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« Dis son nom » fera appel pour défendre son anonymat

Des mains sur un clavier d'ordinateur.

La Cour supérieure oblige les deux administratrices de « Dis son nom » à sortir de l'anonymat.

Photo : iStock

Radio-Canada

Les administratrices de la page Facebook « Dis son nom » annoncent qu’elles feront appel de la décision de la Cour supérieure du Québec, qui les obligeait en février dernier à dévoiler leur identité ainsi que le nom des dénonciateurs à Jean-François Marquis, le plaignant.

Ce Montréalais poursuit en diffamation Dis son nom et lui réclame 50 000 $ en dommages moraux et punitifs pour avoir inclus son nom dans une liste d’abuseurs présumés, alors qu’il se dit innocent.

M. Marquis estime que sa réputation a été salie, et ce, sans que les personnes qui ont contribué à faire circuler son nom se soient identifiées. Il dit aussi ignorer ce qui lui est reproché.

Considérant que les défenderesses entendent spécifiquement démontrer la véracité des reproches formulés par la ou les victimes alléguées de M. Marquis, il est évident que ce dernier doit savoir qui lui reproche quel geste. Lui refuser cette information équivaudrait à le priver de son droit à répondre à la défense, écrivait dans son jugement la juge Katheryne A. Desfossés, le 1er mars dernier.

Les instigatrices avaient 30 jours pour interjeter appel.

L'une des administratrices, l'illustratrice Delphine Bergeron, est sortie de l'anonymat, ce que n'a pas encore fait celle qui se présente avec les initiales A.A.

La seconde instigatrice souhaite absolument conserver son anonymat. Elle se dit victime d’agressions sexuelles et fait valoir qu'elle avait entamé son processus de guérison. Ainsi, elle estime être encore fragile pour agir en public sous sa vraie identité.

L'agression n’aurait toutefois aucun lien avec M. Marquis.

Dans sa décision, la juge Desfossés accorde également au plaignant l’accès aux échanges entre les administratrices de la page à propos des allégations qui le concernent.

Dénonciations

Dans un communiqué, les deux femmes écrivent que "Dis son nom" vise à faciliter la dénonciation pour les victimes d’inconduites sexuelles afin de protéger les victimes potentielles, permettre une prise de conscience sociétale et libérer la parole des victimes. Seul le nom du ou de la présumé.e abuseur.se y est inscrit afin de protéger l’identité de la victime.

Elles ajoutent que depuis trop longtemps, les victimes d’inconduites sexuelles se butent à de nombreuses barrières dans notre société empêchant ainsi la guérison des victimes et l’arrivée de changements significatifs dans notre société. La vague de dénonciation de l’été 2020 démontre qu’il y a encore bien du travail à faire.

Les modératrices indiquent qu’elles ont dû suspendre le traitement des dénonciations sur leurs pages Facebook et Instagram en raison d’un manque de capacité de gestion dû aux procédures judiciaires. D’après elles, plus de 1000 dénonciations sont en attente d’être traitées.

La page Dis son nom a été créée en juillet 2020 dans la foulée du mouvement #MoiAussi pour dénoncer de présumés agresseurs.

C'est au milieu de ces centaines de témoignages dénonçant diverses agressions et inconduites sexuelles qu'ont surgi les noms de personnalités connues, comme Maripier Morin et Julien Lacroix.

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