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Violence conjugale : les mots de Legault ne valent rien, accuse Labrie

Le Québec rapporte sept féminicides survenus au cours des sept dernières semaines.

Christine Labrie

Christine Labrie, députée de Québec solidaire.

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

Contrairement à ce qu'elle prétend, la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault ne traite pas les dossiers qui concernent la condition féminine en priorité. C'est ce qu'a déclaré en entrevue jeudi la députée Christine Labrie, de Québec solidaire (QS), qui a mentionné trois événements récents pour étayer son propos.

Le Québec rapporte sept féminicides survenus au cours des sept dernières semaines. Dans le passé, on en comptait en moyenne une douzaine par année.

À l'Assemblée nationale, le gouvernement fait semblant que ça le préoccupe, mais il ne passe pas à l'action, a-t-elle accusé.

Il a bloqué deux motions cette semaine, la première étant celle de la députée indépendante Catherine Fournier, qui visait à hausser le financement des ressources pour les hommes violents qui ont besoin d'aide.

La deuxième motion, présentée par QS, demandait à Québec de mettre en œuvre deux recommandations du rapport sur l'accompagnement des victimes d'agressions sexuelles et de violence conjugale.

Plus spécifiquement, cette motion réclamait la création d'un secrétariat voué exclusivement à coordonner toute l'action gouvernementale en matière de lutte contre les violences sexuelles et conjugales.

Le gouvernement a refusé d'en débattre, alors que la veille, le premier ministre s'était engagé à appliquer les 190 recommandations du rapport.

« Le premier ministre a trahi sa parole. Ce que ça nous dit, c'est que ses mots ne valent rien, ses mots ne changent rien. »

— Une citation de  Christine Labrie, députée de Québec solidaire

Je ne lui fais plus confiance du tout et je lui demande de revenir sur les erreurs qu'il a commises dans les derniers jours en refusant de s'engager à passer à l'action.

Des ministres se font rassurantes

Mercredi, deux ministres, Geneviève Guilbault (Sécurité publique) et Isabelle Charest (Condition féminine), ont invité les femmes victimes de violence à ne pas hésiter à demander de l'aide.

Elles ont dit que si plus de moyens financiers sont nécessaires, on va mettre plus de moyens.

La ministre en conférence de presse.

La ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Toutefois, leur message survient au moment même où le réseau des maisons d'hébergement des femmes victimes de violence conjugale se plaint d'un sous-financement chronique.

Des 24 millions de dollars promis par Québec au réseau en mars 2020, la grande majorité des régions (15 sur 17) attendent encore le chèque un an plus tard.

Mme Charest a déclaré mercredi que seulement deux régions n'avaient pas encore reçu le financement attendu, une affirmation qui a été plus tard démentie par la Fédération des maisons d'hébergement.

La ministre Charest démontre là sa méconnaissance du dossier, affirme Christine Labrie.

« La ministre de la Condition féminine ne sait même pas que l'argent n'est pas rendu! »

— Une citation de  Christine Labrie, députée de Québec solidaire

Ça montre à quel point le suivi est déficient sur ce dossier-là, a-t-elle ajouté. À un moment donné, ça va faire de parler puis de ne rien faire. Ça va faire de parler puis de dire le contraire le lendemain, déclare-t-elle.

Violences sexuelles et décrochage

Troisième événement : le ministre de l'Éducation a admis mardi, en étude des crédits, qu'il n'avait pas encore mesuré l'impact des violences sexuelles sur le décrochage scolaire, comme promis en août.

Le ministre Roberge en conférence de presse.

Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Le 18 août, Jean-François Roberge s'était formellement engagé à commander une étude sur le sujet, après que QS lui eut soumis que la majorité des agressions sexuelles survenaient chez des mineurs.

Selon Mme Labrie, l'école doit jouer un rôle plus important en matière de prévention et d'intervention en matière de violences sexuelles. De nombreuses victimes ont quitté l'école, souligne-t-elle.

Mardi, le ministre a réitéré son engagement, avec un bémol. Beaucoup de ressources qui normalement sont affectées à des demandes et à des études ont été vraiment mobilisées pour faire face à l'urgence sanitaire, a-t-il plaidé.

Mme Labrie rétorque que l'engagement a été pris en toute connaissance de cause, en pleine pandémie.

Ça ne semblait pas le déranger à ce moment-là. De toute façon [...], le mandat peut tout à fait être confié à des chercheurs à l'externe. Donc, selon moi, ce n'est pas une raison pour ne pas avoir procédé.

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