•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des militants déplorent le manque d’accès sécuritaire à des opioïdes

Boite de médicament "hydromorphone".

La Colombie-Britannique affirme que 3329 personnes reçoivent présentement de l’hydromorphone comme alternative sécuritaire aux drogues de rue toxiques et souvent mortelles.

Photo : Radio-Canada / Ashley Burke

Radio-Canada

Un an après l’approbation accélérée d’un approvisionnement sécuritaire d'opioïdes de niveau pharmaceutique en Colombie-Britannique, des militants sont d'avis que le nombre de toxicomanes aidés est toujours trop faible.

En mars 2020, les médecins britanno-colombiens ont reçu le feu vert pour prescrire de l’hydromorphone, un type d'opioïde, aux consommateurs qui vivent une dépendance sévère.

Un an plus tard, 3329 personnes sur un total estimé de 77 000 diagnostiquées avec une dépendance aux opioïdes en Colombie-Britannique reçoivent de l'hydromorphone.

Ce programme a été mis en place de façon accélérée dans la province en 2020, alors que la COVID-19 commençait à avoir un impact significatif.

La pandémie, cumulée à la crise des surdoses qui fait des ravages depuis 2016, signifiait que les autorités sanitaires étaient maintenant aux prises avec deux urgences de santé publique à la fois.

Une femme s'injecte de l'hydromorphone dans une clinique de Vancouver.

La C.-B. estime à 77 000 les Britanno-Colombiens diagnostiqués avec une dépendance aux opioïdes.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Mais alors que les surdoses continuent d’augmenter, tuant pas moins de 5 personnes par jour dans la province selon les derniers chiffres du bureau de la coroner de la Colombie-Britannique, des militants décrient les lacunes du programme d’approvisionnement sécuritaire, officiellement appelé Risk Mitigation Guidance.

Inquiétudes

Le maire de Vancouver Kennedy Stewart affirme que la crise des opioïdes est l’un des plus importants problèmes de santé publique au pays.

Le maire partage les mêmes inquiétudes sur le programme d'approvisionnement sécuritaire d'opioïdes que des militants, médecins et des experts en dépendances :

  • Trop peu de personnes dépendantes aux opioïdes accèdent aux alternatives sécuritaires prescrites
  • Trop peu de médecins prescrivent ces alternatives aux opioïdes de la rue à leurs patients
  • Les médicaments qui peuvent être prescrits ne sont plus aussi puissants que les drogues illégales

Selon le ministère de la Santé mentale et des Dépendances, le nombre de personnes qui reçoivent de l'hydromorphone est passé de 677 à 3329 en un an.

Sur les 77 000 Britanno-Colombiens diagnostiqués avec une dépendance aux opioïdes, 23 000 d’entre eux reçoivent de la méthadone ou suboxone comme traitement. Avec les personnes qui reçoivent maintenant de l’hydromorphone, environ 50 000 personnes seraient toujours sans traitement.

Cri du cœur

Garth Mullins, un militant auprès des consommateurs de drogues, affirme que le nombre de personnes qui ont accès au programme d’aide est insuffisant.

Je connais beaucoup de personnes qui se sont vu refuser l’accès au programme, beaucoup plus que ceux qui ont réussi à être admis.

Une citation de :Garth Mullins, un militant pour les consommateurs de drogues

Plusieurs Britanno-Colombiens ont perdu des amis et de la famille en raison de la crise des surdoses. En 2020, 1716 personnes ont perdu la vie pour cette raison.

Une femme pleure et une autre la console.

Des femmes pleurent durant une cérémonie se remémorant ceux qui sont morts à la suite de la crise des opioïdes en Colombie-Britannique.

Photo : The Canadian Press / DARRYL DYCK

Gath Mullins a lui-même perdu des amis et gens qu'il connaissait à cause des opioïdes. La mort est partout, a-t-il dit cette semaine, en réaction à la dernière mise à jour du coroner.

Le militant confirme que les médecins sont hésitants à prescrire les alternatives sécuritaires et ajoute que l’hydromorphone n’est pas assez puissante pour beaucoup de consommateurs.

Pistes de solution

La Dre Rupi Brar, directrice intérimaire du programme de dépendances à la Régie de la santé Vancouver Coastal affirme qu’il faudrait donner une alternative plus puissante aux consommateurs pour éviter qu’ils se tournent vers les drogues de rue.

Nous devons offrir du fentanyl et de l'héroïne pour que les consommateurs puissent venir chercher leur dose à la clinique de façon sécuritaire.

Une citation de :Dre Rupi Brar, directrice intérimaire du programme de dépendances à la Régie de la santé Vancouver Coastal

La Dre Brar estime que davantage d’éducation des médecins est nécessaire, car beaucoup hésitent à prescrire des opioïdes.

Finalement, les consommateurs et les professionnels de la santé s’entendent pour dire que la décriminalisation des drogues serait bénéfique pour tenter de mettre un frein, ou du moins, ralentir la crise des surdoses.

D’après des informations de Rafferty Baker

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !