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Rivière Péribonka : des citoyens menacent de s'enchaîner aux arbres

Une femme devant un lac l'hiver.

Ève Tremblay, porte-parole du Comité de sauvegarde de la rivière Péribonka

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon-Lalancette

La résistance s’organise à Lamarche, au nord-est du lac Saint-Jean, où des coupes forestières doivent débuter cet été le long de la rivière Péribonka. Le conseil municipal s’y oppose et des citoyens menacent de s’enchaîner aux arbres pour protéger ce secteur à vocation récréotouristique.

La municipalité de Lamarche rêve d'accueillir des dizaines de milliers de touristes le long de la rivière Péribonka et du lac Tchitogama. Mais selon la mairesse, Lise Garon, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) est en train de saboter ce projet en y autorisant des coupes forestières.

C'est le seul espoir de Lamarche. C'est une absurdité de ne pas avoir encore déclaré une aire protégée autour de la rivière Péribonka. Il y a un groupe de citoyens qui s'organise pour aller s'enchaîner aux arbres l'été prochain pour empêcher ça. Le conseil municipal ne peut pas faire de désobéissance civile, donc on se prononcera pas là-dessus, mais c'est sûr qu'ils vont avoir de l'appui. Ceux qui ne seront pas enchaînés vont aller leur porter des sandwichs, a annoncé Mme Garon.

Le conseil municipal vient de rejeter l’entente d’harmonisation du MFFP, qui prévoyait diminuer l'impact sur le paysage par rapport au plan initial. C'est qu'il maintenait des coupes dans le corridor visuel de la rivière, affecté par la tordeuse des bourgeons de l’épinette. Si on demande de pas couper devant la montagne, ils peuvent aller couper derrière! a justifié la mairesse.

Une femme pose devant un mur blanc avec des toiles.

Lise Garon, mairesse de Lamarche

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon-Lalancette

De son côté, Ève Tremblay, porte-parole du Comité de sauvegarde de la rivière Péribonka, a précisé que les coupes forestières se feraient exactement à l'endroit prévu pour le projet à vocation récréotouristique. Il y a des sites déjà prévus pour aménager des campings, des chalets locatifs, des sentiers d'interprétation de la biodiversité, des sentiers de randonnée pédestre. Mais tout ça, ça se fait évidemment dans le corridor visuel et à proximité de la rivière. Donc les coupes qui sont prévues là, c'est exactement dans ce secteur-là jusqu'au bord de la rivière, a-t-elle souligné.

Tout comme la municipalité, les citoyens qui se battent depuis 10 ans pour établir une aire protégée entendent maintenir la pression sur le gouvernement Legault. Au besoin, on va faire appel aux citoyens pour aller bloquer les chemins pour ne pas que la machinerie puisse circuler et que les coupes puissent se faire, a-t-elle prévenu.

Ève Tremblay fait d'ailleurs partie de ceux qui entendent s'enchaîner aux arbres si le ministère ne change pas d'idée. Parce que cette rivière-là, c'est un patrimoine naturel exceptionnel. Tout le monde le dit, tous les touristes, les visiteurs le disent, mais le ministère des Forêts ne veut rien entendre, a-t-elle déploré.

Le MFFP souligne que la récolte prévue représente 4 % de la superficie du territoire et que si un litige persiste, il existe un mécanisme de règlement des différends pour trouver une entente. La mairesse de Lamarche, elle, réclame l'intervention de la ministre des Affaires municipales et députée de Chicoutimi, Andrée Laforest. On va sonner de nouveau à sa porte, on ne lâchera pas, a continué Lise Garon.

Comme d’autres groupes au Québec, le Comité de sauvegarde de la rivière Péribonka envisage de poursuivre le ministère des Forêts. Il estime qu’il ne respecte pas sa propre loi, qui stipule qu’il doit prendre en compte les valeurs et les besoins de la population.

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