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Budget 2021 : quelques bonnes nouvelles et plusieurs déceptions dans l'Est-du-Québec

Des campeurs marchent autour de leurs véhicules stationnés sur une plage.

Si le tourisme et les transports sont bien servis, le budget 2021 déçoit les ressources pour femmes (archives).

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Radio-Canada

Les réactions sont partagées quant au budget 2021 présenté jeudi par le ministre des Finances, Eric Girard; il comprend peu de mesures spécifiques à l’Est-du-Québec.

Alors que les féminicides sont au cœur de l'actualité, la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes (FMHF) se dit déçue et inquiète à la suite de l'annonce du budget 2021 du gouvernement de François Legault.

Le budget comprend 22,5 millions de dollars sur cinq ans pour l'ensemble des maisons d'hébergement de la province, ce qui se traduit par une somme de 4,5 millions cette année.

C'est une grande déception puisque le besoin de consolidation était de 45 M$, indique la co-porte-parole de l’Alliance gaspésienne des maisons d’aide et d’hébergement et directrice de la maison L'Émergence de Maria, Nancy Gough.

« On nous annonce 4,5 M$, ce qui représente à peine 10 % des besoins exprimés et documentés. »

— Une citation de  Nancy Gough, co-porte-parole de l’Alliance gaspésienne des maisons d’aide et d’hébergement

Alors que le Québec a déjà connu sept féminicides en sept semaines en 2021, la Fédération des maisons d'hébergement pour femmes rappelle que les maisons d'hébergement doivent refuser près de 1000 demandes d’hébergement chaque année, faute de place.

Et on sait que les statistiques connues ne sont que la pointe de l'iceberg, puisque ce sont les dossiers recensés par la sécurité publique. Donc, on peut considérer qu'une infime partie des situations de violence conjugale sont mises en lumière publiquement, ajoute Mme Gough.

De son côté, la coordonnatrice de la Maison d'hébergement La Débrouille de Rimouski, Geneviève Lévesque, dit qu'il y a augmentation des demandes d'aide même dans une ville comme Rimouski.

« Sept féminicides dans les sept dernières semaines, ça fait 14 enfants qui sont orphelins. Puis on voit que ça bouge pas tant que ça encore. On aurait espéré un peu plus de la part du gouvernement pour nous aider. »

— Une citation de  Geneviève Lévesque, coordonnatrice de la Maison d'hébergement La Débrouille de Rimouski

De bonnes nouvelles pour La Mitis

De son côté, le préfet de la MRC de La Mitis, Bruno Paradis, se dit très satisfait du budget 2021, notamment de la décision du gouvernement de reporter l'équilibre budgétaire à 2027-2028 en raison de la pandémie.

Pour ce qui est des enveloppes touchant particulièrement sa région, il cite le crédit d'impôt relatif à l'investissement et à l'innovation.

Surtout pour les Municipalité régionale de comté de La Mitis, de La Matapédia et de La Matanie, qui peuvent aller chercher jusqu'à 16 % pour les entrepreneurs, c'est un crédit d'impôt extrêmement intéressant, affirme-t-il.

Bruno Paradis se tient devant l'aéroport de Mont-Joli.

Bruno Paradis est maire de Price, préfet de la MRC de La Mitis et président de la Régie intermunicipale de l’aéroport régional de Mont-Joli (archives).

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Le préfet se réjouit également des sommes annoncées pour soutenir le tourisme, qui pourraient profiter au projet d'acquisition du Mont-Comi par la Municipalité régionale de comté de La Mitis.

Sur le plan du tourisme durable, on parle de 25,5 M$ entre autres pour des stations de ski. Je ne vous cacherai pas que, si les élus veulent aller de l'avant avec le projet du Mont-Comi, ça pourrait bien fitter dans ce programme-là, avance-t-il.

Trop peu pour le logement et les infrastructures

M. Paradis admet cependant qu'il aurait souhaité voir davantage d'argent octroyé à la création de logements sociaux.

Le budget 2021 prévoit la construction de 500 nouveaux logements sociaux dans l'ensemble de la province, alors que les besoins s'élèvent à près de 1500 logements pour la région de Montréal seulement.

C'est sûr qu'on va regarder du côté de nos municipalités s'il n'y a pas moyen de mettre en place un projet pour construire au moins certains appartements, indique M. Paradis.

Autre déception : le prolongement de l'autoroute 20 entre Notre-Dame-des-Neiges et le district du Bic, réclamé depuis des années par plusieurs élus, dont le maire de Rimouski, n'est toujours pas mis à l'étude au Plan québécois des infrastructures (PQI).

Une pancarte indique la direction à prendre pour emprunter l'autoroute 20 vers Rivière-du-Loup.

Attendu depuis des années, le prolongement de l'autoroute 20 entre Notre-Dame-des-Neiges et Le Bic n'est pas sur le point de se réaliser. L'inscription du projet au PQI constitue la première étape à franchir en vue de sa réalisation (archives).

Photo : Radio-Canada

[C'est important] principalement pour des raisons de sécurité. On se rappelle qu'il y a deux ans il y avait eu une grande tempête de neige et on avait été isolés pendant deux jours. Ça avait causé certains problèmes, donc il va falloir éventuellement que l'autoroute 20 revienne dans les priorités du gouvernement, estime M. Paradis.

C'est une grosse déception, ajoute pour sa part le président de la Chambre de commerce et de l'industrie de Rimouski-Neigette, Guillaume Sirois.

« M. Legault avait fait une promesse pour ce qui est du retour de l'autoroute 20 au niveau du PQI. Il avait dit que ça allait être durant son mandat. Donc, il lui reste une chance l'an prochain de vraiment passer de la parole aux actes. »

— Une citation de  Guillaume Sirois, président de la Chambre de commerce et de l'industrie de Rimouski-Neigette

On met nos espoirs pour que l'an prochain M. Legault respecte son engagement, insiste M. Sirois.

À la rescousse des aéroports régionaux

Par ailleurs, M. Paradis se réjouit de l'enveloppe de 100 M$ annoncée cette semaine pour le transport aérien.

On a accueilli ça avec un grand sourire parce qu'on pense à se remettre en mode développement, affirme-t-il.

On a fait part au gouvernement des pertes financières de l'aéroport de Mont-Joli. De mémoire, on avait plus de 900 000 $ de pertes nettes. L'aéroport n'a eu aucune aide, mais a dû continuer ses services, entre autres près de deux transports en avion-ambulance par jour, souligne le préfet.

Guillaume Sirois salue lui aussi les investissements prévus pour le transport aérien et le transport par autocar, de même que pour le tourisme. Il estime toutefois que des sommes plus importantes auraient pu être allouées pour contrer la pénurie de main-d'œuvre.

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