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Analyse

De la pandémie au rendez-vous électoral

Le ministre des Finances Eric Girard et le premier ministre François Legault.

Après trois budgets, le ministre des Finances Eric Girard, ici applaudi par le premier ministre François Legault, montre qu'il a un bon sens politique.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

On dit que la grande habileté est de savoir cacher son habileté. Visiblement, le ministre des Finances du Québec, Eric Girard, sait jouer à ce jeu. Il s’est gardé une belle marge de manœuvre et le coût politique de son budget pandémique, à court et à moyen terme, s’avère en pratique presque nul.

Ainsi, le budget qu’a présenté jeudi le ministre nous mène tout droit au rendez-vous électoral de 2022, sans trop de heurts. M. Girard limite d’emblée son enthousiasme en fixant la croissance économique à 4,2 %, bien en deçà du 6 % que prévoit Desjardins.

Personne ne lui reprochera son excès de prudence, puisque la pandémie a été dure pour tout le monde et, surtout, qu’elle n’est pas terminée. Le gouvernement envoie aussi le signal qu’il restera prudent jusqu’au retour du plein emploi qu’il prévoit, le hasard faisant bien les choses, après les élections de 2022.

L’équilibre budgétaire

Le retour à l’équilibre budgétaire sur une période de sept ans comporte une certaine part de mystère. Encore une fois, c'est après l'échéance électorale que l’on saura comment le ministre des Finances entend combler le déficit structurel.

La pandémie a obligé le gouvernement à investir rapidement, notamment pour l’embauche de préposés aux bénéficiaires et de gestionnaires dans les CHSLD. Québec sait qu’Ottawa ne répondra pas à l’ensemble de ses demandes de transferts en santé.

M. Girard entend notamment miser sur la croissance économique, mais le recours aux compressions ou aux mesures austères pourrait très bien être une option. Le ministre prévoit d’ailleurs, dès 2023, un ralentissement de la croissance des dépenses. C’est un classique de sabrer dans les budgets des ministères en début de mandat.

Investir dans les grandes missions de l’État

Cela dit, le budget, dans l’ensemble, se veut rassurant. La pandémie a mis en lumière les lacunes importantes du système de santé, et ce, à tous les niveaux : infrastructures, soins en CHSLD et soins à domicile, sans compter les interminables listes d’attente en chirurgie et en santé mentale. Elle a aussi créé de nouveaux besoins en éducation : rattrapage scolaire, tutorat et lutte contre le décrochage scolaire. Ainsi, 65 % de la croissance des dépenses se concentre sur ces deux pôles.

Québec modère les attentes en sachant bien que l’économie, à la base en santé, pourrait rebondir plus rapidement que prévu. Cela pourrait permettre au ministre, en bon gestionnaire, de distribuer quelques bonbons électoraux dans le prochain budget.

Visiblement, après le dépôt de trois budgets, le ministre Eric Girard démontre qu’il a un bon sens politique : c’est un budget habile, qui prépare le terrain pour le rendez-vous électoral de 2022.

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