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Budget de l’Ontario : des années de déficits avant un retour à l'équilibre

Le scénario le plus optimiste du gouvernement Ford prévoit un retour à l'équilibre budgétaire en 2027.

Deux hommes portant un masque noir entrent dans une salle.

Le ministre des Finances, Peter Bethlenfalvy, accompagne le premier ministre, Doug Ford, pour dévoiler le budget de l’Ontario, le 24 mars à Queens' Park.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Le gouvernement de Doug Ford bonifie ses investissements pour lutter contre la COVID-19 et stimuler la relance économique en Ontario, avec le dépôt de son budget mercredi.

La province prévoit en tout 51 milliards de dollars sur quatre ans en soutiens directs et en allègements fiscaux. La majorité de ce montant (45 milliards) avait déjà été annoncé l’an dernier.

« Tandis que la distribution des vaccins va bon train, il faut continuer d’intervenir pour stopper la propagation du virus. »

— Une citation de  Peter Bethlenfalvy, ministre des Finances de l’Ontario
Une infographie qui illustre cinq mesures tirées du budget de l'Ontario 2021.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Cinq mesures tirées du budget de l'Ontario 2021

Photo : Radio-Canada / Camile Gauthier

Plusieurs déficits successifs à prévoir

Le gouvernement Ford chiffre son déficit budgétaire à 33,1 milliards de dollars dans la prochaine année, comme prévu dans son budget de novembre dernier.

La province compte réduire ce déficit au cours des deux années suivantes pour atteindre 27,7 milliards en 2022-2023 et 20,2 milliards en 2023-2024.

Graphique des trois scénarios pour le déficit en Ontario.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le déficit pour 2021-2022 est évalué entre 30,3 et 34,9 milliards de dollars en Ontario.

Photo : Radio-Canada

Le gouvernement Ford se donne une grande marge de manœuvre pour le retour à l’équilibre budgétaire, sans fournir de plan concret pour y arriver.

Éliminer le déficit pourrait prendre jusqu’à 10 ans dans le pire des scénarios envisagés. Dans le meilleur des cas, un scénario de croissance accélérée, le gouvernement dit pouvoir retrouver l’équilibre d’ici 2027-2028.

Un graphique illustrant les déficits anticipés du gouvernement ontarien.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le plan du gouvernement de Doug Ford pour un éventuel retour à l'équilibre budgétaire

Photo : Radio-Canada / Camile Gauthier

Santé et soins de longue durée

Sans grande surprise, la santé demeure le portefeuille le plus coûteux du budget ontarien. Le gouvernement a prévu une hausse d’environ 2,9 milliards de dollars dans ce secteur, pour un total de 64 milliards.

Pour combler le manque d’effectifs dans le secteur des soins de longue durée, la province offrira une prime de 5000 $ aux préposés aux bénéficiaires qui s’engageront à travailler dans une maison de retraite pendant six mois. Une subvention de 10 000 $ sera accordée aux infirmières qui accepteront un contrat d’un an.

Le gouvernement avait aussi annoncé, le mois dernier, qu’il paierait les droits de scolarité de milliers d’étudiants s’engageant à suivre un programme accéléré de formation de préposés.

Une enveloppe de 4,9 milliards de dollars sur quatre ans permettra d’embaucher 27 000 nouveaux employés dans les centres de soins de longue durée. Ce financement a pour but d’offrir à chaque résident quatre heures de soins par jour, en moyenne.

Calendrier de vaccination révisé

Le coût de la campagne est évalué à 1 milliard de dollars, dont une grande partie sert à établir des sites de vaccination. Une somme de 50 millions de cette enveloppe est consacrée au déploiement du vaccin dans les communautés autochtones, y compris les membres qui habitent dans des centres urbains.

Notre priorité absolue est d’injecter les vaccins, a lancé le ministre Bethlenfalvy dans son discours en Chambre. Personne ne sera laissé pour compte.

L'ancien général Rick Hillier, qui dirige la campagne de vaccination en Ontario, s’était fixé comme objectif d'offrir une première dose à tous les Ontariens d'ici le 20 juin.

Toutefois, selon les documents budgétaires, les Ontariens de 59 ans et moins qui ne font pas partie de groupes prioritaires devront attendre le mois de juillet pour recevoir le vaccin contre la COVID-19.

Ces prévisions révisées ne tiennent cependant pas compte du nouvel approvisionnement en vaccins d’AstraZeneca et de Johnson & Johnson, puisque les quantités et les dates de livraison n'ont toujours pas été précisées.

Une file d'aînés devant une clinique de vaccination.

Des aînés se font vacciner à Nepean, en Ontario, le 12 mars dernier.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

1,5 G$ en projets d’infrastructure

Le financement consacré à l’infrastructure a plus que doublé par rapport à l’an dernier, passant de 691 millions de dollars en 2020-2021 à 1,5 milliard en 2021-2022.

Parmi les nouveaux projets annoncés, le gouvernement compte construire une nouvelle aile pour les patients de l’hôpital Peel Memorial de Brampton, l’une des villes les plus touchées par la COVID-19 au pays.

Il conserve également ses plans de construction d'un nouvel hôpital dans la région de Windsor et d’aménagement des centres de traitement à Ottawa et à Chatham-Kent. La province n’a pas précisé d’échéancier pour ces projets.

Pour soutenir le virage numérique dans les régions isolées, particulièrement celles du nord de la province, le gouvernement investit une somme supplémentaire de 2,8 milliards en infrastructure à large bande pour que l’ensemble de l’Ontario y soit branché d’ici 2025.

Éducation et garde d’enfants

Le secteur de l’éducation, de son côté, voit son financement de base augmenter de 30,6 milliards l’an dernier à 31,3 milliards cette année. Cependant, la plupart des dépenses liées à la COVID-19 dans les écoles ne sont pas reconduites.

À la rentrée de septembre dernier, le gouvernement avait injecté 1,6 milliard, notamment pour désinfecter les installations scolaires, déployer des infirmières et acheter de l’équipement de protection. Seulement 59 millions de dollars sont affectés à ces créneaux cette année.

Une file de jeunes élèves qui marchent derrière un adulte dans une école.

Le financement de base du ministère de l'Éducation augmente en 2021-2022, mais les dépenses liées à la COVID-19 diminuent de moitié.

Photo : CBC/Evan Mitsui

Plus de 300 000 familles ontariennes pourront bénéficier d’une hausse de 20 % du crédit d’impôt pour les frais de garde. Ce crédit passera de 1250 $ à 1500 $ en moyenne. La mesure coûtera 75 millions de dollars à la province.

L'Ontario va aussi reconduire et bonifier l’allocation pour les familles, en déboursant 400 $ par enfant de 12 ans et moins et 500 $ par jeune de 21 ans et moins ayant des besoins particuliers.

Vers la réouverture de l’économie

Quelque 120 000 petites entreprises ontariennes, parmi les plus durement touchées par la pandémie, recevront automatiquement une deuxième subvention de 10 000 à 20 000 $ dans les prochaines semaines, une initiative lancée en janvier.

Le gouvernement Ford prévoit aussi de nouvelles subventions dans le secteur du tourisme, allant jusqu’à 20 000 $. Ce financement, totalisant 100 millions de dollars, a pour but d’aider les hôtels, les parcs d’attractions, les camps et les agences de voyages à rester à flot.

Le gouvernement investira aussi 2,3 milliards de dollars pour le dépistage et le traçage de contacts dans les entreprises et les milieux de travail. Il s’agissait d’une des demandes de la Chambre de commerce de l’Ontario et de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante.

Pour mieux outiller la main-d'œuvre, la province propose de payer la moitié des coûts de formation, jusqu’à 2000 $ par personne.

Plusieurs oublis, déplore l'opposition

La chef du Nouveau Parti démocratique de l’Ontario (NPD) estime que le gouvernement a manqué une occasion de donner espoir aux Ontariens dans ce budget.

Le NPD aurait voulu voir, par exemple, du financement pour un nouvel hôpital à Brampton – pas seulement pour l’agrandissement de l’hôpital Peel Memorial. Le NPD réclame aussi un programme de congés de maladie payés, l’embauche d’enseignants et travailleurs en éducation, et plus de ressources pour s’attaquer aux retards d’interventions chirurgicales.

Dans le secteur des soins de longue durée, Andrea Horwath souligne que le gouvernement s’en tient à son calendrier pour garantir quatre heures de soins par jour d’ici quatre ans; or elle aurait voulu voir des mesures de soutien plus immédiates.

Le chef du Parti libéral de l'Ontario, Steven Del Duca, accueille d’un bon œil l'augmentation des dépenses en santé, mais estime que ces investissements restent nettement insuffisants pour répondre aux besoins des Ontariens.

Il déplore aussi un manque de financement en éducation. Je suis furieux de voir que le présent budget propose une coupe dévastatrice dans l'éducation financée par les fonds publics, laissant nos enfants et nos enseignantes et enseignants perdre de plus en plus de terrain dans des salles de classe délabrées, déclare-t-il par voie de communiqué.

Sur la scène municipale, le budget est bien accueilli par le maire de Toronto John Tory, qui relève notamment les investissements pour les petites entreprises, le tourisme et la vaccination. Il se réjouit aussi que la province maintienne son engagement à soutenir les municipalités.

Les discussions pour un soutien supplémentaire aux municipalités se poursuivent et nous prévoyons qu'elles continueront au cours des prochaines semaines, avant le budget fédéral en avril, ajoute-t-il.

Il note que des discussions pour plus de logements abordables doivent aussi se poursuivre.

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