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Facebook révèle une opération d'espionnage chinoise contre la communauté ouïgoure

Illustration de la planète connectée par un réseau Internet sécurisé.

Des pirates en Chine utilisent Facebook pour piéger et espionner des membres de la communauté ouïgoure.

Photo : getty images/istockphoto / a-image

Agence France-Presse

Des groupes de pirates en Chine utilisent Facebook et d'autres sites et applications mobiles pour piéger et espionner des membres de la communauté ouïgoure, selon ce qu’a déclaré mercredi le réseau social, sans attribuer ces pratiques au gouvernement chinois.

Nous voyons des liens clairs entre les entreprises et les emplacements géographiques où a lieu cette activité, mais nous ne pouvons pas formellement prouver qui est derrière cette opération, a précisé Nathaniel Gleicher, le responsable des règlements sur la sécurité de Facebook, lors d'une conférence de presse.

Les pirates ciblent des centaines d’activistes, journalistes et dissidentes et dissidents ouïgours vivant à l'étranger. On les incite à cliquer sur des liens et sites web piégés qui infectent leurs ordinateurs ou téléphones intelligents avec des logiciels d'espionnage, selon la société californienne.

Cette activité a toutes les marques d'une opération à long terme, avec des moyens conséquents, qui cache bien les personnes aux commandes, a ajouté M. Gleicher dans un communiqué.

Des techniques sophistiquées

D'après son équipe de cybersécurité, les pirates entreprennent principalement leurs manœuvres hors de Facebook, sur des sites d'informations légitimes, mais compromis, ou sur de fausses applications susceptibles d'intéresser cette minorité musulmane persécutée en Chine (comme des dictionnaires, applications de prière, etc.).

C'est la technique dite du point d'eau (watering hole), qui consiste à infecter un endroit où des personnes se rendent sans se méfier.

Sur le réseau social, les pirates se font passer pour des journalistes, des activistes des droits de la personne ou des membres de la communauté afin de créer des relations de confiance avec les internautes et les attirer dans le piège. Ces tactiques permettent aux espions et espionnes d'accéder aux informations, caméras et micros des téléphones de leurs victimes.

Les personnes ciblées proviennent du Xinjiang, en Chine, et vivent en Australie, au Canada, au Kazakhstan, en Syrie, en Turquie, aux États-Unis et dans d'autres pays.

Même si un petit nombre de personnes est touché, moins de 500 dans le monde dans ce cas, l’effet peut être grave – vous pouvez imaginer la surveillance mise en place, a commenté Nathaniel Gleicher.

Des mesures en place

Facebook dit avoir bloqué le partage des noms de domaine piégés sur sa plateforme, retiré les comptes des groupes et prévenu les personnes concernées. L'entreprise a aussi transmis des informations à d'autres réseaux sociaux.

Les États-Unis et plusieurs pays européens ont récemment durci le ton contre la Chine, qu'ils accusent d'avoir fait interner des centaines de milliers de membres de la communauté ouïgoure et de leur infliger stérilisations et travail forcés. Pékin réfute catégoriquement ces accusations.

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