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Téhéran et Pékin signent un accord de coopération de 25 ans

L'accord est une feuille de route complète, selon les Affaires étrangères iraniennes, « comportant des clauses politiques, stratégiques et économiques ».

Mohammad Javad Zarif et Wang Yi.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif (à droite) salue son homologue chinois Wang Yi, dans la capitale Téhéran, à l'occasion de la signature d'un accord de coopération.

Photo : AFP

Agence France-Presse

L'Iran et la Chine ont conclu samedi à Téhéran un accord de coopération stratégique et commerciale sur 25 ans qui faisait l'objet de discussions depuis plusieurs années.

Ce pacte de coopération stratégique de 25 ans, dont les détails comme les grandes lignes doivent encore être dévoilés, a été signé par le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, et son homologue chinois, Wang Yi, en visite à Téhéran, a constaté un journaliste de l'AFP.

Selon l'agence officielle Irna, les derniers détails de l'accord ont été déterminés dans la matinée lors d'une rencontre entre M. Wang et Ali Larijani, conseiller du guide suprême [Ali Khamenei] et représentant spécial de la République islamique d'Iran pour les relations stratégiques avec la République populaire de Chine.

25 ans de coopération

La signature de ce pacte illustre la priorité qu'accorde l'Iran aux relations avec l'Est, soit des États comme la Chine, les deux Corées, l'Inde, le Japon ou la Russie, conformément à l'inflexion donnée par M. Khamenei en 2018, en rupture avec l'un des slogans les plus populaires de la révolution iranienne de 1979 : Ni Ouest ni Est, République islamique.

Hassan Rohani et Wang Yi.

Le président iranien Hassan Rohani rencontre le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, à Téhéran, en Iran, le 27 mars 2021.

Photo : Reuters

La Chine est le premier partenaire commercial de la République islamique d'Iran et était l'un des principaux acheteurs de brut iranien avant le rétablissement, en 2018, des sanctions américaines contre le secteur énergétique iranien, qui a fait chuter les exportations pétrolières de Téhéran.

Selon les Affaires étrangères iraniennes, l'accord signé samedi est une feuille de route complète, comportant des clauses politiques, stratégiques et économiques pour 25 ans de coopération entre l'Iran et la Chine.

Pour Pékin, il s'inscrit dans son vaste projet d'infrastructures lancé avec plus de 130 pays.

Un partenariat stratégique global

La genèse du pacte irano-chinois remonte à la visite du président chinois Xi Jinping à Téhéran, en janvier 2016.

Téhéran et Pékin s'étaient alors engagés dans un communiqué commun à mener des négociations pour la signature d'un accord de coopération élargie sur 25 ans et de coopérer et avoir des investissements réciproques dans différents domaines, notamment les transports, les ports, l'énergie, l'industrie et les services.

Le gouvernement et le peuple iraniens cherchent, comme ils l'ont toujours fait, à élargir leurs relations avec des pays indépendants et fiables tels que la Chine, avait déclaré à l'occasion M. Khamenei, jugeant tout à fait correct et sage le projet sino-iranien, également présenté comme un partenariat stratégique global.

Le rapprochement de Téhéran avec Pékin survient dans un climat de défiance renforcée de la République islamique vis-à-vis de l'Occident et en période de tensions entre Washington d'un côté, et Téhéran et Pékin de l'autre.

La dénonciation unilatérale par Washington en 2018 de l'accord international sur le nucléaire iranien et l'incapacité des Européens à aider la République islamique à contourner les sanctions américaines rétablies cette année-là ont achevé de convaincre les autorités iraniennes que l'Occident n'est pas un partenaire digne de confiance, selon l'expression de M. Khamenei.

Peu de transparence

En juillet 2020, une polémique avait agité les réseaux sociaux iraniens en raison de propos tenus par l'ancien président Mahmoud Ahmadinejad pour dénoncer les négociations en cours, selon lui, pour un nouvel accord de 25 ans avec un pays étranger, à l'insu du peuple.

Chahuté lors d'une intervention au Parlement, M. Zarif avait alors rétorqué qu'il n'y avait rien de secret dans les discussions en cours avec Pékin, promettant que la nation serait informée lorsqu'un accord sera conclu.

Dans une tribune publiée par l'agence officielle Irna, Mohammad Kéchavarzadeh, ambassadeur d'Iran en Chine, note que Pékin est le partenaire commercial de l'Iran depuis plus de 10 ans.

Toutefois, constate-t-il, l'imposition de sanctions sévères de Washington et des restrictions liées au coronavirus ont considérablement réduit le commerce entre les deux pays.

Cité vendredi par l'agence Ilna, le chef de la chambre de commerce sino-iranienne à Téhéran, Majid-Réza Hariri, a ainsi indiqué que le volume des échanges commerciaux entre Pékin et Téhéran était tombé à environ 16 milliards de dollars en 2020, contre 51,8 milliards de dollars en 2014.

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