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Budget provincial : trop peu pour le logement abordable, déplore le maire de Gatineau

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, pendant une conférence de presse.

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Même s’il accueille favorablement le budget 2021-2022, dévoilé jeudi par le gouvernement du Québec, le maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin déplore que la province prévoie la construction d’à peine 500 nouvelles unités financées de logement abordable.

Le plan qui table sur 5,2 milliards de dollars de nouvelles dépenses mise essentiellement sur la santé, l’éducation et l’économie pour aider la province à récupérer des contrecoups de la pandémie.

Parmi les dépenses annoncées, une enveloppe de 408 millions de dollars visera à accélérer la construction de 5000 logements sociaux et d’en ériger 500 nouveaux dans l’ensemble du Québec.

Selon Maxime Pedneaud-Jobin, l’accélération des projets en cours répond à un besoin immédiat, mais à long terme, le besoin à Gatineau est tel que même si on y construisait toutes ces 500 unités additionnelles, l’impact sur la crise du logement serait à peu près insignifiant.

À court terme, c’est bon, ça va nous permettre de faire un pas en avant important, mais la bataille, disons, avec les autres gouvernements pour qu’il y ait des nouvelles unités financées, elle va devoir continuer parce que 500 pour le Québec, ce n’est pas assez, a-t-il réagi.

Un accueil généralement positif

Globalement, le maire s’est dit toutefois satisfait du budget provincial.

Alors que Québec a reconnu le sous-financement de l’Outaouais en santé, en éducation supérieure et en culture, ce plan est en adéquation avec les priorités de la région, a-t-il commenté.

Il a notamment salué l’injection de 20 millions de dollars additionnels sur deux ans pour le programme Rénovation Québec, qui aide les municipalités à se doter de programmes pour rénover des logements dans des secteurs dégradés, le maintien d’investissements massifs en transport collectif et la prolongation jusqu’en 2031 du Programme de soutien au milieu municipal en patrimoine immobilier, avec 47,6 millions de dollars.

La relance des centres-villes et le démarrage des premières zones d’innovation reçoivent respectivement 25 et 20 millions de dollars, a-t-il aussi souligné.

Des investissements déjà annoncés, selon le SEO

Du côté du secteur de l’éducation, dont le ministre des Finances, Eric Girard, a fait une priorité de son budget, la présidente du Syndicat des enseignants de l'Outaouais (SEO), Suzanne Tremblay, se dit malgré tout déçue.

Elle ne voit pas beaucoup d'argent frais, dans les sommes présentées. Les 170 millions pour appuyer les élèves et le tutorat avaient déjà été annoncés, dit-elle.

Elle croit qu'il faudra plus que les 70 millions de dollars prévus pour les cinq prochaines années pour valoriser la profession des enseignants, qui ont surtout besoin de meilleures conditions de travail et de meilleurs salaires.

Suzanne Tremblay porte des boucles d'oreille et un collier

Suzanne Tremblay est la présidente du Syndicat de l'enseignement de l'Outaouais.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

C’est toujours une bonne nouvelle un investissement en éducation, mais si ça se concrétise par un alourdissement des tâches des enseignants, à ce moment-là… On est déjà épuisés, on est déjà surchargés, les jeunes quittent la profession…, a-t-elle expliqué.

En revanche, dans le secteur de la santé, le président d'Action santé Outaouais, Denis Marcheterre, est rassuré de ne pas avoir été oublié, alors que la province prévoit une hausse du budget de ce secteur de 5,8 %.

Il salue les mesures annoncées, dont les 23 millions annoncés pour former des professionnels en soins, mais prévient que cela pourrait être insuffisant compte tenu de de la concurrence de l'Ontario.

Il faut aussi s’assurer qu’on offre des conditions salariales et de travail pour garder les gens. On a des problèmes depuis trop longtemps, en Outaouais, de ce côté-là, a-t-il rappelé.

Des perspectives économiques intéressantes

La Chambre de commerce de Gatineau, de son côté, s'attend à une conjoncture favorable pour les entreprises d'ici. Certaines mesures étaient attendues de la communauté d'affaires, particulièrement la baisse d'impôts pour les petites et moyennes entreprises, et les investissements dans la formation professionnelle. Mais l’espoir vient surtout du voisin américain.

On sait que très bien que les économies sont très liées et ça pourrait aider à notre économie régionale, car on a des champions au niveau de l’exportation dans la région et ça pourrait favoriser plusieurs joueurs pour permettre à nos usines de produire davantage et d'embaucher plus d’employés, pense le président par intérim du conseil d’administration de la Chambre de commerce de Gatineau, Stéphane Bisson.

Encore des détails à connaître

Dans le secteur culturel, la directrice générale de Culture Outaouais, Julie Martineau, s’attend à ce que Québec offre bientôt davantage de détails sur les 214 millions de dollars qui seront dépensés pour relancer le milieu. Mais elle considère très encourageantes les grandes lignes annoncées jeudi.

Ça envoie le message qu’à travers ce budget-là, qui est axé sur la relance et qui est dans un contexte très particulier, que la culture est vraiment la colonne vertébrale de notre identité.

Une citation de :Julie Martineau, directrice générale de Culture Outaouais

Les grands axes du budget en matière de culture sont la relance du secteur des arts, la promotion de la culture québécoise et de la langue française, et la mise en valeur et l’amélioration du patrimoine bâti.

Est-ce qu’il y aura des mesures pour soutenir oui les lieux de diffusion, mais aussi les artistes pour que quand ça va reprendre, que ces artistes-là continuent d’être là et soient au rendez-vous? se questionne-t-elle, toutefois.

Avec les informations de Catherine Morasse, Mélanye Boissonault et Marie-Lou St-Onge

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