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Quand les eaux usées prédisent la hausse des cas de COVID-19

Des eaux usées sont rejetées dans un cours d'eau.

L'analyse des eaux usées à Québec a permis de constater un changement important dans la situation épidémiologique, le 15 mars.

Photo : iStock

La hausse des nouveaux cas à Québec au cours des derniers jours était prévisible si l'on en croit l'analyse des eaux usées de Québec, qui permet à des chercheurs d'anticiper un changement important dans la situation épidémiologique. Impossible toutefois de savoir jusqu'où cette hausse ira.

Depuis des mois, Peter Vanrolleghem, professeur en génie des eaux à l'Université Laval, prélève avec son équipe des échantillons des eaux usées des villes de Québec, Laval et Montréal, grâce à une aide du Fonds de recherche du Québec.

Ces échantillons permettent, selon le chercheur, de quantifier le nombre de personnes infectées pour 100 000 habitants, dont les asymptomatiques.

Puisque les selles contiennent le virus avant qu'une personne tombe malade, l'analyse permet la détection d'éclosions plusieurs jours avant l’augmentation du taux de positivité à la suite du dépistage.

C'est exactement ce qui s'est produit à Québec au cours des derniers jours, constate M. Vanrolleghem.

Peter Vanrolleghem devant des tuyaux dans un local. Il porte des lunettes de protection et une blouse de travailleur.

Le directeur du centre de recherche CEntrEau, Peter Vanrolleghem, dans la station d'épuration pilote de l'Université Laval.

Photo : Louise Leblanc

À partir du 15 mars, le signal viral dans l'eau usée a augmenté significativement. On a trouvé qu'il y avait une augmentation de cas de COVID-19 dans les eaux usées. On voit vraiment qu'il se passe quelque chose, indique le chercheur.

Maintenant, on voit qu'on a anticipé l'augmentation des cas à Québec, estime l'ingénieur.

En effet, la Capitale-Nationale a connu une hausse constante des nouveaux cas de COVID-19 depuis le début de la semaine.

Indices viraux stables

Or, depuis jeudi dernier, la présence du virus dans l'eau s'est stabilisée, ce qui empêche les chercheurs de déterminer si le nombre de cas continuera d'augmenter significativement ou s'il va rester stable.

On ne peut pas dire si ça va augmenter encore beaucoup parce que le signal dans l'eau usée est resté stable depuis jeudi dernier. On a le même plateau, mais on n’est pas capable de quantifier complètement le nombre de personnes infectées.

Il pense toutefois que la situation risque de mener la santé publique à prendre des décisions en matière de mesures sanitaires.

J'ai vu la même chose arriver à Ottawa il y a trois semaines. On voyait que c'était fulgurant [dans l'eau] et l'augmentation a été confirmée dans les cas dans la population. Je crains que ce soit similaire à ce qui se passe ici. Le signal viral augmente dans l'eau usée, quelques jours après, ça commence à augmenter dans les cas et il y a des décisions que les autorités doivent prendre.

Une citation de :Peter Vanrolleghem, professeur en génie des eaux à l'Université Laval

La région d'Ottawa a d'ailleurs basculé en zone rouge le 18 mars.

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