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Un outil pour se renseigner sur ses droits linguistiques et pour déposer une plainte

François Larocque pose en souriant.

En 2022, François Larocque espère organiser une marche pancanadienne pour repérer les manques en matière de droits linguistiques dans l’espace public.

Photo : Valérie Charbonneau/Université d'Ottawa

Alexia Bille

Le professeur et titulaire de la Chaire de recherche sur le monde francophone, Droits et enjeux linguistiques à l'Université d'Ottawa, François Larocque, a lancé Planctus (Nouvelle fenêtre). Il s’agit d’une application web destinée à renseigner les francophones sur leurs droits linguistiques et à leur permettre de déposer une plainte.

L’idée était de mettre dans la poche de chaque Canadien le moyen de porter plainte immédiatement s’il constate un manquement à ses droits linguistiques, explique M. Larocque.

Planctus est né d’un constat simple de la part du professeur. Lorsque l’on est face à une situation où les droits linguistiques des francophones ne sont pas respectés, on ne sait pas toujours comment signaler le problème.

Je pense que plusieurs plaintes ne sont pas transmises parce que les gens ne savent pas toujours où aller.

Une citation de :François Larocque, professeur à l’Université d’Ottawa et créateur de Planctus.

L’outil propose donc un assistant virtuel qui aide les utilisateurs à déterminer l’autorité auprès de laquelle doit être signalé le manquement.

Pour le moment, il permet de déposer une plainte auprès de 12 autorités à travers le pays telles que :

  • le Commissariat aux langues officielles du Canada
  • le Secrétariat aux affaires francophones du Manitoba
  • la Direction des services en français de la Ville de Winnipeg
  • le Commissariat aux langues officielles du Nouveau-Brunswick
  • l’Ombudsman de l’Ontario, etc.

D’autres régimes linguistiques devraient être ajoutés prochainement, selon François Larocque. Le plus gros manque pour le moment, c'est l’Office québécois de la langue française.

Tous ces régimes ont un mécanisme de réception et de traitement de plaintes. Planctus en facilite la rédaction et la transmission en redirigeant la personne vers le formulaire Internet adéquat, précise M. Larocque.

L’application a été lancée en format Beta il y a deux ans, et le professeur espère qu’avec son lancement officiel elle permettra à de nombreux francophones de faire valoir leurs droits.

À ce jour, on a enregistré 1374 "droits activés", explique M. Larocque. Ça regroupe le nombre de personnes qui ont déposé une plainte et celles qui sont venues se renseigner sur les différents régimes linguistiques au Canada. Il s’agit d’une action tout aussi importante!

L’objectif premier est d'outiller les gens et de leur donner l’information et le pouvoir de revendiquer leurs propres droits linguistiques.

Une citation de :François Larocque

Selon M. Larocque, le fait de déposer plainte est important, car le français est en déclin au pays. Les statistiques le montrent régulièrement, les gens ont l’impression de ne pas avoir le contrôle et se sentent frustrés. L'application est quelque chose de tangible qui leur donne le pouvoir de déposer une plainte.

Planctus, qui signifie battement en latin, est à l’origine du mot plainte. Dans l’esprit de plusieurs personnes, ce mot a une connotation négative, mais une de mes missions dans la vie, c’est de rassurer les gens. Porter plainte, ce n’est pas se lamenter, c’est une affirmation de nos droits! Cela nous offre une plus grande liberté, conclut François Larocque.

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