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Un revenu de base garanti réclamé pour les artistes 

Un acteur sur scène tient un téléphone dans sa main.

Les arts de la scène souffrent particulièrement de la crise de la COVID-19.

Photo : Unsplash / Erik Mclean

Radio-Canada

Dans une lettre ouverte publiée jeudi, le Conseil des arts de Montréal s’unit avec les conseils artistiques de Toronto, Calgary, Edmonton et Winnipeg pour demander la mise en place d’un revenu de base garanti pour les artistes.

Depuis de nombreuses années, les artistes font face à une insécurité financière en raison de leur dépendance à des contrats à court terme précaires dépourvus d’accès à des avantages sociaux, à des congés de maladie payés ou à de l’assurance-emploi, ce que de nombreux travailleurs canadiens tiennent pour acquis, indique cette lettre, qui souligne que la grande majorité des artistes vivent dans des villes où le coût de la vie et celui de la location des espaces de travail pour les artistes sont élevés.

Il est bien établi que les travailleurs canadiens, y compris les artistes, issus de communautés marginalisées, sont touchés de façon disproportionnée par des conditions d’emploi précaires, ajoute la lettre, qui précise aussi que les plateformes numériques ont érodé les niveaux de rémunération équitables pour le travail artistique

« Éviter la précarité extrême »

La pandémie est venue empirer la situation des artistes, surtout celle des personnes œuvrant dans le domaine des arts de la scène. Le nombre d’heures travaillées dans ce secteur a chuté de 60 % en 2020. 

La Prestation canadienne d'urgence (PCU) et la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE) ont prouvé qu’il est possible de soutenir les personnes dont le revenu est précaire, précise la lettre. 

Devant ce succès et alors que la relance du milieu culturel, durement frappé par la pandémie, se prépare, les signataires de la lettre souhaitent donc mettre en avant la création d’un revenu de base garanti pour les artistes comme une solution pour améliorer le sort des professionnels et des professionnelles de la culture.

Nos systèmes actuels fonctionnent relativement bien en ce qui concerne les organisations culturelles et les collectifs d’artistes, explique Nathalie Maillé, directrice générale du Conseil des arts de Montréal. Mais il y a un trou au niveau des artistes individuels. Il y a un manque à corriger pour éviter la précarité extrême.

On ne parle pas d’un revenu privilégié, mais d'un revenu minimum décent, insiste celle qui rappelle que bon nombre d'artistes gagnent moins de 30 000 dollars par an.   

Une mesure d’investissement dans la culture

Contrairement à la plupart des personnes travaillant dans d’autres secteurs, les artistes bénéficient de contrats courts et lorsqu’ils sont entre deux contrats, ils fournissent quand même du travail invisible et non rémunéré quand ils répètent ou s’entraînent. 

Il faut s’assurer que quand les artistes n’ont pas de contrats, ils puissent recevoir un revenu minimum, dit Nathalie Maillé. 

Selon elle, instaurer un revenu minimum pour les artistes signifierait investir dans la culture, qui est un secteur ayant généré 11 milliards de dollars en retombées économiques au Québec et 53,1 milliards au Canada en 2017.

Si on veut maintenir une culture forte et un milieu artistique fort, il faut agir, met-elle en avant.

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