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La valeur des terres agricoles ne cesse de grimper au Québec

Un champ labouré.

Dans les Laurentides et dans Lanaudière, la valeur des terres agricoles a bondi de près de 10 % en un an. Elle est en train de rattraper celle de la Montérégie, la plus élevée au Québec.

Photo : Radio-Canada / Daniel Thomas

Radio-Canada

La valeur des terres agricoles connaît une forte progression depuis 1986 au Québec. L’année dernière, l’augmentation dans la province a même atteint un niveau inédit en dépassant la moyenne canadienne.

Cette hausse impressionnante est observée dans plusieurs régions. En Estrie, le prix des terres agricoles a bondi de 32 % cette année. Au Saguenay–Lac-Saint-Jean et au Bas-Saint-Laurent, les prix ont grimpé de 20 %.

Lazhar Arfaoui, un étudiant à l’École d'agriculture de Nicolet, avait l'espoir d’avoir une ferme, mais cultiver près de Saint-Jérôme, dans les Laurentides, est vite devenu un rêve impossible. La terre coûte vraiment trop cher, explique-t-il.

Pour acheter ici, je dois gagner quelques millions de dollars à la loto. Parce que ce n'est pas que le prix du terrain. On parle d'à peu près 4 millions de dollars.

Une citation de :Lazhar Arfaoui, étudiant en agriculture

Dans les Laurentides et Lanaudière, la valeur des terres agricoles a bondi de près de 10 % en un an. Elle est en train de rattraper celle de la Montérégie, la plus élevée du Québec.

Selon M. Arfaoui, pour acquérir 122 hectares de terres à l’endroit de ses rêves, il faudrait débourser de 2 à 4 millions de dollars. Ce serait une dette que je laisserais à deux, trois générations, dit-il.

Pour trouver une terre à un prix raisonnable, M. Arfaoui a donc décidé de faire ce que plusieurs Québécois ont fait il y a 100 ans et de partir défricher à 600 km au nord, en Abitibi. Là-bas, il a trouvé un terrain à déboiser qui pourra accueillir sa future ferme.

Derrière un champ, on voit apparaitre au loin le bâtiment de l'entreprise agricole.

Une solution originale

Dans le Grand Montréal, la terre agricole devient chaque année plus difficile à rentabiliser, à tel point que, selon Marcel Groleau, président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), il est quasi impossible pour les jeunes de démarrer en agriculture.

En raison du prix des terres en Montérégie, Anne Roussel, qui est copropriétaire de la Ferme Cadet Roussel, située à Mont-Saint-Grégoire, a longtemps hésité avant de prendre la ferme familiale.

J'ai vu mes parents endettés toute leur vie. Je ne pensais même pas être agricultrice tellement ça a été traumatisant.

Une citation de :Anne Roussel, copropriétaire de la Ferme Cadet Roussel

Pour assurer la relève, la famille a trouvé une solution originale : elle a vendu la terre à une fiducie d’utilité sociale agricole. Celle-ci protège la terre, et Anne Roussel peut demeurer propriétaire des bâtiments de ferme et des récoltes.

Nous, on a l'avantage de cultiver sans être propriétaires ni locataires. C'est une nouvelle catégorie qui n'existe pas dans les formulaires, se réjouit-elle.

Avec les informations de Vincent Maisonneuve

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