a écrit l'organisme sur Twitter samedi, sans faire référence à une mesure d'assouplissement en particulier.

On entend bien que les citoyens sont préoccupés, les médecins aussi, par les signaux d’alarme et l’avis des experts. Nous demandons au gouvernement d’en tenir compte, a précisé par courriel à Radio-Canada le Dr Mauril Gaudreault, président du Collège des médecins.

Même s'il constate lui-même l'arrivée d'une troisième vague, François Legault a affirmé vendredi qu'il ne comptait pas reculer sur les assouplissements annoncés. On ne change pas les mesures qui ont été annoncées, que ce soit l’ouverture des écoles pour le secondaire 3, 4 et 5 dans les zones rouges ou les autres mesures, comme les théâtres qui vont rouvrir.

En entrevue, la Dre Mylène Drouin a dit comprendre les raisons pour lesquelles le gouvernement a choisi de ramener les jeunes du secondaire à plein temps à l’école pour la fin de l’année. C’est une question de réussite scolaire, résume-t-elle, laissant toutefois entendre qu'elle aurait préféré attendre un peu avant d'annoncer une telle mesure.

On le voit, les variants sont beaucoup dans les écoles. Il va falloir être très vigilant et voir si, dans des contextes de progression, c’est une mesure qu’on va pouvoir maintenir à long terme.

Le Dr Abdo Shabah a pour sa part les yeux rivés sur l'étranger, notamment l'Europe, pour observer comment se déroule cette nouvelle vague propulsée par les variants. Si notre troisième vague ressemble à ce qui se vit ailleurs, avec des retards dans la vaccination, une population qui est partiellement vaccinée et une fatigue au niveau des aides-soignants […], la situation sera préoccupante, et il va falloir être plus préventif que réactif.

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