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Difficile de se faire servir en français dans des commerces en Outaouais?

Stefan Psenak, directeur général de la Chambre de commerce de Gatineau.

Stefan Psenak, directeur général de la Chambre de Commerce de Gatineau, croit que les consommateurs sont mieux servis en français dans l'est ontarien qu'en Outaouais.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Des propos du directeur général de la Chambre de commerce de Gatineau sur les services en français dans des commerces suscitent de fortes réactions dans la région.

Le directeur général de la Chambre de commerce de Gatineau, Stefan Psenak, a laissé entendre au Téléjournal Ottawa-Gatineau, mardi, que les consommateurs étaient mieux servis en français dans l'est ontarien qu'en Outaouais.

Quand on va dans l'est ontarien, si on fait un arrêt à Casselman, Embrun, tout l'est ontarien, on peut être servi en français mieux que dans certains commerces de l'ouest du Québec, a soutenu Stefan Psenak.

Toutefois, cette affirmation a vite froissé de nombreux commerçants de la région.

On parle ici, quand même, d'une situation anecdotique. C’est son opinion par rapport à ça. Est-ce que c’est fondé ou non? On ne parle bien évidemment pas d’une étude empirique sur le sujet, a souligné le président de l'Association des professionnels, industriels et commerçants du secteur Aylmer (Apica), Steven Boivin. Moi, de mon expérience ça fait quatre ans que je suis résident et entrepreneur, ici, à Aylmer, et ce n’est pas le son de cloche que j’ai.

C’est sûr qu’Aylmer, c’est un secteur particulier. C’est un secteur qui est bilingue et je pense que c’est une de ses qualités aussi, [...] mais en ce qui a trait à se faire servir en français, je n’ai jamais entendu ou vécu ce problème-là, ici, dans ce secteur.

Une citation de :Steven Boivin, président de l'Apica

Steven Boivin soutient que la majorité des commerçants d'Aylmer sont en mesure d'offrir des services en français.

Du côté du mouvement Impératif français, on n'est pas forcément du même avis. Le directeur de l’organisme, Jean-Paul Perreault, croit qu’il y a une réelle problématique à ce sujet dans la région.

Le président du mouvement Impératif français Jean-Paul Perreault dans un parc en août 2015.

Le président du mouvement Impératif français Jean-Paul Perreault (archives)

Photo : Radio-Canada

Il y a beaucoup trop d’entreprises dans la Basse-Gatineau, dans le Pontiac, à Aylmer et à Hull et ça s'étend dans tout l'Outaouais, qui sont incapables, parce que de mauvaise foi - et je le répète, de mauvaise foi -, de respecter les droits linguistiques fondamentaux. C’est un geste d’agression, c’est une provocation, a affirmé M. Perreault.

Messages haineux

Une entreprise de torréfaction d’Aylmer a appris à ses dépens qu'offrir un service unilingue en raison d'un manque de personnel francophone peut avoir de fâcheuses conséquences.

Un client de la Brûlerie artisanale Brown Bag Coffee Roasters a confié dans les médias et sur les réseaux sociaux qu’il s’était fait expulser de l'établissement après avoir insisté pour être servi en français.

À la suite de cet incident, le commerce, situé à Aylmer, a fait face à une déferlante de messages haineux.

Des personnes de Montréal, des personnes de Québec, ont commencé à donner des revues négatives sur notre site partout, en disant que personne ne parlait français là-bas et ainsi de suite. Et de ce fait là, nos ventes en ligne ont baissé et nos ventes au café ont baissé aussi, a confié Benjamin Lefebvre, responsable du marketing en ligne de l'établissement.

Un homme en vidéoconférence.

Benjamin Lefebvre, responsable du marketing en ligne de la Brûlerie artisanale Brown Bag Coffee Roasters

Photo : Radio-Canada

M. Lefebvre explique quant à lui que l'établissement sert toujours les clients dans la langue de leur choix. C’est en raison du retard du commis bilingue, remplacé ce jour-là par le torréfacteur d’origine sud-africaine qui ne maîtrise pas encore le français, que le client s’est fait servir en anglais. C'est face à l’agressivité du client plaintif que celui-ci s'est fait montrer la porte de l'établissement, selon M. Lefebvre.

Cette mésaventure aura été un mal pour un bien, selon le responsable du marketing, qui indique avoir reçu beaucoup de soutien de la population de Gatineau. La brûlerie a aussi décidé de rendre le français plus accessible, notamment sur son site internet.

L’est ontarien en exemple

Cités en exemple par le président de la Chambre de commerce de Gatineau, les commerçants de l’est ontarien semblent voir le français comme une valeur ajoutée à leur entreprise.

La situation géographique y serait pour quelque chose selon la présidente de la Chambre de commerce de Prescott-Russell, Julie Brisson.

Il y a une grande valeur ajoutée pour les entreprises dans l’est ontarien d’être capables de servir dans les deux langues, a révélé Mme Brisson. Avec l'autoroute 417 qui traverse notre région, les gens qui voyagent entre Ottawa et Montréal arrêtent souvent dans notre région parce qu’ils savent qu'ils peuvent se faire servir dans les deux langues.

Avec les informations de Christian Milette et Josée Guérin

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