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Incertitudes autour de l’avenir de la seule garderie francophone du Nunavut

La salle de jeux de la garderie Les Petits Nanooks, à Iqaluit.

La garderie francophone Les Petits Nanooks, à Iqaluit, est contrainte de déménager pendant la durée de travaux d'agrandissement qui débuteront cet été et dureront trois ans.

Photo : Photo fournie par Johannie Bouchard

Contrainte de déménager pendant la durée de travaux d’agrandissement, la garderie francophone Les Petits Nanooks, à Iqaluit, se trouve au pied du mur pour les trois prochaines années.

On est vraiment dans une situation compliquée, soupire le président du Centre de la petite enfance (CPE) Les Petits Nanooks, Laurent Jonart.

Depuis six mois, ce résident francophone fait des pieds et des mains pour trouver un bâtiment capable d’héberger la garderie durant les travaux, qui doivent débuter cet été et durer trois ans.

On a fait énormément de recherches, raconte-t-il. Mais maintenant, on est à la fin du mois de mars, et on est complètement à court d’options.

Il craint surtout les retombées négatives qu’entraînera la possible fermeture de l’établissement sur la francophonie au territoire. Pour le développement du langage, c’est extrêmement fondamental de commencer au plus jeune [âge] possible, dit-il.

On a oublié de penser à nous

En novembre, les gouvernements fédéral et territorial ont annoncé un financement de 19,8 millions de dollars pour l'agrandissement de l’École des Trois-Soleils et de la garderie Les Petits Nanooks.

Bien que positive pour les deux établissements, cette annonce a placé le CPE devant le fait accompli : Pour agrandir l’école, il faut raser la garderie, résume Laurent Jonart. On a un peu l’impression qu’on a oublié de penser à nous.

Une fois la construction achevée, l’établissement préscolaire s’attend à accueillir jusqu’à 56 enfants dès l’âge de 6 mois. Il admet actuellement 16 enfants âgés de 2 à 5 ans.

La façade extérieure de la garderie.

L'établissement préscolaire est situé dans un pavillon adjacent à l'École des Trois-Soleils.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

Samedi, le président a sollicité l’aide du ministre de l’Éducation du Nunavut, David Joanasie, de la ministre territoriale des Services communautaires et gouvernementaux, Jeannie Ehaloak et de la ministre fédérale du Développement économique et des Langues officielles, Mélanie Joly.

Les efforts acharnés des membres du conseil d’administration ont résulté par une liste d’embûches et d’échecs, principalement causés par le manque de locaux disponibles à Iqaluit, le coût des rénovations pour les options identifiées, les règlements du code du bâtiment, etc., peut-on lire dans une lettre leur étant adressée.

La directrice de la garderie, Johannie Bouchard, raconte que l’équipe a fait appel à des parents francophones d’Iqaluit pour trouver un espace vacant. Elle a même envisagé d’accueillir la garderie à son domicile et de se trouver temporairement un nouveau logement.

La directrice de la garderie francophone, Johannie Bouchard.

Johannie Bouchard est directrice de la garderie Les Petits Nanooks depuis le mois de janvier.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

Recherches infructueuses

Au fil de ses recherches, le conseil d’administration du CPE a identifié plusieurs lieux potentiels. Or, ces bâtiments ne répondent pas aux critères du ministère des Services communautaires et gouvernementaux en matière de codes du bâtiment, dont la présence de gicleurs et de murs pare-feu.

M. Jonart affirme que ces critères ont beaucoup limité les options de la garderie. Le conseil d’administration s’est aussi tourné vers la Commission scolaire francophone du Nunavut (CSFN), qui est responsable de la gestion de l’École des Trois-Soleils, l’unique école francophone du territoire.

La garderie, c’est la porte [d’entrée] vers l’école francophone, soutient la directrice. Elle affirme que neuf des 16 enfants inscrits à la garderie iront à la maternelle de l’école francophone à la prochaine rentrée.

Or, l’école se heurte elle aussi à un manque d’espace depuis plusieurs années. Les élèves de niveau secondaire doivent actuellement fréquenter l’École secondaire Inuksuk d’Iqaluit après la 8e année pour poursuivre leurs cours en français à l’École des Trois-Soleils.

On comprend qu’eux non plus n’ont pas assez de place. On est tous dans le même bateau.

Une citation de :Johannie Bouchard, directrice du CPE Les Petits Nanooks
La façade extérieure de l'École des Trois-Soleils d'Iqaluit durant l'hiver.

L'École des Trois-Soleils est la seule école francophone du territoire. Elle accueille une centaine d'élèves de la maternelle à la 12e année.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

Liste d’attente engorgée

La pénurie de places en garderie est un défi de longue date au Nunavut. La situation actuelle est donc un coup dur pour cet établissement francophone qui parvient difficilement à faire face à la demande croissante. On a tellement d’enfants sur notre liste d’attente, soupire Johannie Bouchard.

Elle estime à une trentaine le nombre d’enfants inscrits sur la liste d’attente du CPE : Je trouve qu’il manque tellement de ressources. C’est désolant parce que la population grandit.

Le conseil d’administration de la garderie espère que le gouvernement territorial entendra son cri du cœur et viendra en aide au CPE avant le début des travaux.

Le ministère des Services communautaires et gouvernementaux a décliné une demande d’entrevue de Radio-Canada. Le ministère de l’Éducation n’a pas été en mesure de nous fournir de précisions avant la publication de cet article.

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