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L'Ontario pourrait faire des cours en ligne une option permanente

Un enfant devant un ordinateur regarde son enseignant écrire des additions au tableau.

En Ontario, les écoles doivent offrir à la fois des cours en ligne et en classe cette année. Les enseignants francophones s'opposent à l'idée de rendre ce système permanent.

Photo : getty images/istockphoto / pinstock

Radio-Canada

Les syndicats d'enseignants en Ontario dénoncent l'idée de forcer les écoles à continuer à offrir à la fois de l'enseignement en ligne et des cours en classe, même après la fin de la pandémie.

Au début de l'année scolaire actuelle, les parents en Ontario ont pu choisir si leur enfant à l'élémentaire et au secondaire allait suivre ses cours en ligne ou en personne à l'école.

Or, selon le Globe and Mail, le gouvernement de Doug Ford voudrait rendre ce double système d'apprentissage permanent.

Interrogé à ce sujet jeudi, le ministre de l'Éducation Stephen Lecce affirme vouloir permettre aux parents d'élèves de choisir quel mode d'apprentissage convient le mieux à leurs enfants.

Le ministre de l'Éducation, Stephen Lecce, en conférence de presse avec le premier ministre à l'Assemblée législative mardi.

Le ministre de l'Éducation, Stephen Lecce, flanqué du premier ministre Doug Ford. (archives)

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Je crois fermement que garder les écoles ouvertes est fondamental pour leur santé et leur bien-être, mais je crois aussi que les parents prendront la bonne décision

Une citation de :Stephen Lecce, ministre de l'Éducation de l'Ontario

Il affirme que son objectif dans ce dossier est de s'assurer que la continuité de l'apprentissage des enfants soit protégée, ajoutant que la cohérence de leur routine et la satisfaction des attentes du curriculum sont très importantes pour ces enfants.

Selon le ministre, le gouvernement sonde actuellement divers partenaires en éducation pour obtenir leur point de vue sur la façon dont nous pouvons créer un système sûr, mais qui offre également aux parents ontariens le choix dont ils ont bénéficié au mois de septembre dernier.

M. Lecce ajoute que la décision finale du gouvernement dans ce dossier sera communiquée au public dans les prochaines semaines.

Selon l'attachée de presse du ministre Lecce, Caitlin Clark, le budget provincial déposé mercredi contient des investissements supplémentaires pour l'enseignement en ligne et la mise en place d'un réseau Internet à haute vitesse partout dans la province.

Levée de boucliers des enseignants

Le gouvernement Ford a croisé le fer par le passé avec les enseignants au sujet de son intention d'imposer quelques cours en ligne obligatoires au secondaire, pour ensuite reculer en partie.

En entrevue à l'émission Le matin du Nord, de Radio-Canada, la présidente de l'Association des enseignants franco-ontariens (AEFO), Anne Vinet-Roy, a dit qu'elle s'opposerait « fortement » à toute tentative de rendre l'actuel programme de cours en ligne permanent.

Il n'y a aucune raison que [l'apprentissage en ligne se poursuive] si on n'est plus en mode pandémie.

Une citation de :Anne Vinet-Roy, présidente de l'AEFO

Le président de la Fédération des enseignants des écoles secondaires de l'Ontario (FEESO), Harvey Bischof, raconte que son syndicat a eu une simple rencontre, lundi, avec la province sur le sujet. Il accuse le gouvernement Ford de vouloir aller de l'avant sans véritables consultations.

Il craint que ce projet ne serve de prétexte au gouvernement pour privatiser éventuellement une partie du système d'éducation. L'unité des cours en ligne pourrait être vendue au plus offrant, dit-il.

Même son de cloche de la part du président de la Fédération enseignants de l'élémentaire (FEEO), Sam Hammond, qui qualifie l'idée « d'attaque contre le système d'éducation publique ». Selon lui, le gouvernement va détourner des fonds des écoles publiques pour payer des compagnies privées qui offriront des cours en ligne.

Comme ça a été le cas durant la pandémie, l'objectif principal du gouvernement conservateur avec l'apprentissage en ligne est d'épargner de l'argent. Leur intention n'est pas de donner plus de choix aux élèves et aux familles, mais de faire de l'argent avec les cours en ligne.

Une citation de :Sam Hammond, président de la FEEO

M. Hammond affirme que les cours en personne constituent le meilleur type de formation pour les enfants. Les experts médicaux le disent, c'est la meilleure option pour les élèves de tous âges, que ce soit en matière de santé ou d'apprentissage, dit-il.

Jusqu'à maintenant cette année, les parents d'élèves ayant opté pour les cours en ligne ont des opinions partagées. Certains affirment que la qualité de l'enseignement offert est inférieure et que leur enfant a de la difficulté à se concentrer toute la journée devant un écran, alors que pour d'autres élèves, surtout au secondaire, cette forme d'apprentissage semble les stimuler davantage.

Une décision trop hâtive ?

Selon le directeur général de l’Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques (AFOCSC), Yves Lévesque, l’apprentissage virtuel implique des défis importants auxquels les solutions n'ont pas encore été identifiées.

Yves Lévesque, directeur général de l’AFOCSC, en entrevue avec Radio-Canada via vidéoconférence

Yves Lévesque, directeur général de l’AFOCSC, en entrevue avec Radio-Canada via vidéoconférence.

Photo : Radio-Canada

Le mode virtuel, ça répond à un certain besoin. Mais c'est aussi important de comprendre qu'il est important que les élèves aient une vie scolaire, une vie francophone dans un milieu francophone, affirme-t-il.

L’aspect savoir des cours en ligne […] ça ne comble pas tous les besoins de l’éducation au niveau de la catholicité, du développement de la langue, de l’environnement du français dans les cours, de la socialisation… ce sont d’autres choses qui se font à l’école en personne.

Une citation de :Yves Lévesque, directeur général de l’Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques

De son côté, le président de l’Association des conseils scolaires des écoles publiques de l'Ontario (ACÉPO), Denis Chartrand, se dit particulièrement inquiet de la hâte du gouvernement de vouloir miser davantage sur l’éducation à distance.

Ce dernier se demande si le gouvernement a assez analysé ce qui a bien et mal fonctionné avec l’apprentissage en ligne au cours de la dernière année, avant de songer à aller de l’avant pour offrir à la fois de l'enseignement en ligne et des cours en classe après la fin de la pandémie.

Avec les informations de Marie-Hélène Ratel

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