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La santé publique fédérale plaide pour « des mesures plus strictes »

Les variants seront dominants et provoqueront une troisième vague si les mesures sanitaires ne sont pas renforcées, selon les projections de l'Agence de la santé publique du Canada.

Theresa Tam parle dans un micro lors d'un point de presse.

Chaque nouveau cas au Canada transmet l'infection à plus d'une personne, ce qui ramène l'épidémie dans une tendance de croissance, selon l'Agence de la santé publique du Canada.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

L'Agence de la santé publique du Canada estime que des mesures sanitaires plus strictes sont nécessaires pour contrôler la hausse rapide des cas de variants.

Si nous assouplissons les mesures sanitaires trop tôt, avant que suffisamment de personnes ne soient vaccinées, l'épidémie reprendra avec la circulation croissante du variant hautement contagieux, a averti la Dre Theresa Tam, administratrice en chef de l'Agence de la santé publique du Canada, en compagnie du Dr Howard Njoo, lors d'un point de presse vendredi.

L'agence de santé fédérale prévoit une forte résurgence de l’épidémie à l’échelle nationale si les variants continuent de se propager et si les mesures de santé publique sont maintenues aux niveaux actuels. Leur modèle prédit que les mesures actuelles canadiennes seront insuffisantes à long terme, faisant valoir l'expérience internationale.

Alors que des assouplissements sanitaires entrent en vigueur ce vendredi au Québec, la Dre Tam et le Dr Njoo rappellent donc l'importance, en ces temps encore incertains, de maintenir les restrictions et fermetures afin d'empêcher une troisième vague.

Les mesures doivent être plus fortes et plus strictes, et maintenues suffisamment longtemps pour supprimer la croissance épidémique des variants. [...] Si les mesures sont renforcées et les précautions individuelles maintenues, l'épidémie devrait atteindre un plateau.

Une citation de :Dre Theresa Tam, Agence de la santé publique du Canada

On peut ouvrir les restaurants à l'extérieur, par exemple, prudemment, lentement, étape par étape, avoir plus de temps entre chaque étape pour [alléger] les mesures, a proposé Theresa Tam. Mais, ce n'est pas le moment [d'alléger] les mesures maintenant, surtout si tu es dans les plus grandes provinces où il y a une augmentation des variants. On a besoin de [faire preuve de] plus de prudence, selon moi, a-t-elle insisté, dans une déclaration qui semblait viser l'Ontario et le Québec.

Plus de jeunes patients

Le nombre de cas quotidien a augmenté de plus de 30 % au cours des deux dernières semaines et une moyenne de 29 décès par jour a été enregistrée au Canada.

Cette augmentation des nouveaux cas de COVID-19 est plus particulièrement observée dans les provinces de l'Ouest et de l'Atlantique. Les régions sanitaires du nord de la Colombie-Britannique, de la Saskatchewan, du Manitoba et certaines parties de l'Ontario sont notamment concernées.

Par ailleurs, les taux d'incidence de la COVID-19 rapportés sont aussi plus élevés chez les jeunes adultes âgés de 20 à 39 ans, selon la santé publique.

La mauvaise nouvelle, c'est que la circulation de la COVID-19 chez des adultes plus jeunes, plus mobiles et socialement connectés présente un risque continu de propagation dans des milieux à haut risque et dans la communauté, affirme la Dre Tam, qui précise également qu'une maladie grave peut être développée à n'importe quel âge.

Vaccination efficace

La couverture vaccinale augmente néanmoins à travers le Canada et les avantages se font d'ores et déjà sentir dans les populations prioritaires à haut risque. Plus de 4,5 millions de doses de vaccin ont été administrées au pays, selon l'agence de santé publique fédérale. Au total, ce sont plus de 11 % des adultes canadiens qui ont reçu au moins une dose de vaccin.

Le nombre et la taille des éclosions dans les établissements de soins de longue durée continuent notamment de diminuer. Des études menées au Québec, en Colombie-Britannique et en Ontario ont montré une grande efficacité du vaccin et une réduction significative des maladies symptomatiques et des conséquences graves chez les résidents de ces établissements après l'administration d'une seule dose.

En ce qui concerne les territoires et communautés autochtones, qui ont été parmi les premiers à recevoir les vaccins, on a également réussi à limiter l'introduction et la propagation au début de la pandémie. Plus de 60 % des adultes ont reçu au moins une dose du vaccin.

Des données incomplètes

L'échange de données entre l'Agence de la santé publique du Canada et les provinces est par ailleurs toujours problématique, un an après le début de la pandémie. Pour preuve, l'Agence a été incapable de dresser le portrait complet du nombre et de la proportion de cas de variants dans les différentes régions au Canada lors de leur point de presse vendredi.

La diapositive qui devait montrer la progression des variants au pays était incomplète, le Québec et la Saskatchewan ayant été exclus de cette analyse. Questionnée à ce sujet, l'administratrice en chef de la santé publique a reconnu qu'il y avait encore des défis avec les provinces pour obtenir des données standardisées sur l'évolution de la pandémie.

Il s'agit de l'un des défis relevés par la vérificatrice générale du Canada, Karen Hogan, qui s'est penchée sur le niveau de préparation de l'Agence au début de la pandémie. Dans son rapport, dévoilé jeudi, Mme Hogan faisait état de problèmes de longue date au sujet de la communication avec les provinces et territoires, ce qui a empêché d'obtenir un portrait complet de la pandémie à l'échelle du pays.

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