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Vers un moratoire sur les programmes universitaires en français?

L’Université Laurentienne est en processus de restructuration jusqu’au 30 avril. Plusieurs s’inquiètent de l’avenir des programmes en français dans le Nord de l’Ontario.

Un homme qui porte des lunettes

Denis Constantineau, porte-parole de la Coalition nord-ontarienne pour une université francophone, propose l'instauration d'un moratoire sur les programmes en français. (Archives)

Photo : Radio-Canada

Depuis l’annonce du processus de restructuration de l’Université Laurentienne, les demandes pour une université par et pour les francophones se sont multipliées.

Même si les moyens divergent, les différents regroupements francophones s’entendent sur la mise en place d’un moratoire pour financer les programmes universitaires en français le temps de bâtir une université francophone 2.0.

L'idée a été amenée par la Coalition nord-ontarienne pour une université francophone lors d'une table ronde à l'émission Jonction 11-17. Ce regroupement souhaite consulter la communauté pour définir un projet conforme aux besoins des francophones.

On propose un moratoire sur une période d’un an où le gouvernement viendra financer les programmes en français, indépendamment du processus de restructuration à l'Université Laurentienne, explique le porte-parole de la coalition Denis Constantineau au micro d'Éric Robitaille.

Dans le cadre de son processus de restructuration, l'Université bilingue revoit son offre de cours. Des membres de la communauté francophone craignent que des programmes de langue française disparaissent.

Si on veut une offre bonifiée de nos programmes en français, il faut commencer par ne rien perdre.

Une citation de :Denis Constantineau, porte-parole, Coalition nord-ontarienne pour une université francophone

Durant ce moratoire, la Coalition propose d'instaurer une commission visant à étudier les besoins de la communauté francophone avec comme point de départ une université francophone dans le Nord de l'Ontario.

Établir une université francophone est un projet sur le long terme, souligne M. Constantineau. On est en train de planifier l’université francophone dans le Nord pour les 50 prochaines années, ajoute-t-il.

Un rêve « depuis des générations »

Plus tôt ce mois-ci, l'Université de Sudbury et l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO) ont uni leurs forces pour créer une nouvelle université 100 % francophone.

C’est un rêve qui est dans la communauté francophone depuis des générations et la situation de la Laurentienne inquiète sur l’avenir de l’enseignement en français, note le recteur de l’Université de Sudbury, John Meehan.

Un moratoire donnerait [le temps] à la communauté de mettre en place des programmes qui lui correspondent, soutient M. Meehan.

John Meehan en veston-cravate.

John Meehan, recteur et vice-chancelier de l’Université de Sudbury

Photo : Université du Sudbury

Le gouvernement de l'Ontario ne s’est pas encore prononcé sur l’idée d’un moratoire sur les programmes universitaires en français dans le Nord, mais selon le président de l'AFO, Carol Jolin, les deux paliers de gouvernements sont ouverts à une université francophone.

[L'Université de Sudbury] ne ferme pas la porte à des partenariats que ce soit avec l’Université de Hearst ou l’Université de l’Ontario Français, ajoute-t-il.

Autonomie francophone

Le Regroupement des professeur.e.s francophones de l’Université Laurentienne a annoncé plus tôt au mois de mars vouloir une gouvernance par et pour les francophones.

La structure bilingue de l’Université Laurentienne marginalise les francophones et les rend minoritaires partout.

Une citation de :Joel Belliveau, membre du Regroupement des professeur.e.s francophones de l’Université Laurentienne

L’association est ouverte à plusieurs propositions.

Est-ce que ce sera [avec] le projet de l’Université de Sudbury? Est-ce que l’Université Laurentienne va prendre la balle au bond en faisant une contre-proposition?, interroge le professeur Joel Belliveau. Si jamais il n’y a rien qui s’en vient, il faudra peut-être qu’on prenne une position plus formellement.

Portrait de Joel Belliveau.

Joel Belliveau est professeur agrégé au Département d'histoire de l'Université Laurentienne

Photo : Joel Belliveau

Le professeur Thierry Bissonnette, membre du regroupement, rappelle que l’Université Laurentienne n’a plus de vice-recteur aux affaires francophones depuis quelques semaines.

Les trois regroupements imaginent des manières de préserver et bonifier les programmes universitaires en français. Toutefois, tous s’entendent sur le besoin d’une entité par et pour les francophones.

Ce ne sont pas trois projets, ce n’est qu’un seul projet : celui d’une université francophone dans le Nord de l’Ontario, conclut le président du conseil des régents de l’Université de Sudbury, Pierre Riopel.

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