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Un retour à l’équilibre budgétaire dans sept ans au Québec

Les deux hommes tiennent des exemplaires du budget.

Le ministre des Finances du Québec, Eric Girard, et le premier ministre, François Legault, avant le dépôt du budget

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Avec son troisième budget du Québec, le ministre des Finances prévoit réaliser « chaque chose en son temps » pour se relever du « choc historique » de la dernière année. Eric Girard se donne deux ans pour commencer à résorber un déficit structurel de 6 à 7 milliards de dollars; il misera sur des investissements en santé et en éducation cette année.

Le retour au déficit zéro est désormais prévu en 2027-2028, donc dans sept ans et non dans cinq, comme le prévoit la Loi sur l'équilibre budgétaire. Le gouvernement Legault devra faire adopter un projet de loi pour suspendre temporairement cette contrainte afin d’éviter de nuire aux services aux Québécois et à la reprise durable de la croissance de l’économie.

Les efforts qui devront être consentis pour mieux maîtriser les dépenses viendront donc après l’échéancier électoral de 2022.

Comme prévu, le déficit atteindra 15 milliards de dollars pour l’année 2020-2021, après un versement de 3 milliards au Fonds des générations. Il diminuera progressivement à 12,3 milliards cette année et à 8,5 milliards en 2022-2023. Sans le versement au Fonds des générations, destiné à réduire le fardeau de la dette, l’équilibre serait atteint en cinq ans, mais il en va de l’équité intergénérationnelle, selon le ministre.

Quant au poids de la dette nette, à 45 % du produit intérieur brut, il le juge sous contrôle.

Eric Girard conserve une certaine marge de manœuvre avec une prévision prudente, voire sous-estimée, de la croissance économique en 2021, de 4,2 %. En effet, avec une économie en mode rattrapage au cours des prochains mois, la moyenne des prévisions du secteur privé est d’environ 5 %.

Le Québec devrait retrouver le plein emploi dans deux ans et le niveau d’activité économique qui prévalait avant la pandémie d’ici la fin de l’année 2021.

Une citation de :Eric Girard, ministre des Finances du Québec

La santé et l’éducation : deux priorités

Le plan budgétaire, intitulé Un Québec résilient et confiant, table sur 5,2 milliards de dollars de nouvelles dépenses. Il mise sur une croissance des dépenses de 5,8 % en santé, après une croissance similaire l’année dernière.

Une somme de 2,7 milliards de dollars est prévue pour, entre autres, reconnaître les efforts des travailleurs de la santé, améliorer de manière durable les soins de santé et à domicile, pérenniser l’offre de services dans les résidences privées pour aînés et bonifier le crédit d’impôt remboursable pour maintien à domicile des aînés.

Au total, la pandémie aura entraîné des coûts de 8,9 milliards de dollars sur une période de deux ans pour le réseau de la santé.

En éducation, le gouvernement s’emploiera à soutenir davantage la réussite scolaire, après une dernière année difficile pour les jeunes. Cette année, l’augmentation des dépenses de 793 millions servira notamment à mettre en place des mesures d’encadrement pédagogique spécialisé et une stratégie visant à valoriser et à mobiliser le personnel du réseau scolaire.

L’enseignement supérieur ne sera pas en reste, avec plus de 700 millions de dollars d'augmentation par rapport à l’an dernier. Les étudiants à temps plein au collégial et à l’université se réjouiront de recevoir un montant forfaitaire de 100 $ pour chacune des sessions d’automne 2020 et d’hiver 2021, ainsi que de la suspension des intérêts sur les prêts étudiants pour un an.

Priorité à la relance, équilibre budgétaire repoussé

Des investissements dans l’économie

Pour retrouver le plein potentiel de l’économie d’ici 2025, Québec prévoit injecter 4 milliards de dollars sur cinq ans pour stimuler l’investissement et la productivité des entreprises. De cette somme, il faut prévoir 1,2 milliard de dollars, déjà annoncés en grande partie, pour rendre accessible Internet haute vitesse sur l’ensemble du territoire d’ici la fin de 2022.

Le Plan québécois des infrastructures, qui s’échelonne sur dix ans, passera de 130 à 135 milliards de dollars. Près de 60 % des investissements sont attendus d’ici 2025-2026.

Différentes mesures fiscales sont envisagées, comme la réduction de 4 % à 3,2 % du taux d’imposition sur le revenu des petites et moyennes entreprises à compter d’avril, ainsi que le doublement de 15 % à 30 % du taux de crédit d’impôt pour l’acquisition de nouvelles technologies jusqu’à la fin de 2022.

Des sommes supplémentaires de 400 millions de dollars sur cinq ans sont aussi prévues pour réorienter des travailleurs actuellement au chômage vers des secteurs où les besoins sont criants, comme les technologies de l’information et la construction, et mieux intégrer les immigrants au marché du travail.

Autres mesures additionnelles sur cinq ans :

  • 408 millions $ pour accélérer la construction de 5000 logements sociaux et en créer 500 nouveaux;
  • 214 millions $ pour relancer le milieu culturel, 64 millions $ pour préserver le patrimoine immobilier et 104 millions $ pour la réforme de la Charte de la langue française;
  • 204 millions $ pour aider les établissements d’hébergement et soutenir les destinations touristiques, dont la poursuite du rabais de 50 % sur la carte annuelle de la Sépaq, et la relance des centres-villes;
  • 116 millions $ pour créer de nouvelles places en garderies subventionnées;
  • 22,5 millions $ pour rehausser les services aux femmes victimes de violence conjugale;
  • 1,8 milliard $ de revenus additionnels grâce à la perception de la TVQ sur les biens en provenance de l’étranger.

Des transferts fédéraux attendus

Pour réaliser ses engagements et l’atteinte de l’équilibre budgétaire, le ministre des Finances compte sur quatre grands principes : ne pas alourdir le fardeau fiscal, arrimer la croissance des dépenses à celle des revenus, espérer une accélération de la croissance économique et obtenir une augmentation des transferts fédéraux en santé. Eric Girard refuse toutefois d’y attacher des objectifs financiers.

Budget du Québec : entrevue avec le ministre des Finances

Si l’économie est plus forte, on aura moins besoin des autres éléments, a-t-il expliqué en conférence de presse. C’est tout de même 1,3 milliard de dollars par année pendant cinq ans qu’il devra trouver à compter de 2023-2024 pour mettre fin au déficit structurel.

M. Girard exclut de son cadre financier les sommes qui pourraient venir d’un rehaussement des transferts fédéraux en santé de 22 % à 35 %, sommes qui représenteraient 6 milliards de dollars annuellement. Pourtant, il insiste pour dire que le Québec aura besoin que le gouvernement fédéral fasse sa juste part et qu’il la fasse sans conditions.

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