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Les variants seront dominants au Québec d'ici une semaine, selon l'INSPQ

Une infirmière portant un masque et une visière effectue un prélèvement.

Un homme passe un test de dépistage pour la COVID-19 dans une clinique à Montréal.

Photo : The Canadian Press / Graham Hughes

Laurianne Croteau

Plus de la moitié des cas de COVID-19 enregistrés dans la province seront liés à un variant d'ici début avril, prévoit l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) dans sa plus récente modélisation. Les mesures imposées par la santé publique risquent d’ailleurs d’être insuffisantes pour freiner leur propagation.

L'augmentation des cas de variants [...] signifie que le niveau actuel d'application des mesures de prévention est insuffisant pour contenir leur transmission et maîtriser l'épidémie, du moins jusqu'à ce qu'une très grande proportion de la population québécoise soit vaccinée, a affirmé le Dr Gaston De Serres, médecin épidémiologiste à l'INSPQ, par voie de communiqué.

La façon dont on appliquait les mesures de prévention permettait de réduire les coronavirus historiques, mais on a laissé suffisamment d'espace pour que les variants, eux, soient en croissance ininterrompue.

Une citation de :Dr Gaston De Serres, épidémiologiste à l'INSPQ

La professeure Roxane Borgès Da Silva, de l'École de santé publique de l'Université de Montréal, abonde dans le même sens. Elle s’inquiète en particulier pour les plus jeunes. Nos 20-60 ans ne sont pas vaccinés et c'est aussi une tranche de population pour laquelle on n'a pas d'informations sur les facteurs de risque qui vont les emmener à l'hôpital ou en soins intensifs, souligne-t-elle.

Elle observe aussi que le modèle de contagion a changé : On parle de transmissions qui partent des écoles, qui vont dans les domiciles, puis ensuite dans les milieux de travail. Pour elle, toutes ces tendances font qu'un relâchement des mesures, et notamment le retour des jeunes au secondaire à temps plein, pose problème.

Sur le terrain, le Dr François Marquis, chef de service aux soins intensifs de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, à Montréal, constate que l'âge des patients hospitalisés diminue.

J'ai vu un [...] patient, pas d'antécédents, 50 ans. Toute sa famille est malade [à cause] d'une seule visite qui est passée par chez eux. C'est ça, le nouveau variant.

Une citation de :Dr François Marquis, chef de service aux soins intensifs de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont

Par ailleurs, le Dr Gaston De Serres explique que l’adhésion de la population aux mesures de prévention imposées par la santé publique diminue à un moment où il est plus important que jamais de les appliquer de façon rigoureuse pour réduire l'impact des variants [...] De voir qu’avant même l’ouverture de certaines activités, on n’avait pas le contrôle sur les variants, ça n’augure pas bien pour la suite, ajoute le Dr De Serres.

Interrogé au sujet du soutien de la population, le premier ministre François Legault reconnaît qu'après un an de restrictions, la fatigue a gagné les Québécois. Mais il justifie les récents assouplissements : Pour qu'il y ait de l'adhésion au mesures, il faut qu'elles soient raisonnables.

Une tendance mondiale

Les variants se transmettent environ 40 % plus facilement au Québec, selon la modélisation, ce qui correspond à la tendance de leur progression ailleurs dans le monde.

La province compte présentement plus de 4682 cas cumulatifs de variants qui sont présents dans presque toutes les régions du Québec, selon le Dr Gaston De Serres.

Pour les régions à l'extérieur du Grand Montréal, le nombre de nouveaux cas enregistrés est plus faible, mais les variants sont déjà dominants dans la Capitale-Nationale, où 66 % des nouveaux cas enregistrés jeudi étaient liés aux variants, et Chaudière-Appalaches.

Pour l’instant, c’est le variant britannique qui est le plus présent dans la province, mais les variants, il y en a au Canada, il y en a ailleurs dans le monde, et on pourrait voir ce tableau se modifier au cours des prochains mois, ajoute l'épidémiologiste.

Les chercheurs derrière cette modélisation ont d’ailleurs conclu que le taux de reproduction (Rt) des variants du SRAS-CoV-2 est d’environ 1,31, alors que celui des autres souches du virus est de 0,92. Un Rt supérieur à 1 signifie que l'épidémie est en croissance.

Le taux de reproduction, c'est dépendant de la façon dont les gens appliquent les mesures. Si on réussit à bien les appliquer, on peut espérer garder ce fameux taux de reproduction le plus près possible de 1 et même en dessous de 1, explique le Dr De Serres.

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