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Les partis fédéraux en mode campagne

Qu’ils souhaitent des élections ou non, les politiciens fédéraux ont activé la machine électorale.

Un montage photo de Jagmeet Singh.

Cette image du chef néo-démocrate Jagmeet Singh est un prélude à la stratégie électorale du parti si une campagne est déclenchée.

Photo : Courtoisie NPD

Certains signes ne mentent pas. Des photos de candidats ont été prises, des affiches et des slogans sont prêts et des bénévoles usent leur clavier de téléphone. En cas d’élections au printemps ou à l’automne, aucune formation fédérale ne veut être prise au dépourvu.

Oser , c’est un slogan choisi par le Nouveau Parti démocratique (NPD) pour vendre son chef aux jeunes Québécois. Un site web à forte saveur électorale vient d’être mis en ligne (oserjagmeet.ca (Nouvelle fenêtre)).

On peut y voir un portrait éclaté et multicolore du chef Jagmeet Singh. Les promesses de soins de santé mentale gratuits , de réduire les prix des loyers et de baisser les tarifs cellulaires et Internet y figurent. Ce matériel sert à lancer une tournée virtuelle du NPD au Québec pour séduire les 18-40 ans.

Selon nos informations, il s'agit d'un prélude à la stratégie électorale du parti si une campagne est déclenchée.

La directrice des communications du chef néo-démocrate, Mélanie Richer, explique que le concept vise à présenter un chef audacieux. Oser voter différemment. Oser rêver différemment. Vraiment montrer que Jagmeet est différent des autres, explique la stratège.

Dans le camp du Parti conservateur du Canada (PCC), la préparation électorale est aussi avancée. Le parti a déjà plus de 170 candidats investis en vue du prochain scrutin, comparativement à 121 pour le Parti libéral (PLC).

Le député de Richmond-Arthabaska, Alain Rayes, est connu pour ses talents d’organisateur et n’a pas l’intention de manquer le bateau, même s’il croit que ce n’est pas le moment de tenir des élections.

L’organisation est amorcée dans sa circonscription. Dans mon cas, les photos sont prises, il reste juste à appuyer sur le bouton pour faire imprimer le tout. L’équipe de campagne est montée, le financement est bouclé. On a des rencontres préparatoires toutes les deux semaines, explique M. Rayes.

S’il y a un déclenchement demain matin, on va être prêts.

Une citation de :Alain Rayes, député conservateur de Richmond-Arthabaska

Le Bloc québécois (BQ) tient ces jours-ci ses assemblées d’investiture virtuelles. Officiellement, le parti est opposé à la tenue d'élections en temps de crise sanitaire, mais le chef Yves-François Blanchet semble prêt pour la bataille, si l’on se fie à ses propos lors d’une récente investiture virtuelle d’un député bloquiste.

Ici, je suis dans Saint-Maurice–Champlain. François-Philippe Champagne n'est pas un mauvais gars, mais il sait très bien qu’on va débarquer avec une compagnie de chars d’assaut. Il faut les gagner, ces comtés-là, a-t-il lancé à la blague aux participants, en référence au ministre libéral.

Nombre de candidats investis selon les principaux partis

  • PCC : 170
  • PLC : 121
  • NPD : 28
  • BQ : 13

* En date du 26 mars 2021

Justin Trudeau sera-t-il tenté de déclencher des élections après le dépôt de son budget du 19 avril, pour essayer de décrocher une majorité? Le premier ministre maintient le flou. La progression du nombre de cas de COVID-19 liés aux variants du coronavirus pourrait refroidir ses ardeurs. L’énorme machine libérale, en tout cas, ronronne depuis des mois déjà.

Une armée de bénévoles libéraux participe depuis mars dernier aux journées d’action virtuelle pour établir un contact avec les électeurs. Les appels téléphoniques, c’est vraiment ce qui fonctionne de notre côté, explique Florence Gagnon, candidate dans Longueuil–Saint-Hubert, une circonscription que son parti aimerait bien arracher au bloquiste Denis Trudel.

Adapter la stratégie à la pandémie

La candidate libérale dans Longueuil–Saint-Hubert, Florence Gagnon.

La candidate libérale dans Longueuil–Saint-Hubert mise sur les appels téléphoniques pour se faire connaître des électeurs de la circonscription.

Photo : Radio-Canada / Benoit Roussel

C’est une routine que Florence Gagnon connaît bien. En ce samedi matin, elle fait des appels dans sa salle à manger. Est-ce que vous êtes satisfaits du travail du gouvernement libéral? demande-t-elle à son interlocutrice au bout du fil. Les discussions sont parfois courtes, parfois longues. Le téléphone a pris la place du porte-à-porte en cette période de crise sanitaire.

Elle peut compter sur une équipe de 50 bénévoles. L’accueil des électeurs est bon. Ils voient que les vaccins sont bien distribués. Les gens sont enthousiastes, les gens sont contents, explique-t-elle. Au cours d’une possible campagne en contexte de pandémie, elle n’aurait peut-être pas de local électoral et sa stratégie de communication avec les médias sociaux serait amplifiée.

Le NPD, qui cible un électorat plus jeune, mise sur son chef pour mobiliser la base. TikTok est la plateforme chouchou de Jagmeet Singh depuis les élections de 2019. Ses vidéos ont été visionnées des millions de fois. Dans un segment publié récemment, le chef, de confession sikhe, montre comment il noue ses cheveux sous son turban. Ce segment a été visionné 1,1 million de fois.

C’est léger. C'est moins politique. Voici le gars qui se présente pour devenir premier ministre. C’est vraiment une bonne manière de faire connaître sa personnalité, explique la stratège néo-démocrate Mélanie Richer.

Il utilisera aussi la plateforme Community pour échanger des textos avec les électeurs. Elle a notamment été utilisée par l’ancien président Barack Obama. Toutefois, le lancement de l’outil par le chef néo-démocrate, en anglais seulement, a été critiqué la semaine dernière.

Publicité et financement

Si des élections sont déclenchées en pleine crise sanitaire, le député conservateur Alain Rayes prévoit déployer ses ressources financières différemment. Des sommes supplémentaires seront consacrées à la publicité puisque les dépenses en ressources matérielles seront plus limitées.

Pour ceux qui n’auront pas les ressources financières, ça va être plus difficile prévoit-il. Dans son cas, ce n’est pas un problème, assure le député conservateur. La pandémie n’a pas freiné le financement, au contraire.

C’est des années record pour moi et mes confrères en ce moment. Les gens appellent et sont tannés de la gestion du gouvernement. Si la porte s’ouvre, ils vont vouloir tout faire pour le remplacer, croit-il.

Le député conservateur Alain Rayes consulte un ordinateur dans son bureau d'Ottawa.

Le député conservateur Alain Rayes misera sur la publicité en ligne et dans les médias locaux de sa circonscription si une campagne électorale est déclenchée.

Photo : Radio-Canada / Benoit Roussel

Le Bloc québécois constate le même phénomène. Le financement n'a jamais été aussi important, affirme Josée Beaudin, directrice générale du parti. C’est le résultat des liens qui ont été maintenus virtuellement avec la base, malgré la COVID-19. On a gardé le contact avec les membres au jour 1 de la pandémie, explique-t-elle.

Il a fallu réinventer les activités partisanes. Ça devient des cocktails virtuels, le chef est présent, les membres sont présents, illustre-t-elle.

Toutefois, Mme Beaudin constate le peu d’appétit de la part des membres pour une campagne en ce moment : Les gens sont concentrés sur leur situation personnelle. C'est encore difficile de rencontrer sa propre famille. Les gens ont hâte d’être vaccinés.

À quoi ressemblera le style de campagne bloquiste si une élection est déclenchée? Le parti respectera les restrictions sanitaires, mais souhaite que son chef soit présent sur le terrain.

Je pense que nous pourrons adapter nos moyens et faire en sorte [...] que notre chef soit partout et puisse faire le tour du Québec encore une fois, explique la directrice générale. Yves-François Blanchet a l’avantage d’arpenter une seule province. C’est notre territoire et nous comptons bien le visiter, explique Mme Beaudin.

La bonne vieille poignée de main

Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, serre les mains des citoyens réunis au bureau de campagne de Réjean Hébert, candidat dans Longueuil–Saint-Hubert.

Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, lors de l'ouverture d'un bureau de campagne en 2019

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Peu importe la famille politique, tous attendent le jour où ils reviendront à la manière traditionnelle de faire campagne.

Ça, c’est la partie la plus dure, honnêtement, de ne pas aller voir les gens en personne, raconte Alain Rayes.

Pouvoir cogner à la porte, c'est quelque chose qu’on a envie de faire. Rencontrer les gens chez eux, explique la libérale Florence Gagnon.

Josée Beaudin, du Bloc québécois, note que c’est dans l’ADN d’un parti politique de vouloir se rassembler. C’est sûr que ce sera un grand défi de ne pas pouvoir rencontrer notre monde et se mobiliser entre nous.

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