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Des chefs autochtones interpellent les gouvernements pour réformer la police

Une autopatrouille de la GRC.

Des chefs autochtones réclameront vendredi des actions concrètes pour mettre fin au racisme policier.

Photo : Radio-Canada / CBC

Geneviève Normand

Des chefs autochtones s’impatientent et s'apprêtent à faire une sortie publique pour exiger des changements profonds et immédiats à la façon dont les Autochtones au pays sont traités par la police. Ils interpelleront les gouvernements pour réformer la GRC et réclameront des actions concrètes pour mettre fin au racisme policier.

L’annonce sera faite à Edmonton vendredi par le grand chef et des chefs du Traité numéro 8, un traité numéroté dans l’Ouest canadien qui regroupe 40 Premières Nations et dont le territoire s’étend du nord de la Saskatchewan au nord-est de la Colombie-Britannique et au sud des Territoires du Nord-Ouest.

Les leaders se sont réunis dans la capitale albertaine jeudi pour préparer cette sortie publique qui survient un an après l’arrestation brutale du chef de la Première Nation chipewyanne d’Athabasca Allan Adam par un policier et quelques jours après le dépôt du rapport de la Commission civile d'examen et de traitement des plaintes (CCETP) relatives à la GRC dans l’affaire Colten Boushie, en Saskatchewan.

Plus tôt cette semaine, la commissaire de la GRC Brenda Lucki a dit reconnaître, à la suite de ce rapport, que la police fédérale a fait preuve de discrimination raciale envers la mère du jeune Autochtone de 22 ans tué en 2016. Un ou plusieurs officiers ont notamment senti l’haleine de Debbie Baptiste pour vérifier sa sobriété au moment de l’informer de la mort de son fils.

L’affaire Colten Boushie fait rougir de colère les Autochtones dans les Prairies depuis sa mort. Si les circonstances avaient été différentes et qu’un jeune blanc s’était fait tirer dessus par un fermier autochtone, quel aurait été le processus? s’insurge au bout du fil le grand chef du Traité numéro 8, Arthur Noskey.

Si le système de justice est inadéquat, alors que font les gouvernements provincial et fédéral pour corriger la situation?

Une citation de :Arthur Noskey, grand chef du Traité numéro 8

La confiance des Autochtones à l’égard de la police est à ce point effritée que lui et les chefs des communautés songent à instaurer leur propre corps policier. Le Traité numéro 8 est en train de regarder pour se doter d’un service de police, explique M. Noskey, et nous regardons possiblement pour notre propre système de justice.

La brutalité policière à l’égard des Autochtones a fait plusieurs fois les manchettes au cours de la dernière année, et le grand chef estime que le phénomène empire. Plus on en parle, dit-il, plus ça semble tomber dans l’oreille d’un sourd.

Le chef est dehors, il semble être en train de parler.

Le chef Allan Adam participera à la conférence de presse prévue vendredi à Edmonton.

Photo :  CBC / Raffy Boudjikanian

À ses côtés sera entre autres le chef de la Première Nation chipewyanne d’Athabasca, Allan Adam, qui a eu le visage tuméfié par un policier en mars 2020 au moment de son arrestation.

La scène, filmée par une caméra du tableau de bord du véhicule de la GRC, montre un agent se projetant sur lui, le plaquant au sol et lui donnant des coups de poing à la tête.

Lorsque vous êtes Autochtone, affirme Allan Adam dans une déclaration écrite, la GRC vous traite de la même façon. Que vous soyez la mère d’une victime qui apprend la mort de son enfant, comme la mère de Colten Boushie, ou que vous soyez quelqu'un accusé à tort, comme moi, le traitement de la GRC est le même : irrespectueux, cruel et raciste.

Plusieurs chefs doivent prendre part à une conférence de presse virtuelle en milieu de journée. S’ils ne prennent pas tous la parole, le grand chef Noskey assure qu’il parlera au nom des 40 communautés. Tous les chefs du Traité numéro 8 sont unis et se soutiennent, a-t-il précisé.

Le drapeau du traité no 8 avec le drapeau du Canada.

Le Traité numéro 8 est une entente signée en 1899 entre des Premières Nations de l’Ouest canadien et la couronne britannique. Son drapeau est ici installé aux côtés des drapeaux canadien et albertain à Fort Chipewyan, en Alberta.

Photo : Radio-Canada / Geneviève Normand

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