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Les sanctions de la Chine contre le Canada sont « inacceptables », dit Trudeau

« Si la Chine me sanctionne, je porterai cette sanction comme un insigne d’honneur », a déclaré Michael Chong sur Twitter.

Le premier ministre Justin Trudeau répond à une question à la Chambre des communes.

Le premier ministre Justin Trudeau répond à une question à la Chambre des communes le 24 mars 2021.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

La Chine a riposté samedi aux sanctions annoncées en début de semaine par le Canada et les États-Unis en imposant à son tour des sanctions contre une organisation et des personnalités issues de ces pays, dont le député conservateur Michael Chong et le député bloquiste de Lac-Saint-Jean, Alexis Brunelle-Duceppe. Une réponse que le premier ministre Justin Trudeau qualifie d'inacceptable.

Le député Micheal Chong, de Wellington-Halton Hills, en Ontario, est interdit d'entrée en Chine continentale, à Hong Kong et à Macao, a indiqué le ministère chinois des Affaires étrangères par communiqué.

Si la Chine me sanctionne, je porterai cette sanction comme un insigne d’honneur, a déclaré M. Chong, qui siège au Comité permanent des affaires étrangères aux Communes et au Comité spécial des relations sino-canadiennes.

Nous avons le devoir de dénoncer la Chine pour sa répression à Hong Kong et son génocide des Ouïgours. Nous qui vivons librement dans des démocraties et des États de droit devons prendre la parole.

Une citation de :Michael Chong

Le député bloquiste Alexis Brunelle-Duceppe, qui est vice-président du Comité des droits internationaux de la personne, est également interdit de séjour dans l’empire du Milieu. En après-midi samedi, il a appelé le gouvernement Trudeau à reconnaître l’existence d’un génocide.

Ce qui est fascinant, c’est qu'on est rendu dans les contre-mesures de la Chine dans un dossier dont le gouvernement ne reconnaît pas l’existence, dit-il.

La Chambre des communes l’a reconnu, donc à un moment donné faut se sortir la tête du sable et reconnaître qu’il y a un génocide présentement en Chine, a-t-il ajouté.

La Chine a également soumis à ces nouvelles sanctions les membres d'un sous-comité du Comité permanent des affaires étrangères et du développement international (FAAE), composé des libéraux Peter Fonseca, Iqra Khalid et Jennifer O'Connell, des conservateurs Michael Chong et Kenny Chiu, du bloquiste Alexis Brunelle-Duceppe et de la néo-démocrate Heather McPherson.

Le sous-comité a présenté un rapport ce mois-ci concluant que les atrocités commises au Xinjiang constituent un crime contre l’humanité et un génocide.

Des sanctions inacceptables

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a qualifié ces sanctions d'inacceptables dans une publication sur Twitter samedi après-midi.

Les sanctions de la Chine sont une attaque contre la liberté d’expression, la transparence et la démocratie. Le Canada est solidaire de ses parlementaires contre ces mesures inacceptables et continuera de défendre les droits de la personne avec ses partenaires internationaux.

Une citation de :Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Le ministre des Affaires étrangères, Marc Garneau, a quant à lui publié une déclaration stipulant que le gouvernement se range aux côtés des parlementaires et de tous les Canadiens.

Nous continuons de travailler avec nos partenaires pour défendre la démocratie et la liberté d’expression, et nous continuerons à prendre les mesures qui s’imposent lorsque les obligations internationales en matière de droits de la personne sont violées, a-t-il écrit.

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh s’est dit solidaire de Micheal Chong et de tous les députés canadiens sanctionnés par la Chine. Si le gouvernement chinois veut que les critiques cessent, il doit mettre fin aux violations des droits de la personne, a-t-il ajouté.

Erin O’Toole, le chef du Parti conservateur, a quant à lui souligné le travail des députés canadiens sanctionnés par le Parti communiste chinois. Je suis fier du travail accompli par les députés de tous les partis.

Aux États-Unis, la présidente de la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF), Gayle Manchin, et son vice-président, Tony Perkins, font également l’objet de sanctions.

Pékin interdit aux institutions et aux citoyens chinois de faire affaire avec ces personnes.

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a dénoncé ces sanctions sans fondement prises par la Chine, assurant que cela n'allait que renforcer l'attention internationale sur le génocide au Xinjiang.

Nous sommes solidaires avec le Canada, le Royaume-Uni, l'UE et d'autres partenaires et alliés dans le monde en appelant la République populaire de Chine à mettre fin aux violations des droits de la personne et aux abus à l'encontre des Ouïghours majoritairement musulmans et de membres d'autres groupes ethniques et religieux minoritaires au Xinjiang et à libérer les personnes détenues arbitrairement, a déclaré M. Blinken.

Ils se brûleront les doigts

Le Canada, les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Union européenne ont adopté des sanctions contre quatre responsables chinois et une entité lundi dans un effort concerté visant à faire pression sur la Chine pour qu'elle mette fin à la persécution de la minorité musulmane ouïgoure dans la région autonome du Xinjiang.

Pékin estime que ces décisions sont basées sur des rumeurs et de la désinformation. Le gouvernement chinois est fermement déterminé à sauvegarder sa souveraineté nationale, ses intérêts en matière de sécurité et de développement, et exhorte les parties concernées à bien comprendre la situation et à corriger leurs erreurs, écrit le ministère chinois des Affaires étrangères.

Ils doivent arrêter la manipulation politique sur les questions liées au Xinjiang, cesser de s'ingérer dans les affaires intérieures de la Chine et s'abstenir de poursuivre dans cette mauvaise voie. Sinon, ils se brûleront les doigts.

Une citation de :Le ministère des Affaires étrangères de la République populaire de Chine

En entrevue à Radio-Canada, l’ancien ambassadeur du Canada en Chine, Guy Saint-Jacques, considère que la Chine envoie un message clair : N’osez pas nous défier, car on va vous pénaliser. Selon lui, il faut s’attendre à une escalade non seulement entre le Canada et la Chine, mais aussi entre les pays occidentaux et le géant d’Asie.

Crise diplomatique

Lundi, les États-Unis, l’Union européenne, le Royaume-Uni et le Canada ont imposé des sanctions coordonnées contre des dirigeants passés ou actuels de la région du Xinjiang, en Chine. Ils dénonçaient notamment la détention arbitraire de plus d’un million d’Ouïgours et d’autres minorités musulmanes en raison de leur religion et de leur appartenance ethnoculturelle, ainsi que la rééducation politique, le travail forcé, la torture et la stérilisation forcée.

Les tensions se sont alors accentuées, et Pékin a imposé de nouvelles sanctions, vendredi, contre des personnalités britanniques et plusieurs marques étrangères.

Depuis, l’entreprise suédoise H&M a vu ses produits retirés des principaux sites chinois de vente en ligne et plusieurs acteurs et chanteurs chinois ont annoncé qu’ils coupaient tout lien avec Nike, Adidas, Converse ou encore Calvin Klein, dont ils étaient les ambassadeurs.

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