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Boycottage du coton du Xinjiang : des marques de vêtements critiquées par la Chine

Des vêtements Nike dans un magasin.

Nike est l'une des marques qui subit les foudres de la Chine.

Photo : Getty Images / Justin Sullivan

Agence France-Presse

Après H&M, Nike, Uniqlo ou encore Adidas sont devenues jeudi les dernières marques à subir les foudres chinoises, après leur boycott du coton du Xinjiang sur fond d'allégations de « travail forcé » de musulmans ouïgours.

Le Xinjiang, situé au nord-ouest de la Chine, a longtemps été frappé par des attentats visant des civils et attribués à des séparatistes ou des islamistes ouïgours. Pékin y impose depuis quelques années une surveillance policière drastique.

Selon des études publiées par des instituts américains et australiens, au moins un million de Ouïgours ont été internés dans des camps et certains soumis à du travail forcé, notamment dans des champs de coton de la région.

La Chine juge ces rapports remplis de fausses informations et assure que les camps sont des centres de formation professionnelle destinés à apporter un emploi à la population afin de l'éloigner de la tentation de l'extrémisme.

Après la publication d'études sur le travail forcé, plusieurs entreprises de prêt-à-porter comme la suédoise H&M, l'américaine Nike, l'allemande Adidas ou la japonaise Uniqlo se sont engagées l'an passé dans des communiqués à boycotter le coton du Xinjiang.

La région représente près d'un cinquième de la production mondiale et fournit de nombreux géants de l'habillement.

Les communiqués de ces entreprises sont opportunément réapparus cette semaine sur le réseau social chinois Weibo, déclenchant une polémique également alimentée par l'imposition lundi par l'Union européenne, le Royaume-Uni, les États-Unis et le Canada de sanctions contre la Chine vis-à-vis du traitement des Ouïgours.

En représailles, Pékin a sanctionné des personnalités et des organismes européens.

Première entreprise visée, H&M avait déjà vu mercredi ses produits retirés des principaux sites chinois de vente en ligne. Ses magasins restent toutefois ouverts.

La polémique a enflé jeudi avec l'annonce par plusieurs acteurs et chanteurs chinois qu'ils coupaient tout lien avec Nike, Adidas, Uniqlo, Converse ou encore Calvin Klein, dont ils ou elles étaient les ambassadeurs d'image.

Les intérêts du pays passent avant tout, a indiqué l'actrice Tan Songyun pour mettre fin à son partenariat avec Nike, se disant fermement opposée à toutes les actions malveillantes visant à salir la Chine.

Signe d'une possible intervention du pouvoir, c'est la Ligue de la jeunesse communiste, une organisation affiliée au Parti communiste, qui avait lancé les hostilités sur Weibo. Diffuser des rumeurs et boycotter le coton du Xinjiang tout en espérant faire de l'argent en Chine? Vous rêvez!, avait-elle écrit en publiant les copies d'écran du communiqué de H&M, déclenchant la polémique.

J'ai acheté du H&M il y a quelques jours, a déclaré jeudi Liu Xiangyu, un Chinois rencontré à Pékin devant une boutique de l'enseigne suédoise. Mais une fois rentré à la maison, je vais les jeter, assure-t-il, même si ces postures patriotiques, dictées par l'environnement social, ne sont pas toujours suivies d'effets durables.

Interrogé sur le fait de savoir si Pékin orchestrait toute cette polémique, le ministère chinois des Affaires étrangères a démenti jeudi toute responsabilité.

Le marché chinois est ce qu'il est. Nous n'avons nul besoin de nous lancer dans des intimidations contre ces entreprises, a indiqué la porte-parole Hua Chunying lors d'un point-presse régulier. Une chose est toutefois certaine : les Chinois n'autoriseront probablement pas des étrangers à profiter des largesses de la Chine tout en la critiquant.

L'institut ASPI, financé par les autorités australiennes, mais aussi étrangères [notamment américaines], accusait H&M dans son rapport de s'être approvisionnée auprès de structures utilisant de la main-d'oeuvre ouïgoure provenant de camps de rééducation.

Les Ouïgours, principalement musulmans et parlant une langue turcique, représentent un peu moins de la moitié des 25 millions d'habitants du Xinjiang.

H&M Chine a déclaré mercredi qu'elle n'appuyait aucune position politique. Le communiqué du groupe suédois datant de 2020 n'était par ailleurs plus visible jeudi sur son site Internet.

Nike n'avait pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaire.

Sur Weibo, d'autres noms de marques ayant adopté des positions similaires contre le coton chinois circulaient jeudi : Zara, Gap, New Balance ou encore Fila, laissant entrevoir de potentielles conséquences sur leurs affaires.

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