•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La recherche de lithium près du Mont-Vidéo soulève des inquiétudes

Plusieurs chalets en bois sur le site enneigé du Mont-Vidéo de Barraute, en Abitibi.

Le site du Mont-Vidéo de Barraute, en Abitibi (archives)

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Martin Guindon

L’entreprise Musk Metals a suscité un certain émoi cette semaine en annonçant avoir fait l’acquisition de la propriété Elon, près du Mont-Vidéo à Barraute, où elle espère trouver du lithium.

En dépit de ce que son nom pourrait laisser croire, la société junior d’exploration de Vancouver n’a aucun lien avec Elon Musk, cofondateur et PDG de Tesla. La propriété Elon est située à 600 mètres au nord-est de la mine North American Lithium, qui fait l’objet d’un processus de vente après avoir été placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies en mai 2019.

Cinq des six claims miniers acquis sont situés sur le territoire de La Corne, mais le sixième englobe littéralement le village alpin et les infrastructures du centre de ski régional au pied de la montagne, à Barraute. Dans son communiqué mardi, Musk Metals affirmait préparer un programme d’exploration en deux phases sur la propriété. La première consistera en la compilation de données géologiques ainsi que des travaux de surface et de cartographie. La seconde phase prévoit des travaux de forage.

Une carte montre les différentes propriétés minières en Abitibi.

Le claims du projet Elon Lithium se trouvent tout près de la mine North American Lithium, dans le secteur du Mont-Vidéo.

Photo : Musk Metals

Pas près du centre de ski

Le Comité citoyen de protection de l’esker, qui effectue une surveillance très active du projet Authier Lithium de Sayona Québec à La Motte, a sonné le premier l’alarme face à cette annonce de Musk Metals. Ça soulève un grand enjeu de cohabitation sur le territoire, parce que comme on le sait, le Mont-Vidéo est un endroit très prisé au niveau récréotouristique. Et là, la menace pèse lourdement, a déclaré son co-porte-parole, Rodrigue Turgeon, au micro de l’émission Région zéro 8, mercredi.

Dans une déclaration écrite qu’elle nous a fait parvenir jeudi, la compagnie assure toutefois ne pas avoir l’intention d’effectuer des travaux d’exploration à proximité du centre de ski. Il lui faudrait pour cela obtenir une autorisation spéciale du ministère des Ressources naturelles, en vertu de la Loi sur les mines. Elle dit plutôt souhaiter explorer les secteurs à l’ouest et au nord du Mont-Vidéo. La société junior rappelle aussi qu’avant d’effectuer des travaux sur des propriétés privées, elle doit obtenir l’autorisation des propriétaires et aviser la municipalité par écrit au moins 30 jours à l’avance.

La Corporation du Mont-Vidéo rassurée

De son côté, la Municipalité de Barraute estime avoir fait ses devoirs. Le secteur du Mont-Vidéo a été identifié comme territoire incompatible avec l’activité minière (TIAM) en 2017. Cette protection temporaire empêche d’accorder tout nouveau droit d’exploration minière, mais puisque les claims sont actifs, la Municipalité ne peut empêcher l’entreprise de faire ses travaux.

Quant à la Corporation du Mont-Vidéo, qui exploite le centre de ski, si l’annonce l’a d’abord inquiétée, elle se dit pour l’instant rassurée à la lumière des informations dont elle dispose. Comme tout le monde, quand on a vu l’annonce, on était un petit peu surpris. Ils veulent faire des travaux d’exploration, ils sont dans leur droit. Leur but, c’est sans doute de garder le claim actif. Mais après avoir parlé avec des experts du domaine des mines, après avoir parlé avec la Municipalité de Barraute, on n’est plus inquiet du tout. Je pense qu’on est encore loin d’un projet d’envergure ou même d’une mine en exploitation, a confié Sébastien Roy, vice-président de la Corporation du Mont-Vidéo.

Une carte montre des numéros de lots.

Les lots claimés par Musk Metals.

Photo : Musk Metals

Le préfet de la MRC Abitibi, Sébastien D’Astous, reconnaît pour sa part qu’en dépit des démarches effectuées pour protéger le secteur, la situation demeure préoccupante. C’est sûr que c’est inquiétant, que c’est un secteur de villégiature qui est extrêmement important pour notre MRC. On veut être vigilants. Ça nous préoccupe. J’ai eu plusieurs téléphones, autant des maires du secteur que des citoyens. On va faire les représentations nécessaires, insiste-t-il.

Plusieurs propriétés minières

Rodrigue Turgeon soulève par ailleurs un drapeau rouge concernant tout le territoire entourant le Mont-Vidéo, où l’on retrouve plusieurs propriétés minières qui pourraient s’activer avec l’engouement grandissant pour le lithium. C’est claimé à la grandeur de ce territoire-là. C’est beaucoup plus préoccupant que cette annonce de Musk Metals, fait-il valoir.

Le préfet D’Astous souligne quant à lui que les travaux visant à protéger l’environnement immédiat du Mont-Vidéo se poursuivent à la MRC Abitibi. Je peux vous garantir que ça nous préoccupe, ce n’est pas un territoire où l’on veut que les mines puissent aller jouer. On avait identifié le village alpin, les résidences et le chemin d’accès du Mont-Vidéo pour le territoire incompatible avec l’activité minière en 2017. Là, on est rendu à faire la deuxième mouture et on ajoute des lots, dont la montagne, pour essayer de bonifier la demande. Mais il faut comprendre que le TIAM n’a pas préséance sur tout. Il vient dire qu’à partir du moment où l’entreprise cessera de faire de la prospection sur son claim, il ne pourra plus être transféré et deviendra protégé, explique-t-il.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !