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Vers un printemps sans inondation majeure

La rivière Saint-Charles libre de glace.

La rivière Saint-Charles libre de glace, le 24 mars 2021.

Photo : Radio-Canada / Steve Breton

Si la tendance se maintient, le Québec se dirige vers un printemps sans inondation majeure malgré les précipitations prévues au cours des prochaines heures.

Dans la région de la Capitale-Nationale, par exemple, les chutes de neige ont été beaucoup moins importantes cet hiver, explique le météorologue d’Environnement et Changement climatique Canada, André Cantin.

Jusqu’à maintenant, la région a reçu 168 centimètres de neige, alors que la moyenne saisonnière tourne autour de 303. La situation est similaire partout dans la province, alors que la plupart des régions ont reçu entre 100 et 125 centimètres de moins que la moyenne.

Photo aérienne au moment des inondations d'avril 2019 à Sainte-Marie.

Photo aérienne au moment des inondations d'avril 2019 à Sainte-Marie.

Photo : Crédits: / Pierre Lahoud

Le temps doux des derniers jours a aussi fait baisser énormément la quantité de neige au sol. La fraîcheur de la nuit a toutefois permis de freiner la fonte, qui est donc demeurée graduelle. Ça peut être favorable à une fonte lente qui permettrait de possiblement ne pas avoir d’inondations, se réjouit Éric Drolet, le directeur de la Sécurité publique pour les régions de Chaudière-Appalaches, de la Capitale-Nationale et du Nunavik.

La couverture de glace plus faible qu’à l’habitude peut aussi jouer en faveur d’une crue moins importante ce printemps. Les risques d’embâcles sont donc minimisés. Les glaces se sont formées tardivement, donc elles sont moins solides que par les années passées , affirme André Cantin.

À ces critères s’ajoute le peu de précipitations de pluie reçues récemment.

Une rivière avec peu de glace à sa surface.

La rivière jaune à Lac-Beauport le 24 mars 2021.

Photo : Radio-Canada / Steve Breton

Surveillance accrue pour quelques jours

Les experts mettent toutefois en garde la population : le risque zéro n’existe pas. L’évolution des températures et précipitations dans les prochains jours peut faire changer le pronostic.

Dans la Capitale-Nationale et en Chaudière-Appalaches, quelques dizaines de millimètres de pluie sont attendus d’ici dimanche prochain. Il va y avoir une crue dans les prochains jours à cause de la fonte, et c’est quand même tôt dans la saison pour une crue, donc les rivières seront à surveiller, assure le professeur au Département de génie civil et génie des eaux de l’Université Laval, François Anctil.

Même si les autorités restent optimistes quant au risque de crues printanières, elles rappellent aussi que dame Nature peut réserver bien des surprises, et ce, à n’importe quel moment de l’année.

François Anctil repense à l’épisode d’inondations survenues pendant le dernier temps des Fêtes. Ces événements ont mené à l’évacuation de centaines de personnes dans la Capitale-Nationale, une situation rare, mais donc toujours possible.

Au moins 10 cm d'eau recouvre la chaussée dans une rue résidentielle, en hiver.

Une importante chute de pluie a causé des inondations le jour de Noël. Ce fut le cas à Saint-Raymond dans Portneuf.

Photo : Radio-Canada / Kassandra Nadeau-Lamarche

Beaucerons déplacés

Les municipalités de la Beauce limitrophes à la rivière Chaudière retiennent leur souffle chaque printemps en raison des débordements constants du cours d’eau.

L’équipe des mesures d’urgence de la Municipalité de Sainte-Marie surveille d’ailleurs l’évolution du niveau de la rivière, malgré les prédictions encourageantes. Nous, si on a des pluies qui excèdent 50 millimètres, ça peut être dangereux, indique le maire Gaétan Vachon.

Depuis les importantes inondations de 2019, des centaines de riverains de différentes municipalités ont décidé de déménager pour s’éloigner de la rivière. À Sainte-Marie, ce sera plus de 400 résidences qui auront été démolies d’ici les prochains mois pour éviter des situations catastrophiques.

Ça va être moins de gens à aller chercher, et moins de frais. […] Ça va être aussi moins stressant pour la population, affirme le maire.

Une maison en cours de démolition.

Cette résidence de l'avenue Chassé à Sainte-Marie a été une des premières à être démolie en août 2019.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

Évacuation en temps de pandémie

Éric Drolet explique pour sa part que la Sécurité publique s’est adaptée pour être prête à agir en cas d’inondations malgré la pandémie.

Il indique que le changement majeur concerne l’hébergement. Comme les municipalités ne pourront pas ouvrir de centres d’hébergement d’urgence, les sinistrés seraient plutôt invités à se loger dans des hôtels.

De plus, peu importe les mesures sanitaires en place dans la zone inondée, il sera possible pour des sinistrés de se joindre à une bulle familiale pour se loger.

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