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Référendums et élections municipales 2021 : trop de votes en même temps?

Une dame glisse une enveloppe dans une urne pour voter pour le nouveau chef du Parti progressiste-conservateur de l'Alberta.

Les élections municipales d'octobre serviront aussi à permettre d'autres votes, notamment un référendum.

Photo : Radio-Canada / Laurent Pirot

Le premier ministre albertain, Jason Kenney, a indiqué mercredi qu'il pourrait poser une question référendaire sur la fin du changement d’heure à la population en octobre. Cela se tiendrait en même temps que les élections municipales, sénatoriales et scolaires, ainsi qu’un référendum sur le principe de la péréquation. Cette accumulation de votes nuira-t-elle au débat public?

Le premier ministre a aussi indiqué que son gouvernement évaluait la possibilité de créer un fonds de pension albertain et un corps de police provincial, des idées qui pourraient faire l’objet d’un référendum. Son parti avait aussi promis que la création d’une nouvelle taxe carbone devrait aussi être soumise au vote populaire.

Le politologue Frédéric Boily, du Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta, croit qu’avec autant de questions importantes sur lesquelles voter en même temps il existe un danger de diluer les enjeux.

En principe, une question référendaire n’est pas posée à répétition. Elle est supposée être particulièrement importante, explique-t-il.

Si on multiplie les questions référendaires, cela peut avoir un effet de dilution, et les enjeux ne seront pas adéquatement compris par les électeurs.

Une citation de :Frédéric Boily, politologue au Campus Saint-Jean de l'Université de l'Alberta

Le politologue Jared Wesley, de l’Université de l’Alberta, estime quant à lui que le gouvernement albertain connaît déjà la réponse aux référendums sur la péréquation et la fin du changement d’heure. Cela devient donc plus symbolique de l’approche du gouvernement sur la consultation des Albertains. C’est performatif, juge-t-il.

Jared Wesley estime que le fait d’utiliser des référendums à répétition donne un énorme poids à la voix de la majorité, alors qu’un gouvernement doit équilibrer celle-ci avec d’autres considérations, comme les conséquences économiques et l’avis d’experts.

Cela peut mener à fuir ses responsabilités de prendre une décision difficile au nom de tous les Albertains, croit-il.

Un référendum contre-productif?

Les deux politologues croient que ces nombreux référendums peuvent même devenir contre-productifs, si le taux de participation est bas ou que les résultats sont serrés, car cela peut miner la légitimité du processus référendaire.

Le risque, c’est de créer une impulsion populaire qu’ils ne peuvent pas contrôler.

Une citation de :Jared Wesley, politologue à l'Université de l'Alberta

Les deux politologues citent l'exemple du référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Le premier ministre britannique David Cameron a posé une question qu’il croyait claire. Il croyait qu’il connaissait la réponse, mais il a eu tort, et cela a eu des conséquences majeures, dit Jared Wesley.

La chef néo-démocrate Rachel Notley estime quant à elle que, bien que ces votes soient tous importants, le premier ministre semble essayer de dévier l’attention du fait qu’il n’ait pas réussi à redonner des emplois aux Albertains comme il l’avait promis en campagne électorale.

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