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Dénonçant le racisme systémique, des chefs autochtones exigent une réforme policière

Des agents de la Gendarmerie royale du Canada.

Des chefs autochtones de l'Ouest canadien exigent une réforme de la police.

Photo : Reuters / Valerie Zink

En conférence de presse, vendredi, le grand chef des Nations du Traité no 8, Arthur Noskey, et le chef de la Première Nation Chipewyan d'Athabasca, Allan Adam ont demandé des mesures concrètes pour que cesse le profilage racial.

Je voudrais voir une réforme complète de la manière dont les gouvernements canadien et provincial traitent le profilage racial, a déclaré le chef Allan Adam.

Il est évident que le profilage racial commence lorsque vous êtes appréhendé et que le dernier coup est donné lorsque le juge vous condamne pour des délits, ajoute-t-il.

Dans la plupart des cas, c’est un grand nombre de nos Autochtones et des membres issus des minorités visibles qui sont surreprésentés dans les cellules de prison.

« C’est tout le système qui doit changer. La promesse de faire des mesures ne suffit pas. »

— Une citation de  Allan Adam, chef de la Première Nation Chipewyan d'Athabasca

Au moment d’écrire ces lignes, Radio-Canada n’avait pas eu de réponse des gouvernements fédéral et provincial au sujet de cette déclaration.

Celle-ci survient un an après l’arrestation brutale du chef Adam Allan par un policier et quelques jours après le dépôt du rapport de la Commission civile d'examen et de traitement des plaintes relatives à la GRC (CCETP) sur la mort de Colten Boushie, un jeune Autochtone tué en 2016.

Des mères apprennent la mort de leur enfant, comme cela a été le cas de la mère de Colten Boushie. D’autres [Autochtones], comme moi, sont accusés à tort, dit Allan Adam.

Il ne suffit pas de remplacer les agents de police ou de les muter dans d’autres régions pour espérer un changement radical. Le traitement de la Gendarmerie royale du Canada est le même [pour nous] : abus, violence, humiliation et racisme, précise-t-il.

« Quand on fait la lumière sur [ce genre de traitement], on se retrouve avec un rapport très laid comme celui de Colten Boushie. »

— Une citation de  Allan Adam, chef de la Première Nation Chipewyan d'Athabasca

Cette semaine, la commissaire de la GRC Brenda Lucki a reconnu, à la suite de ce rapport, que la police fédérale avait fait preuve de discrimination raciale envers la mère de Colten Boushie.

Du sur-place, selon les chefs autochtones

Allan Adam dénonce aussi une inaction dans son dossier presque un an après que les accusations déposées contre lui ont été abandonnées.

Rien n'a changé en ce qui concerne la police. À part le fait que [les gouvernements] songent à mettre des caméras d'intervention sur les agents, a-t-il dit.

De son côté, l’Équipe d’intervention de l’Alberta en cas d’incident grave (ASIRT) confirme qu’une enquête est en cours, mais ne peut faire de commentaires, puisque celle-ci est toujours ouverte.

En juin dernier, se disant troublé par la vidéo de l’arrestation d'Allan Adam, le premier ministre Justin Trudeau avait alors demandé une enquête transparente afin de lutter contre le racisme systémique.

Vendredi, le grand chef des Nations du Traité no 8, Arthur Noskey, a réitéré son désir d'implanter un système de police sur son territoire.

Il a dit être en discussion avec le ministre de la Justice de l’Alberta, Kaycee Madu, et son homologue fédéral, David Lametti, au sujet d’un financement qui serait disponible et qui serait réparti entre les deux ordres de gouvernement.

Je crois que nous pouvons créer un système qui mettra fin aux atrocités infligées à nos gens, a-t-il déclaré.

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