•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Taxe carbone : la décision ne change pas la position de la Saskatchewan, dit Scott Moe

Le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe.

Scott Moe a demandé beaucoup de fois à Justin Trudeau d’abandonner la taxe carbone. (archives)

Photo : Radio-Canada / Adam Hunter

Le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, affirme que la décision de la Cour suprême ne change en rien la position du gouvernement provincial face à la tarification sur le carbone, à laquelle il est toujours farouchement opposé.

Comme l’ont affirmé les provinces qui se sont positionnées contre, dont la Saskatchewan et l’Alberta, cette décision vient empiéter sur la juridiction provinciale.

Même si cette taxe a été jugée constitutionnelle, Scott Moe persiste et signe en soulignant qu’elle est punitive et inutile pour les Saskatchewanais et qu’elle va mettre en péril de nombreuses industries et pénaliser de nombreuses familles.

La Saskatchewan va rester vigilante et continuer de défendre notre juridiction provinciale contre d’autres possibles violations de la part du gouvernement fédéral.

En conférence de presse, le premier ministre a dit ne pas regretter de s’être rendu aussi loin pour tenter d'arrêter cette taxe sur le carbone, car défendre les intérêts des habitants de la Saskatchewan est toujours un combat qui en vaut la peine.

Je ne m'excuserai jamais d'avoir défendu les gens que je représente.

Une citation de :Scott Moe, premier ministre de la Saskatchewan

Selon lui, la décision rendue aujourd’hui ne rend pas la taxe moins punitive pour les Saskatchewanais. Il juge qu’il existe de meilleures manières de combattre les changements climatiques.

Aujourd'hui, notre gouvernement s'engage à faire tout en son pouvoir pour protéger les intérêts des familles saskatchewanaises.

Pour y arriver, Scott Moe affirme que son gouvernement mettra en place son propre système de tarification du carbone. Cette mesure sera similaire à celle que l’on retrouve au Nouveau-Brunswick. Nous nous attendons à ce que le gouvernement fédéral approuve la proposition de la Saskatchewan, ajoute-t-il. Cela fournira un rabais immédiat à la pompe pour les Saskatchewanais.

Le gouvernement provincial compte également mettre les sociétés d’État productrices d’électricité et de gaz naturel sous la juridiction des Règlements provinciaux sur les émissions de gaz à effet de serre. Ces derniers sont en cours de développement.

Actuellement, SaskPower et SaskEnergy fonctionnent selon les règles fédérales, affirme le premier ministre. Dans le cadre de la législation provinciale, nous aurons plus de contrôle sur les règlements qui régissent leur fonctionnement et nous aurons plus de flexibilité dans la façon dont les recettes de la taxe sur le carbone seront distribuées.

La requête pour effectuer ce changement a d’ailleurs déjà été envoyée au ministère fédéral de l’Environnement le 4 février dernier.

Les bureaux de SaskEnergy.

SaskEnergy pourrait faire partie de la stratégie du gouvernement provincial pour économiser. (archives)

Photo : Radio-Canada / Rob Kruk

Une telle modification pour les deux compagnies permettra ainsi à la province d’économiser, croit le directeur de l’Institut des études canadiennes de l’Université McGill, Daniel Béland.

Il y a des critères, des normes fédérales qu'il faut suivre, mais à l'intérieur de cela, il y a tout de même une marge de manœuvre, explique M. Béland. Ça va donc permettre à la province d'être plus flexible sur le plan économique et de peut-être réduire les coûts pour l'économie de la province.

Il souligne par le fait même que si Scott Moe a présenté son plan provincial si rapidement, c’est probablement parce qu’il s’attendait à une telle défaite devant la Cour suprême.

Je pense qu'une attitude plus constructive de la part de Scott Moe serait probablement bénéfique à la Saskatchewan à moyen et à long terme, soutient l’universitaire. Je ne pense pas que les politiques sur le prix du carbone soient un courant qu'on puisse renverser. Il va falloir aller dans cette direction-là et aider les entreprises ainsi que les citoyens à s'adapter.

Par ailleurs, Scott Moe demande également à Ottawa de verser à la province sa juste part du Fonds pour une économie à faible émission de carbone. Il évalue cette somme à 126 millions de dollars. À ce stade-ci, cette somme ne nous a toujours pas été accordée […] parce que nous avons décidé de ne pas signer un accord-cadre pancanadien comprenant l'imposition d'une taxe sur le carbone.

L'opposition souhaite que cesse la chamaille

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) de la Saskatchewan, Ryan Meili, affirme que cette décision est un nouveau coup dur pour les Saskatchewanais, notamment les personnes qui vivent dans les zones éloignées et les milieux ruraux.

Ryan Meili a affirmé que son parti ne soutenait pas la décision de la Cour suprême.

Le chef de l’opposition invite le gouvernement provincial à agir rapidement pour protéger l’économie de la Saskatchewan et de ses habitants en négociant des exemptions concernant l’essence utilisée pour le séchage des grains, ou encore en explorant les différentes options pour limiter le coût pour les familles.

Ryan Meili souligne aussi que l’économie de la Saskatchewan va être grandement affectée par cette décision. [Justin Trudeau] doit reconnaître que cette taxe sur le carbone affecte les Saskatchewanais de façon disproportionnée.

Il faut que Justin Trudeau et Scott Moe arrêtent de se chamailler.

Une citation de :Ryan Meili, chef du Nouveau Parti démocratique de la Saskatchewan

On veut voir une Saskatchewan forte avec beaucoup de succès dans un pays fort, a-t-il ajouté. Cette année en particulier, on voit combien il est nécessaire que la province fasse partie de cette fédération.

Il demande à ce que le gouvernement fédéral investisse dans la province pour créer des emplois dans les énergies renouvelables afin d’aider les employés des secteurs les plus touchés.

La Saskatchewan a une occasion d'être un leader dans les énergies renouvelables, a-t-il rappelé.

Le chef du NPD, Ryan Meilli, en conférence de presse à l'assemblée législative de Regina.

Le chef du Nouveau Parti démocratique de la Saskatchewan, Ryan Meili.

Photo : La Presse canadienne / Michael Bell

Ryan Meili aimerait notamment que les sommes allouées par Ottawa aux projets environnementaux soient proportionnellement plus élevées pour les régions qui sont les plus affectées par la taxe sur le carbone.

Ça ne devrait pas juste être égal partout parce qu'il y a des provinces qui en sont plus affectées, a-t-il ajouté.

Le NPD demande également au gouvernement fédéral de revoir ses objectifs pour augmenter la taxe carbone alors que les Canadiens sont aux prises avec la pandémie.

Une déception pour la Chambre de commerce de la Saskatchewan

La Chambre de commerce de la Saskatchewan affirme être déçue par la décision de la Cour suprême, même si elle ne remet pas en cause les changements nécessaires pour faire baisser les émissions de la province.

Le directeur général de la Chambre, Steve McLellan, affirme que certaines régions et provinces ont une économie dont la réorientation vers des énergies moins polluantes est plus difficile et voudrait que cela soit reconnu par le gouvernement fédéral.

Nos industries ne devraient pas être pénalisées par une taxe générale. Chaque province a ses spécificités et beaucoup de nos industries ont déjà fait de grands progrès en ce qui a trait à l’environnement.

Une citation de :Steve McLellan, directeur général de la Chambre de commerce de la Saskatchewan

Ce mois-ci, la Chambre de commerce de la Saskatchewan a dévoilé un rapport qui met en lumière en 18 recommandations qui montrent comment accorder une baisse des émissions de gaz à effet de serre (GES) à une économie locale protégée .

La Chambre de commerce de la Saskatchewan invite le gouvernement fédéral à prendre ce rapport en compte et à reprendre les investissements dans les petites et moyennes entreprises dans les nouvelles technologies. Ces investissements ont été suspendus par Ottawa, selon la Chambre.

Steve McLellan en entrevue.

Le directeur général de la Chambre de commerce de la Saskatchewan, Steve McLellan. (archives)

Photo : Radio-Canada

De son côté, la Chambre de commerce de Regina se dit déçue de la décision de la Cour suprême. Elle ne croit pas qu’une seule et même loi peut être appliquée à l’ensemble du pays sans se soucier des différentes réalités locales.

L’organisme réginois perçoit également une injustice à travers la taxe carbone et la péréquation entre les régions de l’Est et celles de l’Ouest du pays. Il soutient que des provinces comme le Québec ont la chance d’avoir de l’électricité générée par l’hydro-électricité alors que la Saskatchewan et l’Alberta dépendent davantage du charbon, du gaz naturel et du pétrole.

Autres réactions :

  • Le président de l’Association des producteurs agricoles de la Saskatchewan, Todd Lewis : « Les producteurs n’ont pas la liberté de fixer les prix. Par conséquent, les coûts supplémentaires de la taxe carbone viendront de leurs poches. »
  • La sénatrice saskatchewanaise, Denise Batters : « Remarquez le silence jubilatoire de la part du Parti libéral au sujet de leur dictature sous Trudeau. Le premier ministre brise sa promesse électorale de ne pas augmenter la taxe carbone. Au contraire, Justin Trudeau va tripler cette horrible taxe! »
  • La Société environnementale de la Saskatchewan : « Rappelez-vous que le gouvernement provincial a choisi de se battre contre cette taxe en dépensant des sommes conséquentes au lieu de préparer une politique sur le carbone qui répondrait mieux aux besoins spécifiques de la province. »
  • Un agriculteur de Vanscoy, Glenn Wright : « La science est claire, nous n’avons pas le temps de perdre un autre cinq ans à argumenter. Nous avons besoin de politiciens qui vont accélérer la transition écologique dès maintenant. Notre gouvernement provincial devrait faire ce travail plutôt que de mener un inutile combat juridique. »

Ailleurs sur le web :

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !