•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Plus forte propagation des variants dans les communautés à faible revenu, selon une étude

Un homme et une femme portant un masque se croisent dans la rue à Toronto.

Des quartiers de Toronto et la ville de Brampton sont parmi les secteurs les plus touchés par la pandémie.

Photo : CBC/Evan Mitsui

Radio-Canada

Des variants plus contagieux et mortels du coronavirus affectent de manière disproportionnée les quartiers du Grand Toronto qui ont le plus de travailleurs essentiels et de plus faibles niveaux de revenus, selon une nouvelle étude.

Une étude mise en ligne vendredi sur medRxiv – un portail qui présente des recherches qui n’ont pas encore été publiées ni évaluées par les pairs – examine les taux de cas de COVID-19 par habitant (les cas en général, et les cas confirmés de variants, en particulier) entre le début du mois de février et la mi-mars, dans divers quartiers de Toronto et de la région de Peel.

Au cours de la période d'analyse, les cas de variants sont apparus plus rapidement parmi les groupes à plus faibles revenus, là où il y a les plus fortes concentrations de travailleurs essentiels, a constaté l'équipe de recherche.

Alors qu’on parle de plus en plus d'une troisième vague, c’est assez clair, d’après ces données, où se trouve cette troisième vague, note le Dr Zain Chagla, auteur de l’étude, spécialiste des maladies infectieuses et chercheur à l'Université McMaster de Hamilton.

L'étude divise la population en trois groupes en fonction de leurs revenus, et montre que le taux de croissance des variants était de près de 44 % parmi ceux qui ont le plus bas niveau de revenus, soit le double de la croissance (environ 22 %) observée chez ceux qui ont le niveau de revenu le plus élevé.

Le constat est semblable si on regarde les catégories d'emploi, avec un taux de croissance de plus de 50 % des variants dans les régions où le nombre de travailleurs essentiels est le plus élevé, contre environ 18 % là où le nombre de travailleurs essentiels est le plus bas.

Zain Chagla est assis à son bureau et sourit.

Zain Chagla est médecin spécialiste des maladies infectieuses.

Photo : CBC/Radio-Canada / Craig Chivers

Cette population était déjà à haut risque, rappelle le Dr Chagla. Les mêmes données ont été montrées avant l'émergence de variants.

Mais ces variants ajoutent une autre couche de risque, souligne-t-il.

On savait déjà qu’ils étaient plus contagieux, et un rapport d'experts de la Table de consultation scientifique de l’Ontario sur la COVID-19 indique maintenant que ces mutations du coronavirus accroissent le risque d'hospitalisation et de décès de 60 % chez les personnes infectées. Les variants forment maintenant plus de la moitié des cas de COVID-19 en Ontario.

Plus de protections demandées

Ce n’est pas la première fois que des experts expriment leurs inquiétudes quant à l’impact de la pandémie dans certains quartiers et régions qui ont de fortes concentrations de travailleurs essentiels et à faible revenu, souvent des communautés racisées.

Selon des données de Statistique Canada, les quartiers les plus diversifiés sur le plan racial au Canada ont recensé des taux de mortalité liée à la COVID-19 plus de deux fois plus élevés que dans les secteurs à très forte majorité blanche.

Des données de la ville de Toronto montrent aussi que les personnes de couleur sont disproportionnellement infectées.

Des points chauds comme l'extrémité nord-ouest de Toronto et la ville de Brampton ont souvent présenté les taux de positivité du virus les plus élevés dans la province, selon les données du centre de recherche en santé à but non lucratif ICES.

Le Dr Naheed Dosani, médecin aux soins palliatifs et militant pour la justice en santé, n’est pas surpris par les résultats de l’étude de l’équipe du Dr Chagla.

Les travailleurs essentiels ont été mis au premier plan pour servir nos communautés, dans les usines de production, les entrepôts, etc., sans avoir les protections nécessaires pour préserver leur santé, dit-il.

Cela montre la nécessité, entre autres, d'offrir des congés de maladie payés aux travailleurs selon lui. Il y a eu de multiples demandes en ce sens depuis le début de la pandémie.

Les Canadiens qui ne peuvent pas travailler parce qu'ils sont malades ou doivent s'isoler en raison de la COVID-19 ont accès à la Prestation canadienne de maladie pour la relance économique (PCMRE), une aide financière du gouvernement fédéral.

Ces travailleurs peuvent recevoir 450 $ après impôt pour une période d'une semaine, avec un nombre de semaines limitées.

Mais le Dr Dosani juge qu’il faut en faire plus. La réalité, c’est que le programme fédéral de congés de maladie payés ne répond pas aux besoins des travailleurs qui, par exemple, doivent prendre un seul jour de congé pour aller se faire tester pour la COVID-19. Et le paiement ne parvient pas aux gens avant plusieurs mois.

Les chercheurs de l’étude plaident aussi pour de meilleures stratégies de santé publique dans les communautés les plus touchées, et notamment une priorisation pour la vaccination.

Avec les informations de Lauren Pelley, CBC

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !