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Un ancêtre du kangourou grimpait aux arbres

Plan rapproché de la tête d'un kangourou.

Un kangourou

Photo : iStock / Chantale Ouellet

Agence France-Presse

Le fossile d'une espèce disparue de kangourous a révélé d'étonnantes capacités à grimper aux arbres, il y a environ 50 000 ans dans une plaine d'Australie, aujourd'hui… dépourvue d'arbres, selon une étude parue mercredi.

Cette découverte doublement incongrue, décrite dans Royal Society Open Science (Nouvelle fenêtre) (en anglais), a été faite avec une nouvelle analyse de fossiles de petits kangourous, découverts dans l'immense plaine aride de Nullarbor (nul arbre en latin), dans le sud-ouest de l'Australie.

Les paléontologues ont analysé deux squelettes quasi complets, un mâle et une femelle, classés à tort comme Wallabia kitcheneri, et les ont reclassés dans le sous-genre nouvellement nommé Congruus kitcheneri, une espèce éteinte.

Les fossiles des mains et des pieds du kangourou Congruus kitcheneri.

Les fossiles des mains et des pieds du kangourou Congruus kitcheneri.

Photo : Murdoch University/N. Warburton

En étudiant sa morphologie (puissante adduction des membres antérieurs et postérieurs, mains robustes aux griffes recourbées), ils ont déduit que le marsupial de 40 kilos était adapté pour grimper aux arbres et se déplacer lentement à travers ceux-ci.

Une curiosité biologique

Congruus kitcheneri n'était pas à proprement parler un kangourou arboricole, comme le dendrolague, un lointain cousin des marsupiaux qui peuple aujourd'hui les forêts de Nouvelle-Guinée. Parmi la soixantaine d'espèces vivantes de kangourous, la totalité des wallabies et autres marsupiaux de la famille des macropodidés ont évolué en sautant sur la terre ferme.

Le fossile du crâne d'un kangourou Congruus kitcheneri.

Le fossile du crâne d'un kangourou Congruus kitcheneri.

Photo : Murdoch University/N. Warburton

Je me souviens d'avoir regardé les os des mains et des pieds, avec ces grosses griffes recourbées, et avoir dit à mon collègue : vous n'allez probablement pas me croire, mais je pense que l'animal était en train de grimper aux arbres!, se souvient Natalie Warburton, chercheuse au Centre de recherche sur les écosystèmes de l'Université Murdoch à Perth.

Ce qui a poussé l'animal à développer ces capacités reste à élucider. Grimper aux arbres devait requérir beaucoup d'énergie et des muscles puissants pour se hisser, a dit la chercheuse à l'AFP, ajoutant : il devait y avoir eu de très bonnes ressources alimentaires dans les arbres pour que cela en vaille la peine.

La découverte, selon elle, nous dit également que l'habitat et l'environnement dans la région au cours des 50 000 à 100 000 dernières années étaient vraiment différents de ce qu'ils sont maintenant, une plaine au climat quasi désertique.

Les fossiles se sont retrouvés dans les grottes de Thylacoleo, du nom du lion marsupial, une espèce éteinte de mammifères marsupiaux carnivores occupant la région il y a près de 2 millions d'années, et disparue à peu près en même temps que le kangourou grimpeur.

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