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Démissions au Centre de services des Chic-Chocs : un conseil réduit à 10 personnes

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Le conseil d'administration du Centre de services scolaire des Chic-Chocs a entériné mardi la démission de 5 de ses 15 membres (archives).

Photo : Radio-Canada / Camille Vernet

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Le conseil d’administration du Centre de services scolaire des Chic-Chocs a entériné mardi soir la démission de cinq des quinze membres du conseil, dont le président, David Dubreuil.

Ces défections survenues au cours des dernières semaines sont venues jeter une ombre sur les premiers pas du Centre de services scolaire des Chic-Chocs.

Bien que les lettres de démission n’aient pas été lues lors de la séance du conseil d'administration, les démissions ont été attribuées par la direction générale à une mauvaise compréhension du rôle des administrateurs.

La nouvelle loi est venue modifier substantiellement les rôles de la direction générale et des administrateurs, fait valoir la directrice du Centre de services scolaire, Deslilas Fournier.

La transformation des commissions scolaires en centres de services scolaires s’est amorcée juste avant la pandémie en février 2020 avec l’adoption, sous le bâillon, du projet de loi déposé par le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge. Les commissaires élus sont dorénavant chose du passé et de nouveaux membres du conseil d’administration ont été nommés à l’automne.

Les élus étaient à l’époque souverains, indique la directrice générale du Centre de service, ce n’est plus le cas. Les administrateurs ont un rôle de décision, de vigie, de veille stratégique sur des mécanismes de contrôle, qui sont beaucoup plus encadrés et qui donnent moins de place à l’insertion dans les projets pédagogiques qu’on va distribuer davantage vers les équipes-écoles , explique Mme Fournier.

« Il faut comprendre que le conseil d'administration, présentement, son rôle est vraiment stratégique, mais au niveau administratif, financier, légal.  »

— Une citation de  Deslilas Fournier, directrice générale du Centre de services scolaires des Chic-Chocs

La directrice générale ajoute que les membres du conseil délèguent ainsi leurs fonctions et pouvoirs aux cadres des services et aux directeurs d’établissements.

Pas pour ces raisons

Le président démissionnaire du Centre de services des Chic-Chocs, David Dubreuil, qui a été exclu de la rencontre de mardi, n’accepte pas les raisons avancées par la direction générale pour expliquer la défection des administrateurs, dont deux parents. J’espère que personne n’a été dupe quant aux explications du Centre de services scolaire. C’est vraiment ne pas avoir de respect pour les membres du conseil d’administration qui sont des bénévoles et qui ont donné du temps dans cette organisation au cours des derniers mois. Il n'y a rien de plus faux.

C’est un peu ce que croit l’ancien commissaire, Jean-Yves Dupuis, qui assistait, mardi, à la réunion des administrateurs. Pendant une quarantaine d’années, il a agi comme élu au sein de l’ancienne commission scolaire. Que cinq personnes intelligentes démissionnent en même temps, la compréhension du rôle, ils l’avaient parce que quand ils ont déposé leur candidature, ils savaient dans quoi ils s’embarquaient, commente l'ex-commissaire.

Il estime que la nouvelle loi donne beaucoup de pouvoirs à la direction générale. La loi veut que la direction du centre de service prenne beaucoup de place. Ça, c’est malsain. Même que la présidente du conseil d’administration n’est même pas la porte-parole officielle du centre de service, c’est la directrice.

Un conseil à petite échelle

Il a été convenu que les cinq démissionnaires ne soient pas remplacés avant la prochaine rentrée et que le conseil d’administration du Centre de services scolaire fonctionnerait d’ici là, avec le tiers des postes en moins.

L'ex-président rappelle que lors de l'abolition des commissions scolaires, le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge a indiqué vouloir mettre les parents au cœur de sa réforme.

Il ne comprend pas cette décision. La loi, souligne M. Dubreuil, prévoit que ce soit 15 personnes. Le comité de parents a le devoir de nommer deux nouveaux représentants pour le district numéro 2 et le district numéro 4 qui ont le droit de siéger au conseil d’administration. Les parents doivent être à la table du conseil d’administration, c’est un élément primordial de la loi sur l’instruction publique.

La directrice générale Deslilas Fournier n’y voit pas de problème.

La loi le permet, soutient la DG qui ajoute que les administrateurs travaillent pour l’ensemble de la collectivité et non pas seulement pour une clientèle précise ou une partie du territoire. On leur demande d’enlever leur chapeau : quand on est au conseil d’administration, on ne représente plus le groupe ni une entité. Au fait, de croire qu’il y a des groupes qui ne sont pas représentés présentement, c’est une mauvaise interprétation parce que c’est l’inclusion de tous et de chacun qui forme le conseil d’administration.

Mme Fournier rappelle que ce sont les administrateurs qui ont fait ce choix. Il faut comprendre qu’il ne reste qu’une rencontre publique d’ici la fin de l’année scolaire, souligne-t-elle.

À la rentrée, les comités de parents et les conseils d’établissement vont donc élire d’autres représentants. Ça donnera peut-être une meilleure compréhension, une meilleure ouverture face à l’inclusion dans le conseil.

Cet argument ne satisfait pas M. Dupuis qui y voit une atteinte de plus à la démocratie scolaire.

De remettre ça en septembre, avant que l’élection soit faite, avant que tous les officiers soient nommés, ça va aller au mois d’octobre. Si ces personnes étaient élues présentement, il reste un conseil d'administration et ils ont le temps avant la prochaine année scolaire d’avoir les formations et de se préparer à leur rôle.

Lors de la séance du conseil d’administration, il est d’ailleurs intervenu pour interroger les administrateurs sur cette décision. Les parents sont en droit d’avoir une pleine représentation au conseil d’administration comme la communauté est en droit d’être représentée. Là, c’est plus facile de faire passer des choses avec dix personnes qu’avec quinze.

La directrice générale est bien consciente des impacts qu’a eus cette démission en bloc.

Il est difficile, ajoute-t-elle, qu’il n’y ait pas d'irritants ni d’incompréhension ou de frustrations dans une organisation qui gère 800 employés. Outre l’inquiétude que j’aurais pour l’image ou sur ce qui paraît bien ou pas bien, ce n’est pas là-dessus qu’on pose la majeure partie de nos actions, c’est sur notre mission, c’est de rendre les meilleurs services possibles à nos élèves.

La rencontre prévoyait le remplacement à la présidence. C’est celle qui occupait le poste de vice-présidence, Julie Pariseau, qui a été nommée présidente. Karine Fournier la remplacera au poste de vice-présidente.

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